LA QUESTION UNIVERSITAIRE
Ce que dit un vieux docteur.
Un reporter de la Presse a eu aujourd'hui un colloque avec un vieux docteur ci-devant de la faculté de Victoria au sujet de la question universitaire. L'entrevue peut se résumer comme suit :
Nous sommes informés de bonne source (1) que la
(1) Non, votre source n'est pas bonne. Généralement, toute source qui se cache, dans les marais fangeux ou dans les broussailles obscures, n'est pas une source limpide.
mission de M. le Vice-Recteur Proulx a pour but de compléter l'union universitaire. On se le rappelle, après l'adoption de l'acte d'union des deux facultés médicales Françaises de Montréal, Laval de Québec a envoyé un délégué à Rome afin de mettre la dernière main aux détails de l'union décrétée par la législature de Québec (1). On considère comme amoindrie la scission de la branche de Montréal du corps principal qui est à Québec. (2)
Pie IX a donné à Laval un protectorat, celui de l'épiscopat de toute la Province. L'acte de 1891 a dénoncé (3) ce protectorat. Il importe de revenir à l'état de choses décrété par le pape Pie IX.
De plus, Laval déclare à Rome qu'elle est prête à donner son diplôme aux élèves de Montréal, mais à la condition très équitable de diriger leurs études. (4)
Quant à la position financière de la Succursale de Montréal, elle n'est pas rose. L'Archevêque de Montréal et ses suffragants ont fait savoir à la Succursale qu'elle ne devrait, à l'avenir, compter que sur les revenus des cours pour se faire des émoluments (5).
(1) Ce délégué n'a jamais été connu du public.
(2) Galimatias.
(3) Mot qui n'est certainement pas propre : autant de ruisseaux d'une source qui n'est pas claire.
(4) Pour un vieux docteur ci-devant de la faculté de Victoria, il en connaît plus long sur ce sujet que le Vice-Recteur de l'Université à Montréal.
(5) La position est encore plus rose et surtout plus dorée que quand l'administration de Québec payait les professeurs de la faculté de Montréal.
Laval de Québec se déclare prête à donner à Montréal pleine justice sous le triple rapport religieux, scientifique et financier. (1)
Ces dispositions sont indispensables à l'unité de l'enseignement universitaire catholique en cette province. (2)
D'un autre côté, un syndicat financier est en voie de formation dans le but de rendre la faculté médicale de Montréal absolument indépendante (3). MM. les Drs Hingston et Rottot sont à la tête de ce projet (4). Ils s'adresseront à la Législature pour obtenir amples pouvoirs. Il se passera encore plusieurs mois avant qu'une solution satisfaisante ne soit obtenue. Pendant ce temps le mécontentement règne dans tous les rangs. La Succursale de Montréal marche dans une atmosphère de malaise. Une vingtaine d'élèves, mécontents de cette situation, suivent les cours de McGill ou du Bishop en attendant les événements. (5)
(1) C'est un vieux de ViHoria qui dit cela ! — Pendant douze ans Laval de Québec a montré ce qu'il pouvait faire à Montréal : il n'y a pas besoin de nouvelles déclarations.
(2) Et c'est un vieux de Victoria qui dit cela !! Citoyen d'Arcadie, mon ami, cachez le bout de votre oreille.
(3) Deux fois inexact. Le syndicat financier n'est pas pour U Faculté de Médecine ; il ne vise aucunement à l'indépendance.
(4) Le correspondant connaît mieux que cela ; probablement il veut soulever des préjugés chez ceux qui ignorent le véritable état de la question.
(5) Quant au mécontentement, au malaise, à la désertion des élèves, le faux vieux prend ses désirs pour des réalités.