‹ Question d'Orient depuis ses origines jusqu'aÌ€ nos joursChapitre 49 sur 131 · I. — La conférence de Londres · texte numérisé non relu

I. — La conférence de Londres

Le 29 octobre 1870, au moment où tombait Metz, où l’attention de l’Europe était toute au terrible drame de la guerre franco-allemande, le chancelier russe Gortchakof adressait à tous les cabinets des grandes puissances une circulaire des plus nettes : le gouvernement du tsar y déclarait annuler de sa propre autorité les engagements qu’il avait dû prendre au traité de Paris de 1856 : « Sa Majesté Impériale ne saurait se considérer plus longtemps comme liée aux obligations de ce traité en tant qu’elles restreignent ses droits de souveraineté dans la mer Noire ». Cette « mauvaise foi » a été condamnée dans les termes de la plus vive indignation.

Il était d’une politique assez méprisable de profiter des défaites de la France pour rompre avec des engagements solennellement pris devant toute l’Europe : le chancelier Gortchakof voulait sans doute se montrer capable de la souplesse et de l’esprit pratique du comte de Bismarck ; les scrupules lui paraissaient aussi chose encombrante.

Aussi bien peut-être ne faut-il pas s’indigner. La politique s’accorde mal, affirme-t-on, avec la bonne foi. Le traité de Paris avait déjà été violé par l’union des principautés moldo-valaques en un seul État de Roumanie; le sultan n’avait pas accompli les réformes auxquelles il s’était engagé. La Russie, désarmée sur la mer Noire, ne voulait

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