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Qu'on ne diminue pas l'aisance des dernières classes de citoyens ; car elles ne pourraient pas assez contribuer à la consommation des denrées qui ne peuvent être consommées que dans le pays, ce qui ferait diminuer la reproduction et le revenu de la nation.
Que les propriétaires et ceux qui exercent des professions lucratives ne se livrent pas à desépargnes stériles qui retrancheraient de la circulation et de la distribution une portion de leurs revenus ou de leurs gains.
Qu'on ne provoque point le luxe de décoration au préjudice des dépenses d'exploitation et d'amélioration de l'agriculture et des dépenses en consommation de subsistance, qui entretiennent le bon prix et le débit des denrées du cru et la reproduction des revenus de la nation.
Que la nation ne souffre pas de perte dans son commerce réciproque avec l'étranger, quand même
ce commerce serait profitable aux commerçants qui gagneraient sur leurs concitoyens dans la vente des marchandises qu'il rapporterait. Car alors l'accroissement de fortune de ces commerçants ferait dans la circulation des revenus un retranchement préjudiciable à la distribution et à la ('production.
Qu'on ne soit pas /rompe par un avantage apparent du commet ce réciproque avec l'étranger en jugeant simplement par la balance des sommes eu argent, sans examiner le plus ou le mains de profit qui résulte des marchandises mêmes que l'on a vendues et .le celles que l'on a achetées. Car souvent la perte est pour la nation qui reçoit un surplus en argent ; et celte perte se trouve au préjudice de la distribution et de la reproduction des revenus.
Qu'on maintienne l'entière /ibei'fé ducommerce; car la roi.iCE du commerce intérieur et extérieur
LA PLUS SURE, LA PLUS EXACTE, LA PLUS PROFITABLE A I.A NATION ET A L'ÉTAT, CONSISTE DANS LA PLEINE LIBERTÉ DE LA CONCURRENCE.
Qu'on soit moins attentif à l'augmentation de la population qu'à l'accroissement des revenus; car plus d'aisance que procurent de gr; nds re-
■venus est préférable à plus de besoins pressants de subsistance qu'exige une population qui excède les revenus, et il y a plus de ressources pour les besoins de l'État quand le peuple est dans l'aisance et aussi plus de moyens pour faire prospérer l'agriculture.
Que le gouvernement soit moins occupé du soin d'épargner que des opérations nécessaires pour la prospérité du royaume ; car de très grandes dépenses peuvent cesser d'être excessives par l'augmentation des richesses. Mais il ne faut pas confondre les abus avec les simples dépenses, car les abus pourraient eugloutir toutes les richesses de la nation et du souverain.
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Que l'administration des finances, soit dons la perception des impôts, soit dans les dépenses du gouvernement , n'occasionne pas de fortunes pécuniaires qui dérobent une partie des revenus à ïa circulation, à la distribution et à la reproduction.
Qu'on n'espère de ressources pour les besoins extraordinaires d'un État que de la prospérité de la nation et non du crédit des financiers ; car les
FORTUNES PÉCUNIAIRES SONT DES RICHESSES CLANDES- TINES QUI NE CONNAISSENT NI ROI NI PAT11IE.
MAXIMES GÉNÉRALES. il
Que l'État évite des emprunts qui forment des rentes financières, qui le chargent de dettes dévorantes et qui occasionnent un commerce ou trafic de finances, par l'entremise des papiers conimereables, où l'escompte augmente de plus en plus les fortunes pécuniaires stériles. Ces fortuues séparent la finance de l'agriculture et privent les campagnes des richesses nécessaires pour l'amélioration des biens-fonds et pour l'exploitation de la culture des terres.