‹ Question de l'alcoolChapitre 1 sur 121 · UN PROGRAMME D'ÉTUDES SCIENTIFIQUES · texte numérisé non relu

UN PROGRAMME D'ÉTUDES SCIENTIFIQUES

J'essaye d'apporter dans l'étude de la question de l'alcool des habitudes de méthode qui font complètement défaut à ceux qui en parlent le plus bruyamment, non seulement en France, mais dans tous les pays.

Je commence par citer un exemple caractéristique de leur manière de procéder.

Un des hommes dont s'honore la science britannique, sir Francis Galton, cousin de Darwin, après avoir reçu son titre de médecin à Cambridge et exploré de 1845 à 1850 des parties inconnues de l'Afrique, établit, dans ses Meteorologica publiés en 1863 la théorie des anticyclones; puis, s'occupa de l'hérédité humaine et, à partir de 1809 il publia un certain nombre d'ouvrages et de mémoires sur ce sujet. En 1884, dans son livre Human faculty, il seservitdu terme Eugenics (du grec Eugenès, bien né) pour désigner l'étude des facteurs qui peuvent améliorer ou altérer les qualités raciales soit physiques, soit mentales, des générations futures.

Yves-Glyot. — Alcool. 1

Il fonda à l'Université de Londres un laboratoire d'Eugenics qui a pour objet de réunir les matériaux statistiques sur les conditions mentales et physiques de l'être humain et leurs relations avec l'hérédité et le milieu. Le directeur en est M. Karl Pearson, auteur de nombreux et importants travaux sur l'hérédité, la théorie de l'évolution, et d'un livre sur la méthode la Grammaire de la science l qui fait époque.

En 1910, M. Karl Pearson a pu contrôler les allégations des leaders des leetolalers et autres adversaires des boissons fermentées et distillées, sur le parental alcoholism, l'hérédité alcoolique.

Dans son mémoire, publié en mai 1910, il faisait l'observation suivante :

Le désir de savoir avant d'agir et l'esprit qui refuse de donner une opinion avant d'avoir appris sont si étrangers à tant de personnes occupées de réforme sociales que la possibilité de se livrer à une enquête sans la faire aboutir aux résultats désirés leur paraît presque une iniquité et la marque d'un tempérament anormal.

Ce mémoire exposait simplement les résultats fournis par deux documents importants \ Cependant comme ils n'étaient pas conformes aux formules de la propagande antialcoolique, sir Victor Horsley et le Dr Sturge l'attaquèrent dans the Byntish médical Journal en des termes tels que le Times disait (13 janvier 1911) :

« Un des effets constatés de l'abstinence totale de l'alcool

1. Traduit en français par M. Lucien March {Bibliothèque scientifique internationale), F. Alcan.

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