‹ Question d'Orient depuis ses origines jusqu'aÌ€ nos joursChapitre 18 sur 131 · II. — PROGRÈS DES RUSSES · texte numérisé non relu

II. — PROGRÈS DES RUSSES

Le grand dessein de Catherine II. — La guerre turco-russe (1768- 1774). — Les Russes en Grèce. — Destruction de la flotte turque à Tchesmé (3 juillet 1770). — L’entente austro-prussienne. — Le premier partage delà Pologne (1772). — Le traité de Koutchouk- Kaïnardji (1774).

Le projet grec (1772-1781). — M. de Ségur à Pétersbourg. — Potemkin : colonisation de la Russie méridionale. — Occupation de la Crimée; le voyage de Kherson. — Nouvelle guerre turco-russe (1787-1792). — Le plan prussien du baron de Herzberg. — Les traités de Sistova et de Yassy (1791-1792.)

Progrès des Anglais. — Les Russes en Sibérie.

La Perse. — Fin de la dynastie des Sophis (1722). — Le règne de Nadir-shah (1736-1747). — Avènement de la dynastie turcomane des Kadjars (1761)

Les Grands Mongols de Delhi. — Aureng-Zeb. — Démembrement de l’empire mongol de l’Inde. — Les Français dans l’Inde : Martin, Dumas, Dupleix. — Les Anglais dans l’Inde. — Le traité Godeheu (1764). — Robert Clive. — La bataille de Plassey (1757) et la conquête du Bengale. — Warren Hastings.

La décadence des puissances musulmanes et les ambitions européennes à la fin du xvme siècle.

LA QUESTION D’ORIENT AU XVIIIe SIECLE

Trois grands faits politiques ont marqué l’histoire générale du xviie et du xvme siècle. Tous les trois ont intéressé la question d’Orient, et, du Danube au Gange, modifié la condition de l’Islam, menacé son avenir.

La Russie du xixe siècle semble hésiter entre sa « vocation occidentale et sa vocation orientale », entre l’Europe et l’Asie. Il en fut presque ainsi de Y Autriche auparavant ; elle hésita entre l’Allemagne et les Balkans, entre le Rhin et le Danube. D’origine allemande, titulaires depuis le xve siècle de la couronne du Saint- Empire Romain Germanique, héritiers par là du dogme ancien de la souveraineté universelle, du dominium îraindi, les Habsbourg portèrent plus d’attention aux affaires allemandes qu’à leurs intérêts mêmes sur le Danube moyen. La politique de Charles-Quint les éblouit longtemps; et ils furent longtemps, à cause de eela, inconscients de la nouvelle destinée de leur État. Les traités de Westphalie commencèrent à les éloigner du Rhin ; la souveraineté reconnue à chacun des nombreux petits princes de l’Allemagne, l’impuissance de l’Empereur dans l’Empire, l'influence française solidement établie sur les pays rhénans, portèrent l’action de l’Autriche dans une autre direction. Ce fut d’abord malgré elle ; et Léopold Ier resta, pendant tout son règne, attàché à la politique impériale de ses ancêtres, ne manqua pas d’entrer dans toutes les coalitions formées contre Louis XIV, pensa établir son second fils, l’archiduc Charles, sur le trône d’Espagne et restaurer ainsi l’empire de Charles-Quint. Les traités d’Utrecht, de Rastadt et de Bade arrachèrent enfin cette espérance aux Habsbourg. L’Espagne fut aux Bourbon. La politique prussienne inaugurée par Frédéric II, la prétention désormais affirmée par les Hohenzollern de disputer aux Habsbourg catholiques la domination de l’Allemagne protestante achevèrent de déterminer l’orientation nouvelle de l’Autriche : elle évolua décidément vers le Danube moyen, vers la Hongrie; elle redevint la Marche Orientale, i’Œsterreich qu’elle avait été aux origines ; elle reprit la lutte contre les invasions venues de l’Asie. En se retournant, elle se trouva face à face avec les Ottomans.

La Russie, délivrée des Tartares de la Horde d’or, délivrée de l’influence polonaise par l’avènement des Romanof, limitée au nord par la puissance suédoise, se rapprocha dans le même temps de la mer Noire et du Danube, donl les Mongols l’avaient violemment écartée depuis le xme siècle

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