Question des chemins de fer [microforme]
récriminations et de plaintes, d'enthousias me et de dés-:spoir qu'il a provoqué. Voix du nord, voix du midi, voix qui snpplient,
voix qui menacent, voix qui accusent, voix |
qui s'excisent, voix q'i lonent, voix qui maudissent, rien n'a inanqné à ce concert ; ensemble elles résonnent à mes oreilles et si j'éprouve de l'embarras en-ce moment,c’est dans le choix qu'il me faut fair:, de répondre à ces récriminations : t à ces craintes, où de me joindre aux chants d'espérance et de joie qu'éprouveut les vrais amis de notre province en voyant se lever pour elle une nouvelle ère de prospérité.
Qu'il me soit permis d'abord, M. l’'Oratenr, de me réjouir pour cette vieille cité de Québec, 8i pleiue de glorieux souvenirs, et qui dorénavant grâce à ta politig''e éciairée de c ux q: i nous gouveynent, offriru à l'étranger le double spectacle des ruines grandioses de son passé historique, s’alliant aux splendeurs de l’industrie et du commerce, Tou , sans distinction de croyance et d'origine, anglais et français, dignes descendants des valeureux soldats dis plaines d'Abraham, nous lutton : aujourd’hui de zèle et de désintéressement our faire dn vieux rocher de Québec une des villes les plus flovissantes et les plus pittoresques du continent américain, Notre passé nous impose obligation d'une gloriense émulation Noblesse oblige, et maintenant unis, nos intérêts et nos maux, notre bonheur et nos malheurs sont identiques.
IL y a plus dé vingt-cinq ans que Québec demande à ses sœurs, les villes et les cités, à ses voisines, Les riches campagnes du nord, de l’aider dans cet élan généreux pour recon. quérir la place que sa position géographique lui assigne surle continent Déjà, plus d’une fois des voix éloquentus ont répondu à son appel. Je viens cs soirm'y joindre, étau nom des braves colons dn nord, an nom de ceux que j'ai l'honneur de représenter en
parlement, je viens, moi aussi, apporter à la ville qui a êté le boulevard de notre nationalité, des paroles de respect et de sympathie.
. Il fant se reportèr à plus d’un quart de | siècle en arrièré, pour trouver l'origine de la | pensée heureuse que le gonvernement vent réaliser aujourd'hui,
idée d construire un chemin, de fer pour relier Québec à Montréal par la rive nord du | St, Laurent à pris naissance dans la fièvre des chemins de fer, qui s'empara dx notre population vers 1849-50. Une as-emblée publique fut alors tenue À St. Roch, cette grande tribune populaire de Québec, et les journaux du temps nous rapportent que d'éloqu nts discours y furent prononcés.
J'ai pris la peine de fouiller dans ces vieux souvenirs, et j'ai trouvé des “enseignements et des observations tellement intéressante que je réclame quelques minutes de la bienveillance de cette Chambre pour lui en appeler les traits les plus saillants,
A cette grande réunion, où le peuple s'était donné rendez-vous pour discuter ses intérêts, assistaient deux hommes, morts, hélas ! aujourd’hui, et qui ont luissé derrière eux les meilleurs souvenirs L’un était l'hon M. T. Réal Angers, esprit aussi fin que profond, et l’aue tre M. Joly, homme charitable, érudit, distingué,et qi tous deux ont eu lasuprôme cons solation de se voir revivre dans leurs fils, les. hons. députés de Montmorency et de Lotbinière, L'un et l’autre, lors de cette assemblé où furent posées les bâses de la grande entreprise que le gouvernement veut aujourd'hui prendre sous son egide, aidèrent par leur éloqnence et par leur expérience de la chose publique, à faire comprendre. an pruple toute l'importance de cette création gigantesque, Pourquoi, ce soir, en rappelant le souvenir de t ette glorieuse tentative, pourquoi pronongar t ivi le nom de ces deax hommes respectés qui furent MM Angers et Joly, suis-je obligé de Citer à l'un d'eux, les voyant divir ss int nant sur Une question où leurs "res furens si unis jadis, le fameux vers du poëte latin :
un À sun
Quantum, mutatus ab illo.
De la tribune populaire, la question fut portée devant le Conseil de Ville et fut l’ob jet d’un rapport du comité des finances, auquel elle avait été référée. Le président de ce comité, l’un des c'toyens les plus distingués de Québec, qui fut maire de cette cité, représentant, sénateur, et qui est maintenant l'undes juges de la Cour du Banc de le Reine, l'honorable Ulric Tessier, fit un discours où, l'esprit patriotique du citoyen le dispute à la clairvoyance de l’homme d'affaires prédisant dès Icrs tout ce qui s’est accompli depuis. M. Tessier disait :
“ Ceux qui veulent jeter un coup d'œil sur “la curte du Caaada, et qui en même temps “ ge donnent la peine de suivre la direction “des chemius de fer près du St. Laurent, ‘ voient une lutte naturelle entre la partie “ sudet la partie nord de ce fleuve. Les gi- “ gantesques canaux du Haut-Canada, dont “le Bas-Uanada paie lu façon malgré lui, # n’ont eu d’antre but que de faire du St.
4 Laurent la grande vuie de communication “ pour le transport des prod its de l'Ouest “ vers l'Atlantique. Les habitants de L grande “ République prutiquent continuellement des sai- “gnées au feuve Si: Laurent pour attirer vers “ eux le commerce de l'Ouest et l'empêcher de { passer par Montréal et Québec.”
“rorn, point de ponts impossibles, et nous “ rlions Québec aux plaines fertiles de & l'Ouestpar une route quisera de 600 mil- “ les:plus courte que celle qui suit les sinuo- « sités du St. Laurent, du côté sud,et les pio- € duits afflueront à Québec, le grand port de “ mer du St. Laurent, Cette liyne se joindra {Centoute probabilité aux grandes lignes projetées “yers l'Océan Pacifique et c’est en ce sens que & s'accomplira la prophétie de Jacques-Car- “#tier que l'on passera par: la route du St.
# Laurent pour'aller a la Chine et aux Iu- « des. ”
Q: sont 1à de nobles et grandes paroles qui, je l'espère, trouveront un écho fidèle dans Le cœur de ceux qui dans certe enceinte représentent plus directement les idées et les sympathies de ce citoyen distingué.
(Ecoutez! Ecouter l)
Le. presse 8empüra naturellement de cette question, et les promoteurs de l'entreprise purent ainsi se faire entendre au delà des œurs de leur cité. :
Dans un écrit des plus vigoureux, M. Joly fit un appel énergique aux popur:ations du distr.ci de Québec, en soulevant leurs sentiments de légitime orgueil pour leur capitale :
« Québec, dit-il, ne doit pas se contenter « d'être un port tributaire d’Haiifax et de “ Portland, Ce rôle peut tout au plus conve- “ nir à Montréal. Québec me paraît appelé à “de plus grandes destinées, ”
Heureux si cette voix eût été bivn comprise de tous les honames publics qui se sont
occupés plus tard de la fortune @: Québec.
Malheureusement, il faut bien l'avouer, ‘na trop souvent oublié, pour des dissentions politiques, la graude idée de l'avance ment commercial de Québec,
M. Joly paraissait avoir prévu singulière.
ment les difficuités qu'on rencontre aujourd'h&üi quand il ajoutait dans son article :
“ Si vous permettez au chemin de fer de ‘traverser au sud du fleuve près de Québec, &# pour réjoindre Richmoud,vous perdez ce ma. “ gnifique avenir, Jamais vous n'obtiendrez “une seconde route parallèle au nord du fleuve “vous trouverez trop d'intérêts opposés à cela; “vous aurez déshérité quarante paroisses au &nord du fleuve Saint-Laurent des avantages # d'un chemin de fer et vous aurez ruiné la ‘ fortune de Québec pour toujours ?’
On les retrouve aujourd'hui ‘ ces intérêts oppoés”’ qui nous défendent de faire “au Nord du fleuve une second: route paraliè, 3.” C'est la compagnie du Grand Tronc qui nous a sigu fié ce protôt, c: tte compagnie du Crand Tronc qui :éclamait l’autre jour, par la bouche de l'hon, chef de l'opposition, le crédit d'avoir créé le commerce de le province de Québec, et qui demandait de ve pas être froissée par l’action de noire législature.
M. 1 ssier,en laissant la tribune, avait, lui aussi, pris la plume et des correspoudances remarquables furent par iui publiées dans le Canadien :
# On parie, dit-il, du chemin de Montréal à Prescott et à Bytown, continué de 1à à Kingston, à Toronto, au lac Huron, au moyen duquel toutes les villes du Canada pourraient être reliées entre , les, et Québec #y joindrait pai un chemin au vord du Saint Laurent jusqu'à Montréal. l’'ar là des produits dé l'ouest pourraient être Grausportes en Europe avc un seul t anusborde ent, soit à Montréal, soit à Québec. Ce devrait être là véritablement le but de ceux qui veulent de brenêtre général du Cunada, à d'est et à loust ”
On se mit à agiter alors la question d'une demande de garantie impériaie pour la construction de ce chemin de la Rive Nord,
L'idée d'une graude route militaire reliant Halifax à Montréal es à l'Ouest, cn passant par la Rive Nord depuis Québec à Montréal avait éte inspirée par le fataeux rapport 4e Lord Durham. Le rapport du major Stevensou sur cette grande route, suggère la construction de ce chemin de la Bive Nord en ….willant le tracé que l'on a depuis adopte pour l’Intercolonial, de le Rivière du Loup à Halifax. Certes, sides-conseil* adverses n'eussent pas prévalu à cette époque au Cabinet de St. James;il ny à pas de doute que la demande de la garantie impériale aurait été accordée “ en faveur de cette grande route fer- € rév qui n’est que la conticuation naturelle « de celle de Québec à Halifax, et qui doit 4 faire passer sur notre territoire l’inamense ‘trafic de l'Ouest qui novs appartient de “droit,” suivant les termes de la pétition Qui
Œat-@lors aërusséu au Gouvernement Impérial, :ceptions près, ces ‘traditions ‘fe Tibéralké
ans la sigaature conjointe de M4. G. Joly | nitionale
ev H. L Langevin, le président ut le sucré.
taire du comité provisoire du Chemiu defor:
du Nord.
La réponse que le cemité reçut disait en terminant:
4 Sir John Pakingtou prie Son Excebl ace de vous apprendr: que les représentations que vous lui avez faites ue manqgueront pas «de recevoir un: soigacuse considération eu temps co enable.
J'ai l'honneur d'être, stc., ete.
(Bigné;) G. Joly, Eor., ” «etc. etc, etc }
L'hou. député de Témiscouate evait un «peu raison de dire, d'autre jour, que ‘ c'âtait | ibien long les considérations sérieuses des gouvernements’ puisque lR répanxe favoæabl, que faisait espérer Sir Johu Pekiuyton un chemin de du Riv: Nord, est sucere à venir, Heureusement pour Québec, astre gouvernement provinuiul d'aujourd'hui ne .Craint pas d'assumer da tâche de bâtir le chainoa le plus important du granû «chemin militaire que les hommes d'étut de A'Angliterre révaient-alors.
En attendant le garantie impériale, ‘es p9bulations de la Bive Nord s'agitaieut ève- | anent Québ c avait spontanément seuscrit, par sa corporotion, £100,000, et les eulculs des moins en housiastesauturisaicutde comité à dire dans un de sus ruppert:, «près avoir compté l'outrei muuivipal de gnébuc, que deu sonusemiptious Buivautes. était ain: s:
{Les divuses paroisses dt corpucrati ns d'âui à Montréal, inclusive Métis soso à .. £8),000
# Souxcriptions individuelles à Québec ut ALIGUER, sis ee sen £86,00€
On veit que dès lers, les populations senaient vivemeut d'impertauv: de cette eutreprise.
Notre clergé canadien, qu'on & toujours wuà la tête des grandes œuvres nationales, savait aussidait enteudie sa voix encourageante et persuasive. Mgr. l'Archovôque de Québec adressait au comité, av < l'aiterisaition de le publier suivant qu'on de jngerait «couvenable,une lettr. des plus sympathiques à l’eutreprise,
“Il m'a été agréable, ” dirait le vénérable «archevêque, ‘ de voir des membres de mon ælergé exprimer leurs .sympathies pour cette entreprise à lsquelle j'ai prête tout. l’ençouwagement qui était en mon pouvoir; j'ajoute ‘que, si lee amis de dla nouvelle voie ferrée æencontrent dans leurs efforts, la coopération æt appui onvenable, je me céjeuirai d'y «woir.c:ntribue en recommandant dans l'oc- «<asion à veux qui dépendent de moi de ‘donner des preuves de bonne volonté. " ;
Hâtons-nous de constater, qu’à de rares ex-
R. Bauce, Secrétaire.
cure | |
es nsnee 0 +
ont été continuées À l'égar | du chemin de la rive Nord.
Le comté de St, Maurice, alors 1epréseuté pardl'hon. M. Jes. E Turcette, et eomprenant à cutte époque la ville des Trois-Rividres utle-comté de Maskinongé qui 'en.a été détaché depuis, se mentre aussi libéral que la cité de Québec, et s'engegee par un vote à souscrire £60,000 au capital de la :compaguie Cutt: détermination fut prise, grûce prinoipalemeut aux efforts de l'hon. M Turcette, de M. Houde, aujeurd'hui député du comté @e Maskinongé ea Parlement local, ot de quelques autres citoyens dévoués et amis du progrès. ,
Que mon ami,le député de Maskinongé, me pardonne, si en dépend de a modestie,
J'ai recueilh ce vieux souvenir, Son #èle pour
cette entreprise ne s’est pas ralent, depuis les vingt-cinq ans pesrés, et nous deretrouvons aujeur hui aussi g5lé pour cotte cause qu'il l’éteit durs des jours difficiles d'autrefois. |
Ua premier échec wint elers commencer cetie série de difficultés et d'ubitucles qui ont .croir: presqu'à une:fatalité cachafuée à cette entreprise, qui dépend aujeard'hui encore du déplacement de quelques ‘votes ‘en cette chambre.
Le règlement du conseil Auvitle, accordant eu chemin uu bone: du £100,000 devait,comme c'estle cas maintenant,obtenir le sanction du lieutenant gouverueur en conseil. Les äin- Auences les plus considérables provenant, dès cette épogue, dus mêmes sourcis que cviles d'où nen* vieunent aujourd'hui les difficultés que uets éprouvons, fureut mis-s en jeu, ot le gouvernement fut forcé sur des ob. ‘
| duetions légales, —on lesretroure aujourd'hui
soux de Rom de questions ‘constitutionnel.
[les—de d'suvouer lerègiement qui affirmait
la géaéreus: libérakité de la ville de Québec. La réporrse uunonçaut de désaveu au maire de Québec -6 termine par le considérant suivant:
4 Parceque le pouvoir accerlé aux muni- “ cipalités par de dit acts de prendre der ao- “tions dans uae.cempaguie de chemins de “fer sup ose nécessairement l'existence #d''ue telle compagnie, vt ur rapport
“gs'aux compaguies dûment incerporéenx
‘“ conformément auz dispositions du dit acte ; “or aucune compagnie sous le nom men- “ tienné dans de dit règlement n’a obtenu un “acte d'incerporetion ni ne s’est conformée “ aux dispositions de la cinquième section
“du dit acte pour la mettre eu pesition
“ de demander uu acte d'incerperation. * “ J'ai l'honneur d'être, « Mon ieur, # Votretrés- sbéissant serviteur, ‘ Er. PARENT 4“ Agsiat.-Secrétaire.
“ Son Honaeur le “ Maire de Québec.” }
Et pourtant, ce règlement portait Apécia.
ES
fcmacnt qué l'octroi était fait à ln condition que la Comp gme obtint l'incorporation que le atatut requérait.
Cut éch:0 ne téconrigen pas Rx promoteurs de l'entreprise et à la session suivante, wn acte d'incorporation fat demandé par uni bilt intitulé : ‘* Acte pour autoriser Fi formation d'éne enmyagnee pour construire un chemin defer sur da Rive Nord de fleuve St Liu vent, de ba Cité de Québec à la Cite de Mn tréul où à quelqu'autxe point convenable sur tout chemin de f conduisant dé La Cité dé Montréuil aux villes de Sowest dé cutte Province,” Axant à six gent mil: lonis ke capital de la Compagnie et ini pérm ttant de langmenter an brsoi .
Cette mstie rencontra d'objections dilmtoires dans bres, La charte de ln 14 eë 15ème Victoria, char. T3, vénait d'imcorporcr la compagnie du Grand Tronc, par un bill sanctionné le 30 août 1851. Un n plus tard, nue proclamation publiée dans ba Gaactte du Canada du 7 août 1852 devait fixer cette ligne du Grand Tronc de ka Pointe Lévis à Kichmo d,ù Montréal, À Kingston, et de 1à jusqu'à !. Rivière Niagara
Le 29 avril 1853 le gouverneur sanction- Fait le bill incorporant ls compagnie du Chemin de fer de M rive Nord, et le 13 mai ke Conseil de Ville de Quebec passait un règlement souscrivant dé nouveau fes £T00,000 dont l’octroiavait étc désavoué, comme je ai meptionné il y à un instant,
Les personnes qui sintéressaient à la . Coustruction du Chemin de fr du Nord, voyant que le seuscr ptions des municipali-
sortes let ehamme
tonte
tés et des particuliers ne suffisaient pas, avaient songé de bonne heure à solliciter la |
garantie des gouvernements Elles n'étaient
adressées d’abord aux antorités impériales
sans succès, comme nous l'avons déjà vu Elles formulèrent de ter février 1853 la même demunde au gouvernement provincial, qui ne leur donna pas une réponse plus favorable, prétextant pour motive” cr refus, qu'en vertu de l’acte de 1851 le gouvernement 8e trouvait dans lPimpossibilité d’acquiescer à eette demande,
Ceté requête avait été envoyée à Lord Elgin par le conseil de ville de Québec, et à cette pétition, Lord Elgin répcndit par un mémoire très-long et très-minutieux qui se terminaït ainsi :
“ Sans donc affirmer qu'une aide parlementaire ne puisse être plus tard accordée convenablement
à l'entreprise que vous faites valoir, le gouver-
nement doit refuser de prendre la responsn bilité, sous les circonstances présentes, d’appuyer une proposition qui comporterait ce résultat, et qui, de plus donnerait lieu à des demandes de semblables dérogations à la loi actnelle en faveur d’antres éntreprises."”
Des assembléss publiques farent immédiatement convoquées partout pour forcer la main au gouvernement,et le contraindre à re-
£ku
venir sur la décision exprimée dans Îæ: ré-ponse de Lord Elgin, et an mois de mar 1868, l'hon, M, Belleau, an Conseil Législatié, [et M Canchon, à læ chambre d'assemblée, Linterpellaient vivement La gouvernement [eur cette question devenue nationale. Les [résolutions du M Cuuchon étuient an [nombre du quatre. En déclarant que la |ronte du Nord était ln plus courte et qu'un. octrok donné à ce chomen ne pourrait porter ombrage «u Faut Canada, elles ajontuient :
| 4 Que les denx villes de Québec et de Mont- {réal devant 8: doubler dans un temps très | court, & St. Mawr.cr ouvrir tn commerce da bois dont Les proportions son’ 'ncutculables, et ka rive {nord du fE:nve possédant sur presque: tous sea points des porrvo rs dent et des sources de richesse sans nombre, un chemin de fer est devenu nécessaire à l'avenir de cette partie du pays’ | {4 Que l’on ne saurait conséquemmynt, sans ujustiee, refuser aux trois ceut mille habitants de la rive nord, entre Québec et Mont- | réal, læ garantie provinciale et le moyen par IX du se soustraire à isolement ct de se mettre, comme Les antres parties do Ci la l'en communication avec l’inmmmense réseau dir chemin de fr qui eouvre l'Amérique dr Nord tout entière, ?”
Les discassions les plus vives eurent Heta sur écs resolutions, auxquelles prirent part. MM. Unuchon, G. O'Kill Stuart et Ulrie Tessier qni défendirent vaiMamment Les in-térêts de Québec, et du Bas-Canada. Ma!
heureusement ces efforts Méloquence et dir patriotisme furent dépensés en pure perte, et ces résolutions ne furent pas adoptées.
Depuis cette époque à venir jnsqn'à 1857.
Ventreprise ne paraît pas e voir fait beaucoup | de progrès, grâce au refus de l'aide provincial. Le Grand ‘Fronc avait absorbé complètement l'attention des. gouvernements d'alors.
et ses travaux étaient poussés avec ba plur grande activité.
En 1867, un homme d'énergie, un grand citoyen, une de ces natures qui lasssent à tout ee qwils tonchent l’empreinte de leur volonté de fer, L’hon. £. E.Turcotte, revenait | devant ka chambre plaider la cause ‘1n nor du St Ea.rent, Letâche eut paru déconrageante pour tout autre homme, mais pour lui les obstacles n'étaient qu'un nouvel aliment à son indomptable détermination.
| Malgré les efforts des députés du Haut.
Canada, malgré les appels violents fai s aw fanatisme par George Brown, qui se rév lait.
déjà comme Fennemi Le plus acharné de tout ce qui était bas-caaadien, M. Turcotte | réussit, grâce à l’appuï que lui apporta alors ee vieil ami de notre province, Sir John A Macdonald, procureur général à cette époque, à faire octroyer F,500,000 âcres de terre at chemin de fer du St. Maurice, mieux ccnnm | sous le nom de Chemin de fer des Piles.
A p opos de cet octroi, jé ne puis laisser pesser sans la rectifier une assertion faite cette:
ER
après midi, par l’hon. députéde M4 gantic | dont une des branches n’est : utre chose que
L'hon. député, voulant appuyer la motion du député de St, Hyacinthe, nous a laissé enten-
dre que le gouvernement avait tort d'inclure |
dans sa politique, la construction du Chemin des Piles, en noas disant que l’ancien octroi que ce chemin réclumait comme le sien,
n'avait été accordé de fait, qu'au Chemin de |
la Rive Nord. Cette prétention a été soutenue aveu succès en 1869, lorsque je plaidais
pagnie du chemin des Piles à cet octroi de terre, Je ne regrette pas, du reste, que la compagnie de la Rive Nord ait réussi à convaincre alors cett. Chambre que cet octrol lui appartenait, parce que la réclamation qu’elle faisait valoir sur ss terres, a 6té la cause de la réorganisation de la compagnie Il n’en est pas moius vraique lors de la discussion de cette même questio en 1857 le procureur-général d'alors, l’hon. John A MacDonald, disait—je cite textuellement les débats du temps :
“ Supposons que le Chemin de fer tu Nord ue soit pas fait du tout; le gouvernement désivant encourager l'émigration sur ses serres, ilest évid'nt alors qu'on ne peut trouver de meilleurs moyeus que le projet actuel pour induire Les capitalistes à inves ir leurs capitaux dans cette entreprise; et si, par cet encouragement, ils peuvent être induits à sy engager, alo:s on verra que l’octroi de ces terres ne sera qu'une légère considération pour la province.” ns
11 me semble que cette interprétation donnée à la loi par le procureur-général de l’époque suffit pour éciairar tout doute sur le point en question.
Les efforts que la ville de Québec fit après 1857 pour ressusciter le projet du Chemin de la Rive Nord sont assez connus pour qu'il me suftise de dire qu'ils ne fûrent pas couronués du succès,
Le découragement semblait s'être emparé de tout le monde, quand la session de la 1égislature provinciale de 1869 vint réveil.er l'ancienne aëtivité québecquoise refroidie depuis plus de dix ass, et la charte de la rive nord vint alors prendre place dans nos statuts.
fn me reportant, M. l’Orateur, vers cette époque qui nou» semble déjà st lointaine, je ne puis m'empêcher de faire un rapprochement eutre les origines et les résultats de presque tou es les graudes entreprises. A c lies- i les comimencements modestes, l'enfance: laboricuse, le travail lent ct pénible où fermente déjà la sève de la grandeur future. Les deux immenses voies ferrées qué dix millions sufiront à peine à construire,ont commencé, l'une, par ce petit chemin ds Piles, l’autre par Le mo leste Uh min e vois d- colonisation de St. Jérôme Ce dernicrrst encore, sans qu'on sen doute, inscrit dans nos statuts provinciaux comme le tronc principal
| le chemin de Montréal, Ottawa et Occiden-
tal, destiné par sa Charte à s'étendre jusqu'aux terres de la baie Georgicnne, Qui aurait cru que le chemin de Montréal à St, Jérôme aurait été la première locomotive qui trainerait à sa suite l'immense convoi destiné au commerce de r’ouest, et qui sait ? plus tard, à rapporter des rives du Pacifique les
| produits de ia Chine et des Indes ?
devant cette Chambre les droits de la Com-
J'en étais à dire que le Chemin de la rive Nord,avait été résuscité de ses cendres par la législation de cette province en 1867 Depuis cette époque les: gouvernements qui se sont succédés se sont fait un devoir d’encourager cette entreprise de la manière la plus efficace possible ; et cependant, étrange fatalité ! chaque annee voyait surgir des dificultés nouvelles qui en empéchaicnt l'exécution. Sous la dernière administration on tentait un suprême effort qui devait,suivant tout apparence, assurer la réalisation de ce grand projet. Immense dotation, sous forme d'octroi de terres publiques, subsides princiers en argent, souscriptions royales des deux capitales, politique ét commerciale de la province, don généreux des municipalités rurales qu'il devait parcourir ; tout assurait au chemin de la rive Nord du 8t, Laurint et de l’Ottawa,la voie la plus facile sur le marché monétaire, Des contracteurs puissants et expérimentés s'étaient emparëés de l’entreprise en y mettaient une large partie de leurs c pitaux. Les plus in. rédules croyaient au succès grandiose et prochain de cet œuvre uationale. En effet qui arait pû donter de sa réussite ? Quel tracé plus favorable à un chemin de fer que celui offert par la rive Nord, passant par un pays largement peuplé ?
Il n’a pas à craindre la compétition des lignes américaines qui ont fait tant de mal au Grand-Trouc. Il est destiné no: -seulement à développer les ressources qu'offrent les trois cents lieues carrées de territoire dont il ust le débouché, mais encore il est la voie la plus courte du grand commerce de l'Ouest qu'il fait passer dar : le «œur de la province, dont il est la grande artère, Tout le monde applaudit à ce te sage politique qu fait beuéficivr tous les citoyens de cette grande amélioration. Les centres commerciaux cherchent sans cesse à sé rapprocher pur la voie la plus courte, et c'est pour cela que l'on voit nombre de lignes américaines se faire une compétition ruineuse, Ce danger west pas à craindre dans le Nord ; tous les intérêts qui s'y creéront convergerout toujours vers Kuébec, Trois-Rivières, Montréal, et Ottawa, et le Grand Tronc du Nord sera l'artère sans rival qui unira tous ces intérêts aux centres commerciaux de POuest, de l'Atlantique et des états de la Nouvelle Angleterre; il les fera refluer à l’intérieur par des branches qui couvriront le pays du Nord au Sud.
Cette vaste région des Laurentides
nc
Ne
possède-t-elle pas des forêts inépuisables, d'immenses terres propres à la culture et capables de nourrir et d'eurichir des millions de population ?
T«l était le superbe prospectus qu'offrait aux capitalistes étrangers les deux compagnies de la rive Nord, et de Montréal, Ottawa et Occidental, après la législation généreuse de 1874.
Cependant une voix 8e fuit entendre de l'autre côté de l'Océan. Cutte voix a déjà eu un malheureux écho sur I.
marché monétaire anglais : elle a empéché par des mensonges et des calomnies, des millions de se répandre dans la Palssance du Canaila, pour en développer les ressources, Cette voix est celie qui a tué en Egrope ce grand projet du Pacifique qui de-
it être dans la pensée de nos hommes état, le couronnement glorieux de la Confédération, projet aussi hardi que gigantesqu qui devait relier les dur Océans et en- Ë $sant sur nos rives d'énormes capitaux étrangers, C’est le Grand-Tronc qui se lève et crie à ceux qui l'ont aourri et l'ont aidé à grandir :
—Yous n’irez pas plus loin ; vou: bâtirez vos chemins de fer quand nous jugerons à propos de vous le permettre !
Ayant perfide qu'audacieux, il fait entendre de, Ongs gémissements sur l'état désastreux ‘ans lequel il se dit plongé, et qu'il attribue effrontément à notre pays.
ou pe, Rai pas réussi, dit-il, et pourtant je suis Le Grand-l'ronc du Canada ! que devienaront denc ces routes insensées qu'une population imprèvoyante veut ouvrir sur un territoire, pauvre etdépeuplé ? ”
6 ,@'ec en vain qu’on leer répond : Consolez- YOU et défrompez-vous ; ne pleurez pas sur Nous, genx,du Canada, mais bien sur vonsmêmes.etsur les extravagances de votre fasteux DRFen Londonnien. Détrompez. vous ; çar léiterritaire que notre grand tronc du Nord epUBppelé à desservir renferme une popudation bien plys den-e que la moyenne de c:lle qui 8x trpyye:parsemée sur le parcours de vo- ‘te ligne, ; Lg protestations, les preuves les pin «évidentes, les exposés les plus convaingent sout,impuissants contre la force délétére, de Ja calomaie. Les capitalistes effrayés gt.frompés,. fgment silencieusement leurs ab irs,en,balbutiant des excuses pour le refus aWils apposent aux offres, pourtant si Ayanfageuyses,.que leur font'les agents de nos .cémpaeniqs conadienues, M. Potter triomhe ; il érait L'œuvre bas canadienne écrasé : Pour Jamais, tantiil est difficile de fai e re- ,Preudre, à ung entreprise qui subit un échec .la.route qui mèneivers le temple de la fi-
pance anglaise. 11, .Pourtant/wons vous trompiez, M Potter, 4 land: vour, sayouriez les délices que vous |Sausqil le,sucois de. vos manœuvres ma
chiavéliques Vous comptiez sans la force de
We volé ane Pao vince im
ani dovut i
poser à l’action du gouvernement qui la regit,
Nous étions en pleine effervescence électorale, quand la nouvelle de l'insuccès des emprunts de nos chemins de fer, sur le marché anglais,nous arriva. Sans acception de parti, sans jalousie de localité, la volonté populaire se mauifesta sur tous les points.
Les candidats élus furent chargés de transmettre au parlement provincial l'expression de cette volonté, La presse toute entière, la presse lihérale surtout, elle d'ordinaire si jalouse du monopole gouvernemental, n'eut qu'une voix pour demander au ministère de se charger de cette entreprise que les compagnies particulières n'auraient pu maintenir à tlôt sur le marché anglais. Pourquoi faut-il que les dissentions politiques fassent entendre aujourd'hui leurs voix di:
cordantes après un concours aussi unanime ?
Le gouvernement ne jerdit pas un moment, et aussitôt, la tranquillité politique rétablie par la fin des lattes électorales, il se mit à l'œuvre pour faire revivre ces grandes entreprises brisées par le choc qu’elles avaient subi à Londres. La politique générale du gouvernement sur cette question ne fut un secret pour personne; tous purent mesu rer alors l'étendue des sacrifices que la province devrait nécessairement s/imposer pour mener à bonne fin ces grandes entreprises, L'étendue de nos ressources provinciales était connue de tous; le coût de l’entreprise pouvait être facilement calculé ; et cependant la presse libérale, à part d’insignifiantes questions de détail, re trouva rien à redire et à suggérer dans le plan que préparait le gouvernement de se substituer aux compagnies privées pour la construction de ce chemin. On ne s’effrayait pas alors du déficit que cela pouvait causer dans notre budget provincial ; on ne criait pas d'avance à la taxe directe; on ne s’apitoyait pas sur l'injustice commise à l'égard des lignes de chemins de fer du Sud du St. Laurent.
Dans le pr-mier enthousiasme d’une grand.
pensée nationale, on disait franchement et haute . ent ce que pensait l’âme, ce que le cœur ressentait.
Les cvmbinaisons politiques, les jnlousies du pouvoir n'avaient pas encore dit leur mot. Le Grand-Tronc n'avait pas encore soufflé la division parmi nous. On ne nous effrayait pas alors du fantôme du veto fédéral pour l’inconstituionnalité d'uue telle mesure, On n'avait pas soulevé la cupidité des comtés du Sud, en L ur faisant la comparaison, toujours odieuse, de la proportion du subside provincial qu: nécessiterait cette action.
Le vieux Québec, s’exaltait en pensant que son œuvre de prédilection et d’espérancv allait enfin se réaliser sous la main vigoureuse du gouvernement provincial. Plus de divisions, plus de chicanes, plus de jalou-
sies locales dans la vieille cité! Elle teudait INT mnoathion 4 A 1
ai îr
Te
Montréal, lui promettant un concours | facile de déconvrir des fautes quaud on veut fidèle et chaleureux. Cet offre d'alliance, nous | trouver un prétexte pour accuser. Laissez le
gens de Montréal, nous l’avons accepté franchement et sans ia moindre arrière-pensée Nous avous abdiqué l'ambition légitime que nous aurions pu avoir de construire nous, même, avec un peu d'aide additionnel du gouvernement, notre route cor merciale jusqu'à Ot'awa. Pour ne vas gêner le ministère, et lui laisser l'avantage d’une politique uniforme pour les deux chemins, nous lui avons fait volontairement st généreusement l'abandon de tous les bénéfices d’une entreprise pour laquelle nous avions fait de si rudes sacrifices pendant six années. Nous sommes prêts à tenir notre part de ce engsgement tacite, et nous avons Île droit
de vous dem nder de le respecter de votre côté. Nous croyons sincèrement qu'ii n’est pas‘ un citoyen de Québec
qui ne serait disposé à mettre de côté ses affections politiques, ses sentiments de parti, pour assurer le succès de l’entre.
prise Je n'hésite pas à dire que je n'ai pas cru un seul instant, qu'aucun des honorables députés, qui représentent Québec dans cette enceinte parlementaire, faillirait à son devoir dans cette occasion solennelle, qui ne se représentera peut-être jamais pour la fortune de leur capitale. Si mal.
heureusement je me trom ais, si par hasard, le chemir tortueux de la politiqu« avaitconduit jusqu'à leur esprit une pensée malheureuse de dissensions en cet instant suprême, qu'ils veaillent bien se rappeler les uobles paroles et les sentiments patriotiques que j'évoquais, il y a un instant, de ‘histoire du passé. Qu'ils se rappellent surtout qu’à une époque néfaste de nos annales parlementaires, les jalousies de sectrons, l’esprit de coterie politique,ont privé pour jamais Quebec du siége du gouvernement général, de ce titre de capital du Canada auquel l'histoire, les ressources stratégiques, les beautés de la nature et les avantages commerciaux lui donnaienttant de droits.
On a jalousé Montréal, 11 faut bien le dire,à cauxe, de son m:rveill. ux progrès : On a même crié à l'injustice et à l’empiéte.
ment sur les droits de Québec Mais on n’a pû s'empêcher d'admirer cette activité fiévreuse et infatigable qui a fait de Montréal ce qu’il est aujourd’hui. Eh ! bien ; vous le savez peut-être mieux que moi, mais laissez-moi vous le répéter : Montréal doit srrtout son succès étonnant à sa libéralité et à l'abandon de toutes les mesquines jalousies de la politique, chaque fois qu'il s'est agi de l'avancement de ses grands intérêts maté.
riels. Encore
une fois Montréal vous
tend la main ; unis tous deux nous serons
forts et puissants, tandis que la division | vous sera surtout fatale
Laissez à d’au:res la tâche stérile de cher-
cher des défectuosités dans le projet que le
Grand Tronc et ses agents nous menacer de leur colère qui, si nous sommes unis, sera impuissant à nous fermer le marché anglais, Ne vous luissez pas iufluencer par les craintes exagérées de ces légistes de la constitution qui viennent nous dire que nous inmarchons sur nn terrain qui peut-être ne nous appartieut pas. Comment ! Note province ne serait pas à mous? Une compagnie jouissant d'un privilège fédéral qu’elle peut abandonner,de même qu’elie peut s'en servir, aurait déclaré par un acte solennel qu'elle ne pouvait et ne voulait pas exer”er ce privilège, et notre gouvernement,qui a la regie et l’administration suprême de notre territoire, n'aurait pas le droit de construire une route demandée par les intérêts publics, dans la m me direction que celle q'i vient d’être abandonnée par cette même compagnie fédérale !
‘ La constitution ne le veut pas,” dit-on ?
Eh! bien, violons plutôt la constitution, s’il le faut, pour lui faire produire cette grande œuvre ! Est-ce que l'intérêt du public ne prime pas sur toute chosu ? Salus populi suprema lex esto!........,..
L'hon, député de St, Hyacinthe, en proposant l'amendement qui est maintenant de vant cette Chamnbre,s’est constitué le dénonciateur de la politique généreuse que lé gouverpement s'est décidé à adopter à l'égard des chemins de fer, C'est la voix qui accuse,
C'était une tâche ingrate et pénible,et c’est peut-être pour cela que les honorables membres de la gauche l'ont choisi cette fois pour leur organe, j'allais dire pour leur chef.
L'hen. député appartient esseaticllement à cette branche de l’école libérale qui depuis 1854, s'est opposé avec acharnenent, au cri de 4 l’extravagance,* de la taxe dicecte et de la ruine,” à tous les avancements, à tous les progrès, à toutes les améliorations maté. rielles et politiques qui se sont accomplis pou, nous, depuis cette époque. Pour cette école, point de trève, point d+ merci pour les gouvernements qui croient que toutes les grandes’entreprises" qui regénèrent un peuple, ue peuvent s'accomplir qu'aux dépens de grands sacrifices, Que de dupes n’u-t-on pas fait depuis vingt aus, avec cette épouvantail de la taxe dont on effrayait une population facile à trompr-r. Les temps sont changés le peuple a compris; mais l’hcn. député de St, Hyacinthe est resté fidèle aux traditions de son école, et l'on aurait pu voir dan son discours d'hier üne reproduction des diatribes po,u- Jaires des élections de 1857.
L'hon. député a présenté une motion qui me parait étrange. Il nous dit que la politique du gouvernement sur les chemins de fer, est de nature mettre en péril la construction du chemin de la Rive Nord,eten même temps qu'elle est injuste pour ‘es chemins en cons.
Dr
soit utile pour un chef d'opposition de muttre à profit toutes les craintes qui peuvent surgir danc l'esprit populaire, par l'énoncé d'une politique dont l'exécution doit être trèsdispendieuse, et d'exploiter toutes les susceptibilitésque cette peut faire naître, réunir dans une même proposition deux raisons aussi contradictoires, cela découvre trop son jeu, On sent, du reste, l'effort du ce rapprochement dans lw rédaction méme de la motion.
Comment, en effet, la proposition de construire le :rand Chemin de Québec au Portage-du-Fort, peut elle mettre en danger la construction de ce chemin, que les compagnies ont declaré ue pouvoir terminer ? Ce que des particuliers ont entrepris sans succès ne peut-il pas être mené à bonne fin, si la province s’en churge ? N'est-ce pas, au moins, une tentative pour sortir cette entreprise du péril où elle se trouve aujonrd’hui ? C’est bien là ce que dit tout le monde, Mais, pour l’hon. député de St, Hyacinihe, ce n’est pas ainsi ; le chemin de fer du Nord est en danger, à cause de la politique du gouvernement qui assume une trop forte dette pour bâtir ce chemin; en même temps, cette politique qu'il vient de qualifier de prodigue, est, suivant lui, injuste pou le Sud. Injuste, nous dit l’hor.. députe, parcequ'uile ne pourvoit pas aux besoins des compagnies de chemins de fer qui sont en souffiance dans les townships de l'Est,
Singulière :ogique, qui craint que la charge ne soit trop lourde pour l'Etat, parce que le gouvernement construit le chemin du Nord, et qui déplore qu'on "ait .pas ajouté, à cette charge déjà trop pesante, les frais de construction des chemins de fer des Town ships de l'Est! Mais, qu'importe la logique, si les craintes des uns, la jalousie +8 autres, rallient des partisans à la motion destinée à renverser l'administration. 11 sera toujours temps, plus tard, dé reconcilier ces prpositions disparates |
Pour appuyer la première de ces propositions, l'honorable député nos à cité l’epiuion d'un graud financier, Sir A. 'T, Galt, La chambre à dû Gtre surprise de voir l'autorité de la parole d'un avcien chef conservateur servir d'ap,ui à une thèse libérale aussi avancée, Lors des débats sur la confédération, l'ex-ministre des financ saurait dit à ceux qui redoutaieut lus dépenses que devait entraîner le fonctionnement des différents gouvernements provinciaux :
& La soinme dé $1,200,000 doit êtr: suffi sante pour rencontrer toutes les dépeuses du gouvernement provincial de ‘Québec ; dépasser ce montant, svrait tomber dans l'ex:
travaganee.”
Tel est le sens absolu que l’hou. ‘léputé prète aux paroles de Sir AT. Galt, Mais il faudrut nier le progrès nécessaire toutes uos institutions, s'il falloit renfermer en d'aussi étroites limites les calculs de cet
Muis |
homme d'état, Sir A. f, Galt n'a pû parler aiusi, Le montant qu'il déterwinait en cettu occasion, ne pouvait s'appliquer qu'à la limite extrême du stricte nécessaire pour le fonctionnement dé nos institutions proviuciales,et sans égard aux sources de revenus que nous pourrions nous créer plus tard, Il établissait aussi par ce chiffre le montant du :ubaide fédéral qui devait nous étre payé et que noux recevons actuellement. Vouloir circonscrire les budjets {futurs de la province dans la limite de ces cniffres, serait nous condumuer à l’immo- | bilité.
| L'Honorable député s'est alarmé de l'ac- | croissement de nos dépenses depuis 1867 ; il en u conclu que nous allions fatalement à lu banqueroute, Le mot n'est pus plus juste qu'il n'est nouveau, Depuis vingt ans c'est la même prédiction qui ne me paraît pas encore en voie de se réaliser, On sait que la mesure de la prospérité d’un état, où d’une ville, se prouve souvent par l’accroissement de son budget, Prenons Montréal pour exemple, Celui qui en 1867 aurait prédit que le revenu de la grande ville serait porté en 1875 à a somme énorme de $1,600,000, celui-là aurait ét: traité de visionnaire et d’extravagant, si les hommes d'affaires de ce temps avuient jugé les choses comme le fait 2n ce momentl’honorable député de St. Hyacinthe, Montréal ne s’est pas appuuvrie ; les moins enthonsiastes disent même qu'elle est plus prospère que jamais, malgré que, dans cet intervalle de 1867 à 1875, elle ait élevé son budget de $705,000 à $1,600,000.
Notre province & Vu ses ressources 8’algmenter depuis la coufédéra'ion, et nous ne voyons pus porrquoi la proportion ne «e coutinuerait pas La seule méthode raison uuble pour déterminer le montant de nos dépenses doit être la limite que nous pouvons imposer aux tax s raisonnables que le peug1# doit s'attwndre à supporter, s'il tient à avoir les grandes améliorations qui fout la richesse publique. L'industrie, sus toutes ses formes, profite de ces améliorations et paie, jour les gains qu’elle y trouve, une redevance indirecte à l'Etat
Calculous, un moment le capital que représentent les quelques impôts contenus dans les résolutions que nous avons déjà adoptées et que nous serons encore appelés à voter, On ne dira pas que ces taxe aient produit de soulèvement; au contraire, ceux qui en sont chargés s'y soumettent de bonne grâce, L'augmeutation des toits de licences sor la vente des spiritueux nous donnera, jou suis certain, un surcroît de revenu de
$90,000 Les droits sur les ventes par enchère et les licences des encanteurs ne seraient pas portés à uu chiffre élevé en les augmentant le 830,000 sur, l’'aunés dernière. Tout près de 10.000 additiounelles seront préle vées pur
impôt de 10 cents sur chaque
echibit produit dans les,conre, Plus de, $35.. 000:aous proviendrons des draits,sur les, aa. surances, et 15,009 sur diverses sources nouvelles de revenu.
. Nous sommsea déjà arrivés à un. capital de près de trois millionade piastres, ce qui ast plus que auflisant ,pour équilibrer le Pudget de l'an prochain, en y compret:ant l'emprunt
nouveau, que. l'on devra faire, cette, année,
Ajoutons à osla: uue, imposition sur .,les institutions monétaires qui, us, que toute autre, devront, profiter. du , capital énorme qua la,.confection des chemins de fer, devra, disséminer,, dans vince, et nous arrivons facilement ;à,,calwerdesçraintes des esprits Jes plus, timides L'augmentation la :'reulation de ces immenses capitaux, devra. nécessaisement, produire de nouvelles, sources de revenus qui, repoussent loin de nous ce fantôme de la taxe directe que l'on invoque eu, vain. N’est-il pas, du reste, cons taté par:toutes les statistiques du monde que Von retrouve toujours, sous une forue on sous une autre, l'argent investi dans ces grandes entreprises de shemins de fer, par ie développement des ressources inexplaitées des localités, par le mouvement imprimé,au commerce et aux manufactures, par la, facilité. doanée à l'écoulement des produits,et par l'angmentatiou incalculeble ajoutée à la valeur des propriétés. Quelque soit, l'impôt qu'un gouvernement prélève, il faut toujours que cet impôt soit uue fraction quelsonque du capital en circulation. Augmentez la circulation de ce capital, et: vous augmentez nécessairement vos sources de revenus.
Maintenant, si ce nouveau capital! est attiré ici à des conditions très-avantagouses, le pays profitera nécessairement de lu, différence du taux de l'intérêt payé à L'étranger avec celui payé en moyrnu: dans la province,
Le crédit du gouvernement obtiendra sur les marchés étrangers de l'argent) à quatre ou cinq pour cent ; ce capital sera jeté ici dans la circulation, où il ne peut, valoir moins de huit pour,cent. pour les besoins du comrierce.et de l'industrie. Quelque soit le montant de la dettepublique et les intérêts annuels dont elle nous impose le paiement, nous serons toujours surs que la population gagnera tons les ans la différenoe entre le taux payé à Londres et la valeur produtive de cet argent utilisé dans le pay:. Si un gouvernement pouvait placer judicieüsement vingt million: dans Jes entreprises publiques, il paierait annuellement un million d'intérêt pour cet emprunt; mais si la population retire 8 p. 100 de cette somme, elle pourrait facilement 8e soumettre à l'obligation de payer une nouvelle taxe et faire encore un bénétice de 600,000 par année,
C'est en temps de crise que cette vérité saute AUX Yeux, et nous pensons aw'il y aurait moins de misère cette année ‘dans la
Provinee.de Québec, si naugavions eu, l’o6 casion..de. dépenser quelques millions en utiles améliorations publiques. : ,.
Fe nous parle # se our et de, dette pu comme sinous étions ne, exeption dans le monde. : Voudrait-en nous faire croira quejamais état ne s'esc risqué dans,des entreprises de,chemins de fer ? Je na. vou.
drais pas fatiguer, cette, h .norable chambre par de longues.statiatiques, mais que #'hon.
dépuiéde#t. Hyacinthe me permettre ,de lui saumettre quelques chiffres. Je choisirai mon premier exemple, dans la Répu.
pio-| blique-voisine dent l’hon, député est un des
fervents admirateurs, Que voit-on là-bes ?
Le Tenexsee, avec une population en 1870,
la richesse publique, par:| de 1,258,000 âmes, . avait une, dette de che-
mins de fer de trente-un millions : l'Alabama qui comptait la, même année 976,000, Ames, payait pour ses ohémins de fer, l'intérét d'uue dette de. treize. millions de piastres ; pendant ce temps-là, le, Massachusett avec une population, numériquement semblable a la natre 8e chargeait volontiers de {rencontrer l'échéance de $12,000,000, et la Géorgie, habitée par 1,184,000 âmes, 8’împosait pour maintenir, 8es voies ferrées une somme, qui dépassait quatre millions, Les autres états ne demeuraient pas en arrière.
Le Maryland avec ses 780 000 âmçs payait pour le même but patriotique au-delà de $13,000,000 ; la Pensylvanie trente-cinq millions, pour une population de trois millious, et le Missouri $20,701,000 pour une population de 1,701,286
Voyons maintenant si les états de, l’Europe, plus sages, plus éxpérimentés, sont arriérés gous ce rapport, Je n'ai pu me procurer que les statistiques de 1869 et ÿy vois que la dette des chemins de ter se comptait alors comme guit:
La Hoilande, à raison de $12.75 cents par tête de sa population. La Belgique comptait pour 819 par tête : l'Autriche $29.15 cts : la Russie $30.et la France n'avait pas cruiut de porter sa cupitation à $38, pout favoriser l'entrétinn de ses nombreuses et florissante; voies ferrées ; dette énorme, 8i vous le voulez, mais qui n’'empêcha pas la nation qui l'avait contractée, de payer quinze mois plus tard à l'Allemague une rançon de cinq milliards, sans craindre à la banquéroute,
tal à s'effrayer de l'augmentatiou de la. te publique, à raison de l’entreprise que ‘* gouvernement veut b»rendre suus ses charges ? Raisonnons franchement, et regardons en face ces gros chiffres que l’honora.
ble député de St. Hyacinthe nous présente comme un épouvantail :
Coût des chemins de Québec à
Montréal, de Montréal à Ayl-
mer ét d'Ay merau Portage du
Foft usure sussee sonevo ses + 99,800,000 Il faut déduire de cette somme
les octrois dont la caisse 8e
trouve déjà grévée. ....,,..,. $2,600,000 Ce qui nous laisse une balance de $7,200,000 Les municipalités ont souscrit
pour ces chemins...,.,.,.... $2,409,000 Laissant à :a Charge’de la pro:
VINOU ve. see coso co. P4,791,000 Les commissaires aurunt le droit
d’envrunter,en hypothéquant le
chemin lui-même, :ans gréver
16 province. ..,..........,., $83,000,000
Li reste donc comme dette nouvelle .. tesosossesoes se P1,791,000
Et, pour compenser cette addition à la dette actuelle, la province recouvre la propriété de 2,727,000 âcres de ses plus delles terrer octroyées pour la construction de ces chemirs. Ces ‘terres ont été estimées Lar tous ceux qui en connaissaient la valeur à trois piastres de l’acre et parmi ceux-là je puis citer l’hon. John Young, dont le témoignage ne sera pas sus.
pert aux houorables députés de la gauche.
Réduisons cette valeur à un tiers de l’estimatinu qu'on on a faite, ct donnons à ces terres une valeur de $1.00 l'âcre : la province 3e trouvera alors à rentrer en possession d’une valeur de plus du double €s la dette, dont elle aura surchargé sou budget.
L’hon. député de St. Hyacinthe trouvera faute à mou caicu!, en die” : que l'emprunt de “rois millions fait par les commiseaires
devrait s'ajouter à la dette de la province |
qui, après tout, en sera responsable,
Qu'il viuille bien remarquer que je ne fais qu'indiquer la surcharge du budget, au delà de ce que nous sc'umes tenus de payer actuellement pour des chemins qui ne nous appartiendraient pas, si nous les cussions laissés aux vompagnies Les créanciers de cette hypothèque d3 trois millions deviendfaient-ils les propriétaires de ces chemins, que la province n'aurait, après tout, avancé pour leur achèvement, que la somme déjà mentionnée de $1,791,000 :n r prenant les 2,727,000 âcres de terre qu'elle avait concédés à ces compagnies.
Voilà donc, après tout, À quoi se réduit l'octroi nouveau que le gouvernement donne, de fait, aux chemins de la rive nord
Que les honorables députés de :ette chan- |
bre, dont on a voulu exploiter la bonn: foi, en les faisant passer pour victimes d’une
politique de favoritisme, veuillent se ras- | | politiques coinmeé ali sent,
suret, Le gouvernement n'ajoute qu'une somme comparativement insiguifiaute à la dette publiqae, pour constiüire sur la rive nord une grande voie ferrée qni sera la propriété de toute la province. C'est un chainon du Pacifique disions-nous.Si lé commerce qu'il devra transporter répond dans l'euir aux espérances des promoteurs du grandi che:
min inter-océanique,l:s bénéfices en seront repartis surtoute la province indistinet. ut. Si
le gouvernement fédéral réalise les espérances que nous donnaient leurs amis de la gauche, au commencement de cette session, le subside que nous devrions attendre, tombérait dans la caisse publique, Que ce chemin, le plus impurtant anneau du Pacifique, entre l'Ouest et l’ntercolonial, soit plus tard acheté vu loué par le gouvernement iédéral, le prix de cet achat ou le revenu de ce loyer bénefiriera autant au sad qu'au nord du St, Laurent. Ce n’est pas se faire illusion que de compter sûrement sur la réalisation de cette prevision. Sans ce chemin de le rive nord, le Pacifique Canadien seraît incomplet pour la P'issance, puisqu'il manquerait de relier par la voie la plus courte les grands centres, Ottawa, Québec et Montréal. Et si noas voulons porter plus ‘oin nos regards ; dans l’évêénement, que nous ne désirons jas, mais qui pourrait arriver, d’une union plus compacte de la Confédération, les trois ou quatre millions de dotation à leurs chemius de fer resteraient la propriété des localités et des hommes entreprenants qui s'en seraient emparés, tandisque les sommes dépensées pour les chemins de fer de la rive nord rentreraient dans les coffres du trésor général de la Puissance.
Maigré cela, cependant, je dois a-ouer sincèr-ment que j'aurais voulu voir le gouvernement venir en aide aux compagnies de chemin de fer que l'esprit d'entre prise de nos amis dés Cantons de l'Est ont foit surgir dé partout. Je rcjette loin de moi !es idées mésquiner de localités, lorsqu'il s'agit d'entreprise publique. Des considéretions plus élevées doivent animer l'esprit du législateur.
Je ne voudrais pas plus accuser de favori.
tisme, les gouvernements qui depuis vingt cinq ans ont fait pèser sur les populations du nord du fleuve la dette de vingt millions contractée pour la construction du Grand… Tronc, qui a créé les cantons de l'Est, que je ne voudrais voir accuser le gouvernement actuel de faire du favoritisme, en faveur @es comtés de la rive Nord, avec la grande mesure dont il s’est chargé aujourd'hti. Je regrette de voir que le nouveau chef de l'opposition dans cette chambre"ait soulevé ces préjugés par sa motion (C'est un mouvement qui n'es pas à la hauterr du rôle qu'une opposition loyale est appelée à ‘nuer en parlemént. Les préjugés de localit se soulèvent déjà trop facilement d'eux-mêmes pour qu'on vienné leur donner les passions Malheureusemeni, le mal est déjà fait, et il faut s'en dé. fendr:, Dans la presse et dans cette chambre, on « entendu dés jlaintes ; on a fuit des camparaisons qu'on veut rendre odieuses aux yeux des populations des Cantous de
| l'Est,
Le honorablus dépatés de Dorchéster et du C'ompion est epondu à Pappel dit déonté
dd: St, Hyacinthe, is ke sont tait andre.
ment qu’on oubliait leurs comtés daus la ré.
partitien des octrois publics. Encore une fois, je n’ ime pas ces calculs étroits de localités ; pourtant, comptons donc ensemble, puisqu'il le faut.
En soustrayant des $9,800,000 que couteront les chemins de la rive Nord, le montant des bonus municipaux, soit $2,409,000, et le $3,000,° 20 que l’on empruntera sar ces chemins, il reste une somme de $4,391,000 (Sans compter les octrois de terre que la province reprend) à tiviser entre les vingt-cinq comtés du Nr,d, ce qui leur donne a chacun une part d'à peu près $175,000.
Je ne veux pas mettre en ligne de compte les $8.000,000 qur les Cantons de l'Est et les comtés e la rive Eud ont reques pour leur part, par «a construction du Grand-Tronc, ce que pourtant, nous, gens du Nord, nors pourrinns opposer à leurs prétentions. Je ne parlerai que de l'octroi p ovincial. Les com. tés de Lévis, de Dorchester, de Beauce, de Mégentic et de Compton qui se plaignent le le plus, sont traversés par trois chemins qui regoivent ensemble un subside de $1,080,000 ; Lévis et Kenébec $360,000, Québec central | $400,000 cet l'International $320,000.00 Cela doane pour chacu', äe ces cinq comtés la jolie somme de $218,000 ! Et ce montant leur est donné en pur don, sans que la pro-| vince n’y puic-e rien prétendre, tandis que les 5176,000 de chacun des comtés du Nord | sont dépeusées pour un ouvrage qui devient la propriété de la Province.
Continuons un peu cette comparaison et voyons si l'honorable chef de l'opposition avait bien compté, en souievant les préjugés du Sud. S’il veut que l'on divise le reyenu de la Province par sections territoriales, pourquoi, par le même principe ne pas | prendre pour base la proportion du re- | venu que fournit chaque section ? La rive nord du St Laurent et de l’Ottawx donvent un revenu, pour les terres et les bois de 442,292 ; le sud contribue à ce revenu pour une somme de $84,366, et qu’on n’aille pas dire que c’est ia forêt qui donne ce revenu, car je répondrai à cela que c'es elle qui le produit et que c’est le marchand d'Ottawa, de Montréal, de Trois-Rivières et de Québec, qui le Laye. Le revenu nouveau qui nous permettra de payer l’augmentation de uotre dette, cette année, proviendra surtout les licences. Cette source de revenu, !
se partageait l'an dernier, comine suit : le Nord payait au Trésor $142,601, tandis que la quote-part du Sud n'était que de 25,592
Encore une fois M. l'Orateur, où sont ies maltraités ?
Véux-t-on, maintenant, que l'on compte | d’après la population ? Celle des comtés du | Nord n'excède t-elle pas la pupulation du, Sud d'au-delh d'un dixième? Et si l’on me dit que les srandes villes de Moatréal ct de Québec ferment une large proportion de cette population, je répondrai qu'elles ont bien
te
droit de plaider pour les comtés du Nord dans la cause que nous discutons, puisque chacune d’eiles s’est, génireusement imposé une charge d’un million de piastres pour ai:
der à l’état, dans cette graade entrepreprise,
Mais pourquoi ces calculs ? Y.a-t-1l quelqu'un dans cette chambre quin’ait pas de sympathies pour la nosition dans laquelle 5e trouvent placées les compagnie de chemin de fer du Sud ? Pour ma part, M. l’Orateur, je voudrais que le gonvernement puisse leur venir en aide, et je pourrais même ajouter que je ne suis pas lé moins intéressé au suc. cès «le ces entreprises, Mais au moment où le gouvernement vient nous dire franche.
ment que la limite de nos ressources est atteinte par les charges que nous sommes obligés de nous imposer par 12 construction du grand chemin de ir provincial ; je crois qu’ii est du devoir de tout bon patricte de respecter cette déclaration. “ Scngeons, comme le disait ei bien l’on. député de Charlevoix, que notre comté est dans la province et non pas la province dans notre :omté.” Ne faisons pas de ce beau St Laurent une ligce de démurcation entre deux partis acharnée l’un contre l’autre ; mais qu'il reste plutôt selon les décrets de la Province, un lien puissant entre les populatiors de ses deux iives, que icurs intérêts viennent s'y corfondre et leurs dissentions s'y éteindre et s’y noyer à jamais.
Les fortes populations des cantons de l'Est se sont développées avec une rapidité étonnante tout le long de la frontière américaine. Leur loyauté proverbiale en a fait un rampart imprenable contre les empiétements de
: l’américanisme, ét elles ont trop de vitalité,
rour que la crise passagère dont elles souf.
frent aujourd’hui, puisse leur faire crainure la ruiue, L'activité de leur commerce a
| déjà couvert cer contrées de tout un réseau de chemin; de fer.
Ces entreprises peuvent être gênées momentanément, mais le succès de leur avenir n'en est pas moins certain
S'il est une ligne, entre toutes, que j'au.
1.48 voulu voir cette année profiter encore de la libéralité du gouvernement, c'est bien celle de Lévis et Kennebec. Maïs pour elle aussi 'e succès certain ne peut pas être mis en doute ; ce n’est qu’une question de temps très-rapproché.
J’entendais, véudredi, le gouvernemeit nous dire, par son organe en cette Chambre,
| que le courant du commerce de l’ouest une
fois entraîné sur la voie de n:tre Grand-Tronc du Nord.ss creuserait un lit lui:même,un dé-
| bouché Jà où la pente des affaires l’attirerait, Let qu'un aveuir assez rapproché verrait des
modifications considérabies dans la position de certains chemins comptés atjourd'hui comme routi s d'un intérét secondaire,
Pour celui qui veut se faire l’observaten:
un peu attentif des événements que Ia natur des lieux et la force même des choses de.
vront déterminer il west pas difficile du pé-
Be ve
aétrer le. voile, dont l’hon. Sol. Gén. n’a voulu discrètement soulever qu’un coin l’autrerjour, f fe
En dépit des efforts que l'on fait por réspudre, le probléme, dé la navigation d'hiver dausile St; Lautent, ii n’y a pas à 8e cacher que pendant aix, mois de l'année, Qnébéc est fermé au:comiMerce comme port de mer, Pendant sette lougne période de temps, croiton:que le commerce rester4 engourdi £omine nos Champs : sous .les neiges ? ‘Ne sait-oh pas ;au,.contraire, que pendant la saison de l'hiverles inépuisables greniers de l'Ouest gontinuent. à se vider port aller ‘aliménter les marchés européens? Qué l'on consulte des: rapports jourdaliers dés trains qui 'traversent le Pont Victoria, dans cette saison, ét Von: verra: que les lisaes ont peinëà se refroidir du passage d'un train à celui d'un autre. Je neærois rien hasarder en’ affir-
manque de surcroît de frêt que le cheraïn |
de Montréal à:Ottawa seul amènera à Mont- ‘réal rendracette voie du Pônt Victoria où malheureusement deux trains né peuvent se rencontrez, rendra, dis-je, cette voie insuffigante p.ur l’activité du commerce,
, Que sera-ce donc quand le commerce dé la capitale aura doubld par la construction des liguesqui:se préparent à la mettre én communication plus directe avec l'Ouest d’On- :tario et des Etats-Unis ? Que sera-ce quand le Canada, Central ou la partie subventionnée du. Pacifique déversera, dans le grand che.
min Frovincial qui nous occupe, les flots du commerce que le Facifique Nord Amérirain lui-même jettera sur cette voie ? Je ‘ne parle que d’un avenir très rapproché; les chiffres seraient décuplés avec !a nerspective du Pacifique Cauadien,
Quand la route du St. Laurent lui sera fermé à Montréal er à Québec, le commerce 82 cherchera naturell ment un chemin vers l'O, éan, et uù le trouvera-t-il ? À Montréal comm à Québec, le Grand-Tronc s'offre auttrafic avec ses deux voiés de Portland et de la Rivière du Louv. Le sentiment dé son intérêt, l'attrait des bénéfices l'emporteräitil, dans le jugement de cette puissante compagnie sur l'esprit d'antagouisme violent qu'elle manifestc actuellement vis-à-vis notre, entrepri e provinciale ? Nous n'en savons vien mais il nous faut à tout! 6vèns.
ment, être préparés pour les 6ventualités'les plus adverses, Aussi ce n’est pas sans une vive satisfaction que nous voyons l'organisation d'uue compagnie vigoureuse qui promet d'empf:her un monopol”, qui pourrait d'venir désastreux pour notre grand chemia provincial, , Les avantage: que le gouvernemrnt offie par sa mesure à la Com agnie de Montréal, Boston et Portland ét au South Eastern nous sauvent de ce aanger!, A Québec, nous nous trouvons encore à la merci du Grand-Tionc, si nous n'avons pas une protection comme celle dont js viens de parler pour Montréal. Il est vrai, que le
gouvernement d1 Canada, en prévision. de la construction de l'Zntercolonial s'est réservé dans la’ charte’qu'ila octroyée..au: Grand. Tronc, ou dans un acte subséquent, le privilége dé’transit,. hé running, contract, !!:sur partie ‘du ‘chemin qui. :#étend de. la Painté Lévis à la Rivièreidu; Loup; ,L'achèvemént'provhäain'G@e:la ligne entière de l’Zntercolomial: dela Rivière du: Loup à St,; Jean d'Halifax devra’ forcer le Gouvernement, Fédéral à demander: l’exercice:de ce privilége si Pon’ veut que l{ntereolonial profite un peu du trafic quelés roles derxvommunicatiau autres que le Grand: Tronc apportent à Québec.
Le commissaire abtuel.de l'/ntercolonialdeyra mettre autant de aèle àreclemer ceiprivilége que’ le Président de ia Coinpagnie,: M.Potter, mettra bién sûiement d'andeur..à le refuser st cela‘ doit contrecarrér/les : vues de son anvien employé, devenu! depuis quelque.temps son plus violent détracteur. :
Mais, en‘adméttant que. ce point litigieux soit réglé daus le sens des ‘intérêis fédéraux contre le mauvais:vsuloir possible du Graud- Tronc, il reste deuxobjections »capitales à cetté voiäide l'Intercolonial| pour. le ;commerce que l'Ouestinous enverrait. par le chemin dé la rive Nord : ia distance Gu transit, augmentant le coût du ‘transport à l'Océan, et la: difficulté du service deicette route pendant l'hiver. A part les (besoins du commeros des Provinces n aritimes avec Québecet Ontario, le gros iu coimerce dvstiné à la navigation océanique, qui partirait de Québec, trouveroit uné route pluë économique, en, rebroussanÿ chemin, jusqu’à Richmond, poar,.prendie la voie de Portland, où de Boston, qu'en pre nant le chemin:de l/ntercolonial ; et encore faudrait-il subir les: conditions du Grand- Tronc qui refuse actuellement, tout arrangement deitransporç avec les lignes américaines'au sud de Sherbiaoke:
Mais 6n supposant que la voie. de l’Tntercolonial ne serait pas plus'«couteuse, seraitelle sûre ‘et wxpéditive pour, le. commerce pendant les rudes mois de l'hiver? J'en doute fort, si l’on peut en juger par ce, qui s’est produit:chaque hiver sur la route : à l'Est de la Pointe.Lévis, et sur les sections ,de l’Intercolonial ouvertes l'hiver: dernier, Où donc va 8e j'orter le courant du commerce peudant ees six mo 8 d' blocus ? Ecoutegs; le cri strident d'une locomotive se fait entendre sur les hauteurs de Lévis. Est-ce un de ces trains immenses et lourds que le Gran-Tronc noustamène chaque matin de Portland, Moutréal'et ide l'Ouest? Non ; sa voix 66 plus vive et dénote une allure plus dégagée. , Il y a de la jennesse, dela vivacité, de l’espérance dans ce cri joyeux qui:vous appelle spr.ce cap élevé, Moutez-vite, car l'heure du départ a sonné; jet: l'engins'agite frémissant, AÙ abvard'! Nous voilà luncés.à toute vapeur dans une route qui traverse les comtés les plus riches da notre Province. Maisons, clochars, rivières, tout fuit derrière nous ; les
tn eus
bois commencent à s’épaissir ; l'horizon te rembrunit, et vous apercevez devant vous la trace régulière d’une route dont vous nous demandez l'issue, Jetez les yeux sur la carte de Québec. 135 milles plus près qu'Halifax, 65 milles épargnés sur la route de Québec à Portland ; une révolution complète dans le transport du commerce à l'Octan ; les terres les mieux Loisées de la Province ou”ertes à une exploitation féconde ; la colonisation appelant des milliers de bras au travail et àla richesse; l’industrie sous toutes ses formes créée, développée et rendue florissante dans une des plus vastes ét dés plus belles vallées du pays, voilà en trois mots l’histoire du présent et l'histoire de l'avenir du chemin de Lévis à Kennebec.
Entreprise nationale s’il en fut une ; entreprise destinée à grandir, vigoureuse et belle comme tout ce qui prend racine dans la foi et le sacrifice.
En parlant de cette entreprise je ne puis m'empêcher de rendre hommage à celui qui à force de persévérance, de travail, de fatigves, d'efforts inouïs, inconnus de tous excepté du petit nombre de ceux qui ontpu le voir à l’œuvre, et cela presque 8ans ressour. ues lorsque d’autres avaient des millions, celui dis-je qui à prine aidé par une popula. tiou -qui n’a pas encore eu le temps d’apprendre la grandecr du bienfait dont on la dotait a pu donner un tel essor à une œuvre qui promet tant
J'entends dire que ce témoignage eat bien stérile, s'il ne se traduit par une action généreuse envers l’œuvre à laquelle il s'adresse, Si le chemin de Lévis ei Kennébec est aussi important, aussi uécesr-ire, aussi national, pourquoi me, dira-t-on, ne pas le doter royalement comme la grande route provinciale dont il doit éêtrs la continuation ?
nement ne 8e trouve pus en mesure de venir er. aide à ces chemins, Il n’y a pas cependant à se plaindre, Ontario dont on vente la tibéralité en ce sens, n’a pas doté aussi généreusement les compagnies de chemins de fer haut-canadiennes,
Mais s’il est ïnè compagnie qui doit profiter de la cou:truction du chemin de la rive
et les capitatistes anglais qui l'ont protégée |
jusqu’aujourd hui seraient bien aveugles, s'ils l'abandcnnaïent à la veille du jour où
| tion exagérée.
La politique, comme la guerre, opère ar fois d'étranges rapprochements | Qui se serait douté que le Grand-Tronc, cette bête noire des luttes électorales de 1857, 1861 et 1863 serait aujourd’hui l’objet des égards de ces farouches libéraux qui furent si longtemps sesadversaires et ses détracteurs.
A commoncer par les hone. député de Lotbinière, de St. Hyacinthe, et de St, Jean, pas un na marqué à l'appel que faisait le Grand-Tronc à tous les advursaires du chemin de la rive Nord. Je me rappelle. pourtant, j'en étais alors à mes premières arèñes politiques, j'entendais dans les environs de St. Hyacinthe les amis de l’hon, député de ce comté fulminer les plus terribles ana.
thèmes contre cet ‘ennemi du Bas-Canada, la compagnie du Grand-Tronc. Nous qui disions que cette voie ferrée tout coûtuuse qu'elle était devait ouvrir et enrichir la plus belle partie (u pays, nous passio"s alors pour des veudus et des corrupteurs. Comment se fait-il qu’une transition aussi subite se soit opérée dans le prit de ces hommes qni protègent aujourd'hui ce qu’ils voulaient détruire alors. Pour notre part, nous n'avons pas changé. Je croyais a cette époque, que les chemiris de fer seraieut la richesse de not. > pays ; je le crois encore. Malgré ce qu’en disaient alors les honorubles députés de st. Jean et de St, Hyacinthe j'ai raison d'assurer que les denx petites villes qu'ils représencent ont surgi des hemins de fer ; sans eux la ville de St. Hyacinthe n’aurait pas l'honneur d’exvoyer à l’Assemblée
| Législative un homme pour qui le porte.
feuille de la finance ne paraît pas une ambi- Ecoutez ! écoutez 1)
Ce serait abuser dutemps et de la patience cette honorable chambre que ‘’entrepren-
| dre ln tâche de faire voir les contradictions Je l'ai déjà dit, je regrette que le gouver- |
de l’hon député de St Hyacinthe et de ses amis, comme ce serait répêter une chose que tout le monde connait que :le rappeler l'opposition systématique et anti-uationalle faite par le parti libéral à tons les grands mouvemeuts de progrès qui se sont accomplis depuis vings ans. L'our à tour, le Grand tronc, la décentralisation judiciaire, ia Confédéra-
| tion, a ‘qisitioà du Nord-nuest,la coustrac- Nord, c’est bien cuile du Lévis à Kennebec ; |
tion du Pacifique, ont été l’objet de ces plus violentes attaques, Pour chacune de ces
| grandes étapes dans la marche de notre na-
elledeviendra importante etrémunéresive, La |
bonne volonté du gourernement à son égard, doit être une garantie de ses bonnes dispositions à l'avenir, et cela vaut bien quelque chose pour les hommes d’affaires qui calculent et voient de loin.
Je sais, M. l'Orateur, que j'ai déjà trop
abusé de ’indulgence de cette chambre ;
pourtant je ne voulais pas reprendre moa |
jaAvénir,
siège, avant ‘avoir dit un mot sur la posi- |
tion aggreseive que la compagnie du Grand.
Fr nc se cru devoir prendre is-A-vis le gouvernement de cette province
tion, l: parti libéral à fait 'es prédictions les plus sinistres pour notre avuuir et cet devenu le présent, në nous montre pas moins aujourd'hui uu pays tout a fait prospère, avec un commerce d 8 plus florissants, un: marine qui tient la quatrième place parmi les grands évats du monde, et un Budget qui sans fatigu-r le pays, atteint bintôt ses $25,000,000.
Nous parlions il y à un instant, M l'Orateur, des menaces que nou* à faites M. Eotter, Pour ceux qui ont lu l'histoire ue, notre provinc, cette atiiu l:
du Grand tronc doit paraitre bien se
Pour ma part, je ne crois pas me servir d’une expression trop forte en disant que c’est Île l’ingratitude. Après nous avoir supplié, dans ce qu’elle appelait sa détressé, cet: compaguie deyente puiss nte, e surtout à bontés se montre tout à coup furieuse et menaçante, Sa conduite me remet en l'esprit cetie fable du bon Lafontaine, ‘La lice et sa compagne.” Après avoir raconté les égards que la lice avait eus pour celle de qui elle reclamait la ion dugite qu'elle lui avait prêté, le fabuliste nous apprend que,
La lice cette fois montre les dents, et cit:
Je suis prête à sortir avec!tc ite ma bande Si vous:pouvez nous mettre dehors :
Les enfants étaient déjà forts.
N'est-ce pas là tout à fait l'attitude de la crmpagnie du Grand Tronc sur le marché de Londres où les vingt-cinq millions, cadeau de notre province, lui ont fait une position redoutable dont elle se sert pour faire la guerre à notre crédit.Cette conduite déloyalé ae nous donne-t-elle pas le droit de nous repentir de notre libéralité et de nous appliquer la morale que le poëte, mettait à la fin de la favle que je viens de citer.
Ce qu’on donne aux méchants toujours on [le regrette]
Pour tirer d'eux ce qu'on leur prête
11 faut que l’on en vienne aux coups ;
Il faut plaider, il faut combattre
Laissez leur prendre un pied chez vous,
Ils en auront bientô: p.is quatre.
Dans sa requête qui ne serait q*e prétentieuse si elle n’était pas aussi menaçante, M. Potter accuse le gouvernement de notre Province de manquer à la bonne foi en entreprenant la construction du chemin de la rive Nord, dans lequel il entrevoit un rival for midable, “ Le prospectus avec lequel on lança originairement cette entreprise sur le marché angiais, nous dit M, Potter, ‘ contenait une quesi garantie qu'aucune compétition ne serait à craindre pour cette ligne ?” M. Potter oublie que ce prospectus fut préparé en Angleterre, par des directeurs anglais et sans l'approbation ni la connivence du gouvernement canadien. Peut-il sériusement prétendre que ce prospectus puisse lier lé gouvernement provinciul à une dis.
tance de plus de vingt ans lorsque le pays a subiune transformation presque complète ? | Le Grand-Trouc aurait-il affermé notre Province pour en faire l'exploitation? Une :
telle prétention est plus qu'exagérée ; elle | est i.sensée, Et depuis quand a t-elle pris naissauce ? Est-ce que le Grand-Tronc a fait aucune remontrance lorsqu'en 1869 les!
chemins de la rive Nord, ont comme cé à:
se constituer avec des chartes régulières :
dans notre province aussi bien qu'à la:
chambre de communes cette grande ques tion constitutionnelle de In bonne foi ds traités valu bos ui
avait quelqu
quoi ñe la faisait-il pas valoir par ses nombreux amis aux Communes du Canada, lorsquil venait demander un amendement à sa Charte en même temps que. le Montréal, Ottawa vt Occidental se faisait, incorporer par arlement ? \ da . Potter, vos grands airs ne sont
ce
n pas e mise ici: vosrécriminations. eb vos ausses représentations ont pu, tromper un moment le public toujours crédule des : capitaiistes intéressés, mais tout cela ne tiendra plus devant la sécurité qu'offrira aux banquiers anglais l’action énergique de notre législature M. Potter voudiait éveiller. la sympathie en calculant les sacrifices énormes que le Grand-Tronc a faits. Il nous donne à entendre.que le gouvernement sera la cause de la perte de plusienrs millions de louis par son action dans cette circonstance, ‘ lorsqu'il sait très-bien que les trois quarts au moins du stock Au Grand-Tronc actuelle.
ment sur le marché, :eprésentent des opérations ruineuses auxquelles lé Canada et ses gouvernements ont été complètement étrangers. J'ai sous les yeux un ouvrage (Eighty years progress) qui contivnt d’intéressantes révélations à ce sujet. L'auteur d'un article sur les chemins de fer disait : “ Le système d’après lequel le Grand Tronc aëté construit n’était ni honnête, ni raisonnable, On a procédé à l'inverse de ce qui se pratique dans les compagnies bien conduites O’ext en vain que des ponts tubulaires magnifiques et de belles stations en pierre de taille nous sont montrés comme des preuves de supériorité.
quand ce qui est essentiel dans le chemin, la voie elle-même qui doit rapporter des bénéfices, est défectueuse au double point de vue du tracéet de sa construction,”
L'auteur fait voir les erreurs grossières dans lesquelles o” est tombé en construisant ce chemin et en l’admiuistrant, erreurs qui turent souveni signalées en Canada où l’on était novice en fait de chemins de fer tandis que on les ignoraii où feignait de les ignoier en Angl terre, avec toute l’expérience que les hommes de ce pays devaient nosséder en cette matière, es salaires exhorbitants des officiers supérieurs, les depenses absurdes des agents de la Compagnie qui venaient en Canada avec un train de priuce préparer des rapports fastueux sur l’état des affaires, ont plus fait pour amener la -uine de l’entreprise que toute :a compétition ordinaire qu'on aurait pu lui susciter.
« Tous ceux qui veulent verser une larme sur les malheureux porteurs de bons anglais du Grand-Tronc, devraient en verser ciiq pour sescréanciers canadiens, ‘’ nous dit un homme dont l'opinion ne sera pas sus ecte pour lesdépuiés de la gauche, M. T.Ss.
Brown. ‘ Après avoir placé dans cette encreprise environ 10 millions, ces actionuuires se sont trouvés tout à coup en bossr-sion me, proprièté valaut plus
réuis faire
mettre à l'abri de toutes procédures légales, à l'encontre de toutes les lois ordinaires du pays.’.... ‘On. nous parl: sou.
vent des obligations. morales de cette province envers la :ompagnie du Grard- Tronc. Nos obligetions morales ont été fidèlement et. honorablement remplies, L'imoralité a 6t6 chez eux. Nous n'avons
coupables ‘que d’une trop grande libéralité ernous, réadant à tous les'caprices de la compsgaie que l’on 4 traitée en enfant gâté, Si noue avions (té plus séyères pour elle, nous l’aurions forcée à des habitudes d’écono mie, qui lui aurait permis de se suffire à elle-même.”
Æn remontant jusqu'à 1861,on trouve dans le rapport, d'une commission nommée pour s’enquérir des affaires du Grand- Tronc, rapport signé par, M. Langton et J.. L. Grant, la censure la plus sévère de l'administration des affaires de cette compagnie relativement à la méthode qu'elle avait dès lors adoptée pour le transport en transit des produits de l’ouest. ‘ La ligne de conduite de la compagnie à cet égard, nous paraît, dit ce rapport, être fautive et si désastreuse aux iatérêts du chemin que nous u’hésitons pas à la signaler après y avoir donné la plus minutieuse ttention. ”....
“ En convoitant le grand commerce de l’ouest qui grossit l'apparence du trafic et détourne son attention d'un commerce plus légitime et plus à sa portée sans aucun profit correspondant, le Grand-Tronc a même essayé de battre les autres lignes par ses offres ; ”” et le r ppo.t cite une fouie de cas, où les taux chargés jar le Grand.Tronc pour le commerce venant de Détroit ou de Chicago, pour se rendre à Boston ne suffisait pas à payer les frais seuls de ses employés pour ce commerce, Je n’ai pas été surpris de ces détails qui sont une censure si méritée. Je l'avais entendu déjà, viugt fois dans la bouche de nos marchands qui se plaignaient de l'abandon complet que l’on faisait du trafic local par le trafic de transit qui ruinait la compagnie, tout en alléchant le marché monétaire à Loudres par les grandes proportions du commerce de cette voie ferrée. Moi honorable ami le député de Montréal-Centre ne disait, aujourd'hui méme, que ce n’était pas chose étonnante alors que de payer plus cher pour transporter un quart de farine de Toronto à Montréal, que de Chicago à Montréal. Un avoir payé sur le taux de trente cinq
ceuts par cent livres pour des peaux crues |
‘de Chicago à Québec, tandis que le même
marchand de Québec me disait |
meilleure autorité sur ce point ; le témoignage d’un homme qui, plus que tout autre de.
vait connaître les vices du système, La lettre dé l’ancien, directeur de ce chémin, C. J.
Brydges publiée dans toute la pressé en juil. let dernier, 4 dû ouvrir les yeux d’un incrèdule, Ne prouve-il pas, par des chiffres irréfutables, que lés profits actuels du Grand. Tronc seraient plus que suffisants pour payer un intérêt raisonnable sur les cupitaux Een dépensés dans cette entreprise.
n dernier mot, M. l'Orateur, ét je reprends mon siége. Je demande pardon à cette honorable Chambre d’avoir si longtemps fatigué sa patience, J'aurais besoin d’excuses bien motivées pour vous décider à m'absoudre, et je n’en trouve qu'une que je vous offre avec confiance : c'est la conviction profonde et sincère qui m'animé en plaidant cette cause des chemins de fer, la cause par excellence de la Province de Québec, en ce moment. Les premiers mots que j'ai prononcés dans cette enceinte l'ont été en faveur de cette question vitale de notre poli tique ; j'ai toujours cru aux chemins de fer non seulement comme source de 1ichesse matéiielle pour un pays mais aussi comme agents civilisateurs puissants.
“ La teudance civilisatrice de la locomotive, dit M. Kuefer, dans son essai sur la philosophie des chemins de fer est une des anomalies modernes qui, quelqu’explicable qu’elle puisse paraître à quelques-uns, est néanmoins si heureusement manifestée aux yeux de tous qu’on ne doute pas plus de sa réalité que de l’action de la vapeur, quoiqne sa substance soit invisible et que ses voies secrètes soient inconnues à l’homme, La pauvreté, l’indifférençe, la fanatisme ou la jalousie des croyances et des nationalitées, les dissentions locales on politiques, la démogagie, peuvent étouffer ou neutraliser l'influence des efforts des uieux intentionné d'un système d'éducation, :vais la puissance invisible qui a lutté avec succès contre les éléments matériels, surmont :ra sûrement les préjugés et la routine de l'esprit populaire. Elle ne demande aucune coopération, elle n'attend aucuue raison favorable, mais avec | une assiduité inquiète, bruyante, tonnante, | elle tient éveillé un esprit constant de re- | cherche et de comparaison. En même temps quelie survient aux besoins matériels, tout | en aiguillonnant l'appât d'un gain légitime | dans les masses, celle porte insciemment, mais irrésistivlement les citoyens à une | union plus intime avec leurs semblables,” |. Quel vaste champ que la Confédéra ion, | pour cette noble semence dont les fruits sont
fret, venant de Montréal, luisvait couté qua- la transformation matériell: et morale d'un
rante cents. Le louage de lignes américaines | Peuple
par le Grand Tronc, pour faciiiter ce commeice de transit a encore été une des opérations ruineuses qu'on retrouve: chaque pas dans ‘histoire du Grand Tronc
Mais n'avor
iS-nuus pas eu deruidr
J'ai uommé la Confédération, M.
| l'Orateur ; ce mot me suggère une des consi- | déracions Les plus élevées qui doivent nous {guider dans la politiqne que nous
d'adopter au jut d
nous proh iins d
pPyusons f.
ur 162
. Les hommes d'Etat qui nous ont donné la Confédération ont pourvu aux changements dans la, représentation que l'accroissement dela population rerdrait plus tard nécessaires. la rapidité du progrès dans l'augmentation de le Lu déterminera en grande mesure la prépondérance future des provinces dans la Oonfédrration, La vitalité des populations bas-canadiennes, l'immense étendue de notre territoire qui dépasse de beaucoup celui d'Ontario, la supériorité de notre, vosition.commercisle, avec nutre navi-
pour nous. Les gouvernements sacrifient des millions pour se créer des comptoirs, établir des stations navales qui augmentent leur puissance et leur influence au mi'ieu des nations, Le peuple bas-canadien reculerait-il devant 16 sacrifice que le gouvernement lui demande aujourd'hui lorsque l'exécution des que travaux qu'il projete peut Jui assurer n8 l’avenir,sinon la prépondérance absolue du moins un influence considérable sur les déstinées de la Puissance. L'économie mal entendue perd les péuples comme les indius.
gation océsnique intérieure, ont fait prédire | vid
à notre grand patriote bas-canadien, fea Sir Georges Etienne Cartier, qu'avant-un demisiècle la Province de Québuc aurait la prépoudérance dans la représentation nationale.
Nous devons tous avoir à cœur de réaliser cette prédiction. Notre orgueil national doit s'émouvoir lorsqu'il s'agit de. trouver le moyen d'obtenir un résultat aussi glorieux
N’allons pas tomber dans ‘une erreur qui pourrait être irréparable pour nous. Au contraire, montrons-’ ous par nutré esprit de progrès les émules de nos entreprenants voisins Montrons-nous soucieux de notre avenir ét préparons notre grandeur natio-
nalë, Québec, 14 décembre 1876.