‹ Quesnay et la PhysiocratieChapitre 73 sur 88 · EST LE FONDEMENT ESSENTIEL DE L'ORDRE ÉCONOMIQUE · texte numérisé non relu

EST LE FONDEMENT ESSENTIEL DE L'ORDRE ÉCONOMIQUE

de la société. Sans la certitude de la propriété, le territoire resterait inculte. Il n'y aurait ni propriétaires ni fermiers pour y faire les dépenses nécessaires pour le mettre en valeur et pour le cultiver, si la conservation du fonds et des produits n'était pas assurée à ceux qui font les avances de ces dépenses. C'est la sûreté de la possession permanente qui provoque le travail et l'emploi des richesses à l'amélioration et à la culture des terres et aux entreprises du commerce et de l'industrie. Il n'y a que la puissance souveraine qui assure la propriété des sujets, qui ait un droit primitif au partage des fruits de la terre, source uDique des richesses.

Que Vimpôt ne soit pas destructif, ou disproportionné à la masse du revenu de la îiation ; que son augmentation suive l'augmentation du revenu ; qu'il soit établi immédiatement sur le produit net des biens-fonds et non sur le salaire des hommes, ni sur les denrées, où il multiplierait les frais de perception, préjudicierait au commerce et

détruirait annuellement une partie des richesses de la nation. Qu'il ne se prenne pas non plus sur les richesses des fermiers des Liens-fonds ; car

LES AVANCES I)F, L'AGRICULTURE d'DH ROYAUME DOIVENT ÊTRE ENVISAGÉES COMME IN IMMEUBLE QU'lL FAUT CON- SERVER PRÉCIEUSEMENT POUR LA PRODUCTION DE u'-lMl'ÔT, DU REVENU ET DE LA SUBSISTANCE DE TOUTES LES

CLASSES de citoyens : autrement l'impôt dégénère en spoliation et cause un dépérissement qui ruine promptement un Etat.

Que les avances des cultivateurs soient suffisantes pour faire renaître annuellement par les dépenses de la culture des terres le plus grand produit possible ; car si les avances ne sont pas suffisantes, les dépenses de la culture sont plus grandes à proportion et donnent moins de produit net.

Que ta totalité des soi/unes du revenu rentre dans la circulation annuelle et la parcoure dans toute son étendue; qu'il ne se forme point de fortunes pécuniaires, ou du moins qu'il y ait compensation entre celles qui se forment et celles qui reviennent dans la circulation; car autrement ces fortunes pécuniaires arrêteraient la distribution d'une partie du revenu annuel de la nation et retiendraient le pécule du royaume au préjudice de la rentrée des avances de la cul-

ture, (le la rétribution du salaire des artisans et de la consommation que doivent faire les différentes classes d'hommes qui exercent des professions lucratives : cette interception du pécule diminuerait la reproduction des revenus et de l'impôt.

Que le gouvernement économique ne s'occupe qu'à favoriser les dépenses productives et le commerce des denrées du cru et qu'il laiste aller ù elles-mêmes les dépenses stériles.

Qu'une nation qui a an grand territoire à cultiver et la facilité d'exercer un grand commerce des denrées du cru, n'étende pas trop l'emploi de l'argent et des hommes aux manufactures et au commerce de luxe, au préjudice des travaux et des dépenses de l'agriculture; car, préférablement à

tOUt, LE ROYAUME DOIT ÊTRE BIEN PEUPLÉ DE RICHES CULTIVATEURS.

Qu'une partie de la somme des revenus ne passe pas chez l'étranger sans retour, en argent ou en marchandises.

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