‹ Question actuelle [microforme]Chapitre 14 sur 29 · LE BUBGET DE L'ONTARIO · texte numérisé non relu

LE BUBGET DE L'ONTARIO

Un tableau fourni par M. Ross, premier ministre de

ntario, indique que dans cette province l'instruction publique, qui coûtait au &ouvernement 8247,199 en 1861, lui a coûté $792,193 en 1901; que durant Ja même période les frais d’admini ion de la Justice se sont élevés de 8171,926 à

926 à $416,042; Je budget des institutions de charité, de $146,691

691 à $1,025,447, et Je budget de l’agriculture, de 856,211 à 8209,858, Soit, Pour ces quatre objets se “"ntation de $622,020 à 82,433,537, 0 Pourtant, j ité Je Bouvernement de l'Ontario:

» On ne croyait pas que l’Ontari soin de toute Sa part de la subvent

1901-1902, Je revenu total de cette 84,466,043 ot là-dessus

0 aurait beion fédérale. En Province a £é de le &ouvernement fédéra] n'x Payé que $1,339,287. La province n’avant pas de dette, ‘administration et le développement de l'Ontario coftent done annuellement 83,126,756 de Plus que la subvention fédérale,

Quant à nous, il nous incombe de revenc juer en particulier les droits de la province de Québec : voyons si notre budget est resté dans les limites Prévires em.

ck fut de

16, onfédéra- 4 NOTRE BUDGET. — 1868-1901.

350,000 4 En 1868, le budget de Québec était de 81,183,238. En 1870 il avait atteint $1,559,192.98; en 1873, #1, 760,659.97; en 1876, 83,901,576.77, c’est-à-dire plus de trois fois les prévisions de MM. Cartier, Galt, Lan- Ë gevin, et de leur principal organe. On s'accorde cepenistre de © dant à reconnaître que nos sept ou huit premières antruction à nées d'administration locale furent marquées par une 192 en 3 grande économie. C’est le témoignage que nous rendait rant la à en 1883 M. le sénateur Bellerose, quoique ce monsieur stice se { combattit les demandes du cabinet Moussean. Un les ins- 3 tableau qui accompagnait la convocation de la dernière » et le Æ conférence interprovinciale met en regard nos budgets Soit, É de 1867-1868 et de 1900-1901. Il suffit d’y jeter un ion de @Æ coup d'œil pour voir tout le chemin parcouru depuis artant,. E trente-cinq ans.

ntario:

> Qué- 3 1867-68 1900-01 admi- Gouvernement ….….. .. .. .. .. $104,096.45 278,307.42 Administration de la justice.. .. 300,442.63 618,296.88 it be- 4 Ecoles de réforme.. :. .. .. .. 26,964.40 60,000.00 É Législation. .. .. .. .. ., ., .. 109.14406 235,596.09 En ÆÛ Instruction publique, &c... .. .. .. 275,605.27 485,589.68 6 de E Asiles d’aliénés, hôpitaux et autres , l n’x E institutions de charité. .. .. 125,256.53 397,895.75 % % Administration des terres de la dette, 4 Couronne, trav. pub. agriculcoû- ture et colonisation... .. .. 226,678.82 678,806.83 sub Licences ae 7 ee 15,050.28 72,769.65 on Dette publique. .. . . .. : .... 1,617,344.06 : Inspection des établissements ins'en 4 EE PR CR I A 12,000.00 |. Gazette officielle. .. .. de ot Mere 13,000.00 vons à Service de l'hygiène. 17,625.08 s er J Pensions, &c.. .. .. 45,231.47

Fonds municipal. .

SR RE TN Ce 180.00 Frais de vente de certaines pro-

priétés, Ps te la ten 286.40 Chemins de fers nn HE 123,310.10 Dior ee ee 71,592.83

ion de Ja Population. En

1861, nous n'étions que 1,111,566 âmes: en 1901 nous étions 1,648,898, i

537,332 Âmes, ou de près

pense était d’à peu près une

épenserions aujourd’hui $1,-

ore, en chiffres ronds, 350 mille pias-

M. Cartier.

budget d’une piastre

bref examen des difus venons de lire va

Mais comment soutenir qu’un par tête nous suffirait encore? Un férents articles dn tableau que no nous éclairer sur ce point.

Gouvernement et législation.

que la subvention: en 1900-1901, la $513,903.51. | Je sais à quelles penses à donné lien, à notre égard, si lon

critiques ce chapitre de nos dé- On serait peut-être F!

‘18 indulgent voulait bien obser.nr que dans

Mesure, ion. En n 1901, tion de 7, la dé-

d’habihui $1,le pias-

piastre des diflire va

étude, et au- 1r lesspéciuveau avons utant ne de

s délgent dans

l'Ontario, qu’on nor+ propose corstammént pour ‘modèle, le gouvernemen: à coûté l’a mée dernière $281,- 135.68, c’est-à-dire autant qu'ici. La population dé‘cette province est d’un quart plus considérable que la nôtre, il est vrai, mais même dans ces conditions, y a:t-il lieu

vraiment de tant crier à l’extravagance ?

Pour la législation, la différence est plus considérable: Ontario, $134,138.84; Québec, $255,000 en chiffres ronds.

Mais soustrayons de ces 8235,000 le budget du Consil législatif et les frais découlant pour notre province de l’emploi obligatoire des deux langues, et nous tombons derrière la province voisine.

Supposons maintenant cette branche de l’administration susceptible d'économie, Allons pius loin encore, et retournons à la proportion de 1867; ne restons-nous pas toujours à cent lieues des prévisions des Pères de la constitution, puisque le budget du gouvernement et de la législation, computé de cette manière, dépasserait encore $300,000 ?

Et cette égalité proportionnelle entre 1867 et le temps présent, quel homme sérieux la prétendra possible?

Depuis 1867, la valeur de l'argent a baissé; elle baisse encore tous les jours, et nous en trouvons la preuve dans la chute du taux de l'intérêt de 6 et 5% à 3 et à 22% sur les grands marchés financiers. De là, nécessité d’une angmentation des traitements du haut en bas de l’administration.

Loin de moi de prétendre que notre mode de gouvernement et de législation soit parfait. Mais s’il y a une réforme à opérer, c’est peut-être moins la suppression d'un grand nombre de traitements que le proportionnement des traitements à l’importancé des offices, afin

que tous nos fonctionnaires, du plus élevé au plus mo-

deste, puissent su orter sans trop de peine le coût touvesle, pui Pport P de pe Jours croissant de l’existence.

La justice.

! Ce service a coûté à la province $300,442 en 1867- Il 1868 et 3618,296 en 1900-1901, soit une augmentation l de plus du double.

| Nous avons vu que dans l'Ontario l’ de la justi

sage des déux langues ne nous metfl tion particulière ?

FA En 1866, l’année d’avant Ja fédération, l’adminisan tration de la justice coûta $413,903 dans le Bas-Cani nada et 8336,257 seulement dans le Haut-Canada, et LIEN cette différence n’avait d’autre cause que notre système bilingue. D’ailleurs, si nous retranchons, des $618,000 que nous a coûté la justice en 1900-1901, les $475,- 000 dépensées pour la justice criminelle, qui devrait être à la charge du Bouvernement fédéral, il ne reste que $143,000 pour la justice civile, soit un peu plus de 8e. par tête. Est-ce exorbitant ?

Un mémoire de l’honorable

ete tm ne 8223,732.05

1878, .., Ms NP Re RU 350,382.96 Augmentation, PATES Des AU Re Ne $126,650.01 1878, ,

en 1867nentation

istration 416,042.

alisation core, l’une posi-

idminis- Bas-Ca- 1ada, et système 518,000 $475,devrait ste que de 8.

s coilètivant,

AURPIDENTSUIOR EN M ou 83,456.07

M TS ramasse de se cn ct ces SOU CAO RAR NE Te nan NT TP

AURAS... LL ee 18,111,11

Augmentation totale.. .. .. .. .. 228,217.19

Quand on nous a, en 1867, chargés d'appliquer les lois du gouvernement central en matière criminelle, prévoyait-on que le poids du fardeau doublerait en trente anst Ce fardeau, nous ne sommes pas les premiers à nous en plaindre. M. C'hapleau, en 1881, en a démontré l’injustice, et presque tous les ministères qui sont venus depuis ont fait écho à la plainte de M. Chapleau. En 1883,-M. Robertsun, tout en s’opposant aux réclamations du cabinet Mousseau quant au subside per capita, proclamait que la justice criminelle devrait être administrée par le pouvoir central. En 1884, M. Flynn estimait à 83,000,000 la somme déjà payée de ce chef par le, gouvernement de Québec.

Pouvons-nous continuer à supporter ces frais sans demander à Ottawa une augmentation de subsides? Parce que nos tribunaux criminels coûtent cher, devons-nous les abolir? Parce que l'entretien des prisons grève lourdement notre caisse, allons-nous les fermer? The mills of the gods grind slowly but surely, dit l’adage anglais. Cet adage est vieux; aujourd’hui, la mouture doit être non seulement sûre, mais prompte. La criminalité augmente, dans notre pays, à mesure que les villes se développent et que le courant d’immigration s’accentne. Dernièrement, la presse annonçait qu’un criminel de Londres avait été acquitté sur la pro- ‘messe de s’en venir habiter iei. Tous les immigrants ne sont pas de ce calibre, mais n’est-il pas naturel que, se recrutant pour un bon nombre dans les bas-

fonds des villes, ils fournissent aux moulins des dieux plus que leur quote-part de mouture ? L’immigration n’est que partiellement du ressort du go:

breux, dont la vie moderne, surtout dans 1 i i

jeunesse, Cette augmentation, les auteurs de la constitution l’ont-ils prévue? Vraim

Instruction publique.

Ont-ils aussi prévu qu’en 1901 Je budget de l’instruction publique, dans notre Province, s’élèverait à $465,689.68 ? En 1867

> NOUS n'avons dépensé pour cette fin que 8275,605.27, soit à peu près 25 cents par tête d’habitant; en 1901, la dé é

Par tête, et s’il n’en avait

les dieux nigration ment féla réglene prenorte ?

t. Elles 000 en 25 pour l'un res délinranche 1érique s coûte nger à itation e plus la vie our' la 2onstit pas.

l’insit à pour par ’ents

elle

aurait été deux fois plus grande. Dans l’Ontario, le budget scolaire a été l’an dernier de $782,193, soit 35 cents environ par tête, ou un cinquième de plus que chez nous. On pourrait en conclure à première vue que nous sommes en arrière de la province anglaise: un publiciste de talent, M. C.-J. Magnan, soutient, chiffres en main, qu’en tenant compte de l’enseignement congréganiste chaque habitant de Québec paie 83.42 pour linstruction publique, et chaque habitant de l'Ontario, $2.21. A la décentralisation judiciaire en vigueur dans la province anglaise, nous pouvons donc opposei uprès du gouvernement fédéral, notre décentralisatic. acolaire, si en harmonie avec l’esprit canadien-français. La part du gouvernement dans le soutien de l’école est réduite à son minimum. Et malgré cela, par le seul fait de l’accroissement de la population et d’une légère augmentation des octrois aux municipalités, notre budget scolaire a augmenté de près de $#190,000 en trentetrois ans. Au moins, notre enseignement approche-t-il aujourd’hui de la perfection ? Lisons les conclusions du dernier rapport du surintendant de l’Instruction publique : Ù

‘Je termine en disant que les progrès qu'il importe de réaliser le plus promptement seraient:

1° La fondation de nouvelles écoles normales de filles pour les catholiques;

2° La fondation d’écoles techniques pour la formation de ceux qui se destinent à l'industrie;

3° L'augmentation de la subvention aux écoles publiques ;

4° La création d’une inspection plus complète des écoles en améliorant la condition des inspecteurs d'écoles;

5° La distribution gratuite aux écoles primaires d'une carte de la Puissance du Canada; k

6 La distribution gratuite aux mêmes écoles d'un tableau synoptique de l’histoire du Canada. ”

Dernièrement aussi, un anuées fait partie du cabin fondér au plus tôt une &

Tous les ministères qui se sont succédé à la tête de la province depuis 1867 ont eu à cœur l’avancement de l'instruction. Graduellement, de 1871 à 1891, au prix des plus grands sacrifices, nous avons réduit de 35.93 p.c. à 29.64 P-c. la proportion des illettrés par

rapport à la population totale, soit, en 20 ans, une diminution de 6.29 P

core accentué. Nous s0m- 8, et Dieu nous garde de retirer

Souvernemental à cause de la modicité de nos ressources. Mais. n'est-il jamais ve-

nu à l'esprit des hommes publics d'Ottawa, quand ils remuaient les millions entassés dans leur caisse par notre système d'impôts indirects, que de toutes les fonctions distribuées par la constitution de 1867 il

observer que l'absence de certai est plutôt un indice défav

ndraient les fonds nécessai- La paix, rre, a ses triomphes, Comme Je disait guste vieillesse, “ aux batailles vont succéder les découvertes; les peuples ne conquerront plus, il grandiront et s’éclaireront ; on ne sera plns es guerriers, on sera des travailleurs; on trouvera, on

plusieurs ljurait de des écoles € est de qui s’oprinces, | la tête l’avanceà 1891, réduit de ttrés par , une di- D01 fera intellec- JUS s0me retirer ause de nais veiand ils sse par tes les [867 il struire faisait budget en vue

paix, disait tailles

nquera plus ra, an

St —

instruira, on inventera; exterminer ne sera plus une gloire. Ce sera le remplacement des tueurs par les créateurs.” Ce qui restait en nous de l’homme sauvage aura bientôt disparu, et de tous les peuples, ceux-là seront vraiment les premiers qui auront pris les devants dans les voies du commerce, des lettres, des sciences ci des arts. Les gouvernements provinciaux, au Canada, tiennent done en leurs mains les destinées du pays. Le pouvoir fédéral le comprendra-t-il? Verra-t-il qu’il aura beau creuser le Saint Laurent de son embouchure jusqu'aux Grands Laes, couvrir de soldats la frontière, peupler les solitudes de l'Ouest, relier par de nouvelles voies ferrées les deux océans, il n’aura rien fait de dutrable, rien de décisif, pour la grandeur du pays, s’il réduit à la mendicité les gouvernements qui façonneront les cerveaux et les cœurs des générations nouvelles? En 1867, on ne pensait peut-être pas ainsi. Telle n’est peut-être pas non plus, encore aujourd’hui, V’opinion de tous. Mais nous avons confiance que les ministres fédéraux actuels, qui n’ont pas craint d’opposer aux propositions militaristes du gouvernement impérial un énergique non possumus, ne nous refuseront pas les moyens de travailler pacifiquement à la grandeur du pays en dotant notre province d’écoles techniques, d’écoles normales de filles, et autres institutions sans lesquelles le peuple canadien ne pourra, quelques efforts qu’il fasse, remplir sa mission.

ir la face crimire, nous les hôpi- 1 monté à 1900tion de >araison nie réatration nous la moyen.

)nSacré )ntario 7,' soit épense cents Qué- ,895.- 376,ivile, aires, )licanaupulation

Juéataqui

En 1883, M. Wurtele . ablissait entre la progression des frais de justice et d’entretien des asiles, et la progression hypothétique du subside per capita, un rapport mathématique fort intéressant, et que nous ne pouvons nous empêcher de remettre aujourd’hui sous les yeux du gouvernemer\ fédéral.

“La justice et les asiles d'aliénés, disait M. Wurtele, ont <oûté dans la province de Québec, pour les exercices de 1868, 1871 et 1881, les sommes suivantes:

Justice Asiles Totaux 2008. 0 Lo CRE $ 97,946.53 $420,182.77 AT 2 tree ii UE 132,223.09 481,247.98 1881.. .. .. .… .. .. 437,400.56 213,828.20 651,318.76

“ Ceci nous donne une augmentation de $61,065.21 de 1868 à 1871, et de 8231,135.99 de 1871 à 1891.

“Si la subvention était basée sur le chiffre de chaque recensement, les rapports de la subvention et de la population de la province de Québec pour les trois décades de 1861, 1871 et 1881 seraient comme il suit:

Popul. Subvent.

A80B,, 4. 4. se ee 50 4e ee. 1656. $ 889.250.90 MES nue. las rod laut tr ISLE 953,212.80 d881.. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 1,969,087 1,087,221.00

“Ce qui donnerait une augmentation «e 862,960 pour la décade finissant à 1871 et de $197,968.80 pour la décade finissant à 1881.”

Amenons ce caleul jusqu’au dernier recensement, et nous obtenons les chiffres suivants: (1)

Justice Asiles Totaux

(1) Par l’année 1901, nous entendons ici l'exercice financier de 1901-1902. Dans les calculs précédents, au contraire, il s’agit tou: jours de l'exercice 1900-1901. :

Soit une augmentation de 8167,588.1 1881, et une augmentation de 857,740.9 1891,

La progression de la su

8 en 1891 sur 6 en 1901 sur

bvention durant Jes mêmes décades aurait été Comme i] suit:

Popul. Subvent, TP LOS 1,488,535 $1,190,828.00 RE 1,648,898 1,319,118.40

Soit une augmentation de 8103,606.40 Pour la idécade de 1881-1891 et un

€ augmentation de $128,290.- 40 pour celle de 1891-1901.

De 1881 à 1901, les frais de ;

des tl'£n6s ont augmenté de 8225,329.94, Progressive, la subvcation aurait augmenté de $231,896.80 durant la même période, Cette corrélation est d’autant plus remarquable

qu’en 1867 Sir Alexander Galt, parlant à Sherbrooke, éclar-it Ja subvention per capi é entre autres frais, ceux de l’admini n de la jnstice et de l'entretien des aliénés.

Ne semble-

t-elle pas nous de 80' cents at

ention progres- #mentation de ]a subvention

dons à tons les hommes im-

| 1891 sur | 1901 sur

€8 mêmes

ubvent.,

r la dé 28,290.

ntretien ressive, durant

rquable brooke, payer, la jns-

chiffre r donfiraitogresntion s im-

probles.

croîmps ive-

ui —

ront du Vieux-Monde, l’aliénation mentale va deveair, chez nous comme partout ailleurs, une maladie de plus en plus redoutable. La vie intense ne se pratique pas sans danger. Plus la lutte devient rude— et son âpreté grandit en raison de l'égalité de droits reconnue à tous les citoyens, comme de l'égalité de forces que leur donne l'instruction — plus nombreuses sont les victimes, et chaque jour s’enfle la plainte de ceux qu’elle rejette, usés, meurtris. Les provinces, cependant, comprennent qu’elles doivent partager avec le pouvoir central l’obligation de faire face, avec leurs propres ressources, à des dépenses nécessitées moins par le cours ordinaire des choses que par le développement extraordinaire du pays. C’est pourquoi, sans les rassurer tout à fait pour l’avenir, la détermination de la subvention fédérale d’après leurs besoins actuels les plus urgents leur semblera, de la part d'Ottawa, une preuve de bon vouloir.

Terres de la Couronne.

Au tableau général déjà cité, l'administration des terres de la Couronne, l’agriculture, la colonisation, les travaux publics et autres services de moindre importance figurent en bloc pour 8226,678.82 en 1867- 1868 et pour $8678,806.83 en 1900-1901, soit exactement une augmentation de 200 pour cent. En 1867- 1868, l’administration des terres, forêts et pêcheries a coûté #55,393.87; en 1900-1901, 8208,815.16. Ce service, tout limité qu’il soit dans ses dépenses, exige done aujourd’hui quatre fois autant qu’en 1867.

Agriculture.

Pour l’agriculture, l'augmentation a été de 300 P. c. En 1867-1868, ce budget ne comprenait que $46,279.- 30 pour les sociétés agricoles, 82,400 pour l’enseignement agricole et $2,000 Pour les écoles d'arts et métiers, soit, en tout, 850,679.33. n n'avait prévu ni l’aug-

laitière. Résultat: un budget qui devait rester dans le

voisinage de 850,900 a atteint en 1900-1901 Ja somme de 8200,217.

publication d'archives et autres fins semblables, au- elà de 8350,000, ce qui laissait une somme à Peu près. égale pour l’agriculture Proprement dite. Cette Æ, les prévisions budgétaires ne comportent Pour l’agrieulture guère plus de 8375,000. Soit T cents par tête, ou $115,360 Pour Québec.

connaît les besoins locaux et qu'Ottawa, au lieu d’em- Piéter sur notre champ d'action, s’est borné à seconder

l’enseigneet métiers, ni l'auglation de a], ni la industrie r dans le a somme

re fédément, la au-delà eu près | Æ, agricul-

ête, où

-, beurre. Valeur.. ..

UT

* En 1896, il y a ‘six ans, nous avons exporté 157,000 boîtes de ea De 82,000,000

En 1901, 410,000 boîtes de beurre. ; VON.

En 1902, 540000 boîtes de beurre.

NI rt se te Dre de Augmentation sur 1896, 383,000 boîtes, Valeur, augmentation sur 1896 .. .. .. .. .. ‘| 6,200,000 Pour le fromage:

En 1896, nous avons exporté 1,726,000 boîtes. LRO

En 1901, nous avons exporté 1,800.000 boîtes. a ana Lot ee Ka Mec En 1902, nous avuns exporté 2,109,000 boîtes.

ivoiee sa + se … 6,200,000

‘* Depuis 1896, notre exportation de fromage a augmenté de 33 p. Er celle du beurre de 400 p. 0. : x

‘ Les cultivateurs du Canada ont reçu, en 1902, pour les produits de l'industrie laitière sept millions de plus qu'en 1901. Les deux millions de piastres d'augmentation sur le beurre ont été, pour la plus grosse part, répartis entre les cultivateurs de La province de Québec.

‘ Nous n'avons donc .nullement à regretter les sacrifices que nous faisons pour encourager la Principale industrie de nos campagnes, et nous ne saurions mieux faire que de continuer dans cette voie. Le gouvernement ne s'est pas montré parcimonieux; il a tenu à donner à .bon escient, mais il n’a pas fait la sourde oreille, lorsque les demandes étaient justes.

‘* Depuis la confédération jusqu’au 30 juin 1897, le gouvernement a dépensé pour l’industrie laitière $183,181, et depuis cette date au ler janvier 1903, une somme de $166,441, c’est-à-dire que, dans les cinq dernières années, nous avons presque autant donné que dans les 30 années précédentes.

Travaux publics.

En 1867-68, nous avons dépensé en construction, réparation et entretien d’édifices prblies $#80,814.37. De 1892 à 1901 inclusivement, la moyenne de ce budget—

et il n’est question ici que des dépenses communément appelées ordinaires — à été de 8118,137.63. auteurs du Partage de 1867 nous accordaient, pour ces fins, de trente à quarante mille piastres Par année,

Colonisation.

Enfin, la Colonisation, qui nous prit 89,671.27 en 1867-68, nous a pris, en 1900-1901, la somme de $123,- 249, y Compris $4,249 pour l'immigration et 84,000 > et abstraction faite de

te époque du ministère ion et des Mines, mais rattaché

crédit de 1867-1868 5e

xplique par qui, dans cette branche q

: ge levait à plus de $60,000. U

ment aux budgets le l’agriculture, de la justice, des asiles et des hôpi-

baisse, en arrive À ent et cent vingt mille biastres.

amunément .. Les au- » Pour ces année.

71.27 en de 8123, 't 84,000 faite de ninistère US avons ninistraarpenta-

que par uvernerécime.

on s’éun de D juin ent de > d’enudgets hôpité de- { ans che à 822,lève, ve à

Ces chiffres, s’ils représentaient tous les sacrifices faits par le gouvernement pour le développement de la province, dénoteraient chez nous un esprit conservateur, se rendant volontiers, dans la mesure du possible, aux besoins immédiats du peuple, mais incapable d’envisager et d'assurer l'avenir. Mais pendant longtemps, par nos subventions aux voies ferrées, nous avons ‘dépensé pour la colonisation beaucoup plus que les sommes relevées par M. Savary; nous le verror: bientôt, en examinant la provenance de notre dette. Si depuis cinq ou six ans nous nous sommes presque bornés, comme avant 1875, à des travaux de ponts et chaussées, il n’en faut chercher la cause que dans la disproportion de nos ressources et de nos besoins.

De 1891 à 1901, nous avons dépensé en travaux de ce genre $1,065,448, soit une moyenne de $106,090 par année, Ottawa, durant la même période, a affecté à immigration une somme de $2,400,170, soit une moyenne de $240,000 par année. Proportionnellement, nous avons done dépensé beaucoup plus que le gouvernement fédéral, et la raison en est fort simple: c’est qu'Ottawa, appliquant tous ses efforts au peuplement de l'Ouest, nous a laissés entièrement à nos propres forces. Le budget fédéral, depuis dix ans, a plus que doublé. De $177,605 qu’il était en 1891-99, il a atteint l’année dernière le chiffre de $445,000, et les prévisions de cette année le portent à $595,000. Quelle a été jusqu'ici, là-dedans, la part de la province de Québec? A peine quelques milliers de piastres. Nous aurions pu, avec un peu d’aide, déterminer un fort courant d’émigration européenne vers notre province ; faute de moyens, nou: avons dû nous borner à la tâche de retenir au sol les enfants du sol. Le dernier recensement a prouvé que notre travail n’avait pas été vain.

Sur un gain total de 538,076 âmes, Québec à four: 160,333 âmes, et la moitié de ce contingent est venu de ses comtés dits de colonisation, comme en témoign Fay ji le tableau suivant que ous empruntons à M. Eugèn Îl FA Rouillard: |

Argenteuil]. . Re ee es Beauce. , EEE DURE Bonaventure LE TA Champlain. DOME EE, icoutimi. dore Compton, ,: HORS A LENS Dorchester. POSE PORTE Drummond ‘& Arthabaska êr Labelle ‘7 tee Lac Saint-Jean Ë£ Montcalm, . LES Pontiac, ,"" ‘" QUEUES AC Portneuf. PROC ER RES Richmond & Wolfe, .. TR Rimouski. CAM émiscouata . | Terrebonne. :

Trois-Rivières et Saint-Maurice”. ;

Wrigl

Que n’aurions-nous Pas fait avec un budget annuel 9 deux ou trois cent mille piast

res ?

En 1867, nous avions moins

terre en culture, sur un territoi

fixée èn 1894 à 345 000 mill

nous reste à développer plus de 300,000 milles e Nous n’avo

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teur du 16 juin 1887, M. Elie Saint-Hilaire, député du Lac Saint-Jean, établissait que depuis 1867 le gouvernement avait livré 20,500 lots à l’agriculture et dépensé pour leur développement $1,300,000, soit en moyenne $63 par lot. Depuis 1887, la moyenne n’a pas diminué, loin de là, nos méthodes de colonisation étant restées les mêmes et le coût des travaux ayant sensiblement monté. Chaque famille nouvelle, en comptant une famille-par lot, coûterait donc à la province plus de soixante piastres par tête. Nous sommes plus près de la vérité, aujourd’hui, en portant le coût . cent piastres. Déduisons de ce montant le prix du lot, soit 830, et il reste encore 870 à notre charge. Le dernier recensement donnant à Québec une moyenne de 5.37 personnes par famille, chaque tête que nous ajoutons à la population de la province nous coûte donc 812.30. Par contre, que coûte-t-lle au gouverne-

ment fédéral? Rien, ou presque rien. (1)

Or, sait-on quel a été le revenu fédéral en 1900- 1901? $9.75 par tête. La dépense, y compris l’intérêt de la dette et les sommes payées sous diverses formes aux provinces? $8.70, soit un dixième de moins que la dépense. Pour le gouvernement local, l'Annuaire statistique porte le revenu à #2.76 et la dépense à $2.73. Soustrayons de ces chiffres les 73 cents par tête payés par le gouvernement fédéral à la province, en 1900- 1901. tant en subventions qu’en remboursements, et qui figurent déjà an chapitre de la dépense fédérale: le revenn provincial tombe à 82.03 par tête, la dépense à

(1) Nous ne tenons compte, dans ce calcul, que des dépenses faites spécialement pour la colonisation. Nous en écartons les sommes dépensées, par l’un et l’autre gouvernements, sous d'autres chefs, et qui ont sans doute contribué aussi au peuplement de nos terres incultes.

grave davantage domaine inculte bourser, sans

ntérêt à 5% payée pour l'acquisition du Si le gouvernement veloppement d’un patr çaise et à la couro prix des plus grands sacrifices, vraiment, de se croiser les bras et uel intérêt trou-

tournerait l’esprit du mais ingrat, qui lui incombe? Le boi te rapidement en valeur. Il se vend d carré; bientôt il aura dépassé

$83 par mille par le concessionnaire de droits de coupe, et qui, à 4% un Capital de $80,.et nous auron a colonisation coûte an gouvern:

— de ce qu’elle doit

autres parties du pa

. Phique ressemble à ]

Loin de nous, cependant, l’idée de renoncer à cette noble tâche. Le fondateur de Montréal disait “qu’il était de son devoir d'accomplir sa mission, dussent tous les arbres de l’île de Montréal se changer en Iroquois.” Nous dirons après lui, avee une variante: I] est de

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notre devoir de peupler de bons citoyens notre domaine inculte, dussent tous les arbres de la forêt se changer pour nous er fardeaux!” Tout ce que nous demandons au gouvernement fédéral, c’est de se rappeler un peu ce que Québec a fait pour la prospérité du pays, de se rappeler que si le Canada ne commence pas à l’Atlantique pour se terminer au lac Winnipeg, il ne commence pas plus au lac Winnipeg pour se terminer au Pacifique.

Licences.

L'application de la loi des licences coûta $15,050.28 en 1867-1868. En 1900-1901, elle a coûté $72,769.65. La cause de cette augmentation est évidente: elle se trouve dans V’ccroissement constant de ce. taxès directes dont la seule mention, en 1865, mettait MM. Cartier angevin en colère. La même remarque s’applique «rtains frais de perception compris dans ‘ ‘mme ue $71,592.83 figurant avec quelques autres m.ius items, sous la rubrique de divers, au tableau du premier ministre.

Législation ouvrière.

En 1867, nous n’avions pas de législation ouvrière. En 1902, nous avions fait dans cette voie des progrès que M. Guyon, inspecteur en chef des établissements industriels de la province, résume ainsi dans son der-

nier rapport:

NN

re de l'augmentation dans la somme des Opérations du bureau d'inspection, il n'y a qu'à jeter un cou l'œil sur la loi de 1885

ifices publics en 1895; réglem, nant les hôtels, cou i :

à l’obligation d’inspecter tous les vince p Québec détaii,”

M. Guyon ajoute:

“Si l’on ajoute à cet élargissement des Prescriptions légales ’augmentation si considérable du nombre des fabriques et des ces publics dans notre province depuis 1898, il reste que le personnel est tout-à-fait insuffisant malgré son zèle et sa volonté. ”

En 1902, nous avons cation de nos loi

Chemins de fer.

NOUS avons payé en 1900à des voies ferrées et 830,000 au pont de Québee, entreprise intimement liée au développement de notre réseau. Ce total » qui n’était Pas compris dans les 5, n’est qu’une infime fraction des à €n 1900-1901 par ‘des

ommes demandées

nt l'on vit ières, applintroduction promulgaion concerr, en 190, ns la progasins de

promoteurs de chemins de fer. L’an dernier, pour les millions qu’on sollicitait sous diverses formes, nous n’avons payé que $68,969.27, dont 830,000 pour le pont de Québec et $1,299 en règlement de vieilles réclamations zelatives au chemin du Nord: pour rester fidèles à notre programme et au mandat populaire, nous avons dû virtuellement cesser de subventionner. Cependant, nous sommes littéralement investis par une douzaine de compagnies qui toutes promettent de-contribuer au progrès de la province; la presse nous adjure d’ouvrir la caisse publique; l'opposition nous taxe d’impéritie; bientôt peut-être la clameur générale nous aura forcés à reprendre en partie la politique des subventions. Qw adviendra-t-il alors du surplus que nous avons créé à force d'économie, et qui est comme un témoignage des privations que la province s'impose depuis six ans ? Le gouve-nement fédéral se chargera-t-il lui-même de la construction de nos chemins de fer? Ou verra:t-il

tout au moins à ce que le réseau de Québec aît sa part du développement général qui s'annonce dans l’indus-trie des transports ?

Au 30 juin 1902, les chemins de fer de cette province mesuraient une longueur totale de 3,486.14 milles, .. 575.25. milles seulement construits avant

‘1867, et 2,910.89 milles construits depuis 1867.

Au 31 décembre 1901, l'Ontario possédait 5,571. 33 milles de chemins de fer, dont 1,447.50 construits avant la fédération. (1)

Québec a 2.114 milles de voie ferrée par mille habitants; l'Ontario, 2.548. Nous sommes done encore, toute proportion gardée, en arrière de nos voisins; mais la distance a considérablement diminué depuis

‘(1) Voir & ce sujet l’appendice No 1.

ue la proportion était, d’ Censement de 1861, d i

due de notre réseau, sans 000 en terre et <n argent que nous avons dépensées en

Celui-ci, ment de l'O

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Service de la dette.

J'ai gardé pour la fin le plus gros article du budget provincial, le service de la dette.

En 1867, nous n’avions pas de dette. Au 30 juin 1901, nous avions une dette consolidée de près de 835,- 000,000.

En 1867-68, nous n’avons pas payé d'intérêts. En 1900-1901, nous avons payé de ce chef un million et demi. ;

À la vue de ces chiffres, on accusera peut-être la province de Québec d’incurie et d’extravagance. C’est ce qu’ont déjà fait quelques journaux. C’est ce que feront aussi quelques députés fédéraux, et un tel argument dans la bouche de législateurs qui ont eux-mêmes été si souvent accusés de gaspillage ne manquera certes pas d'originalité.

Nous n’entreprendrons pas dé nier qu’il se soit commis des excès dans l’administration de la province. Le peuple les a jugés, il: les a condamnés. Aujourd’hui que nous avons rétabli l’équilibre dans nos finances, que nous avons réglé nos comptes et mis ordre à nos affaires, ne pouvons-nous pas, comme M. Chapleau en 1884, rappeler à nos détracteurs que le Bas-Canada n’a jamais fait passer son intérêt particulier avant l’intérêt général, qu’il a souvent sacrifié à l’intérêt général son intérêt particulier ? 4

Passons l’éponge sur le passé, si on le veut. Sou-

mettons-nous sans nous plaindre à un état de choses accepté par nos représentants au Parlement, sinon créé par eux. N’en reste-t-il pas moins vrai que si le gouvernement fédéral se fût appliqué davantage au développement des vieilles provinces, la nôtre n’aurait pas

Pour ses voies ferrées Plus de $25,000,000 — dépense Qui, par suite de l’étr ré- Partition financière de 1867, l’a 2PPäuvrie tout en aug- Population, et Partant, en enrichissant Je Pouvoir central] ?

Sur les 25 9 loppement de n

» Monte d’année en ann

Portance (dont celle de la

montagne d’Orford) sé sous sa direction. Les i Comme nous d

leurs voies

nement fédéral veut être logique, s’il veut être juste envers les provinces, il les remboursera non pas en partie, mais en entier, de leurs subventions, ou tout au moins leur donnera-t-il les moyens de supporter le coût d’un développement économique qui ne profite qu’à lui. Telle est l'opinion émise par MM. Blake et Laurier en 1884 au Parlement, à propos du chemin de fer du Nord. Telle est aussi l’opinion exprimée vers le: même temps par le gouvernement de l'Ontario.

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