‹ Question universitaire de Montréal (volume 3)Chapitre 2 sur 147 · PREFET DE LA SACREE CONGREGATION DE LA PROPACANDE · texte numérisé non relu

PREFET DE LA SACREE CONGREGATION DE LA PROPACANDE

Kome, 30 juin 1890.

Eminentissime Seigneur,

J'ai l'honneur de soumettre à l'examen de Votre Eminence cette brochure, dans laquelle je publie un certain nombre de documents qui se rapportent à la questiou universitaire, telle qu'elle se présente à Montréal, surtout depuis le jour qu'on a commencé à faire fonctionner la Constitution Jam dudum.

En ce faisant, j'entre dans les vues de Monseigneur l'Archevêque de Montréal et de Nos-

seigneurs les Evêques de St-Hyacinthe et de Sherbrooke, qui m'ont chargé de me rendre à Rome " auprès de Notre Saint- Père le Pape et des Eminentissimes Cardinaux, pour faire connaître exactement la situation au sujet de notre Université." (Lettre du 7 janvier 1890.)

Cette publication pourra être très utile plus tard, dans les développements que prendra nécessairement cette question si importante de l'Université, en permettant de référer, sans être obligé de les copier de nouveau, à des pièces imprimées qui auront été déposées entre les mains de tous ceux qui ont le droit de les voir et de les posséder.

Au milieu des attaques et des insinuations les plus diverses, depuis bientôt un an, je me suis tu, ayant toujours été d'avis que cette question universitaire avait été gâtée, en grande partie, par trop de paroles. Contraria contrariis curantur. Cependant il en est à qui je dois, lorsqu'on l'interprète mal, de faire connaître et d'expliquer ma pensée : mes Supérieurs hiérar-

chiques, les Archevêques et les Evêques de la province de Québec et de Montréal, les Eminentissiraes Cardinaux qui composent la Sacrée Congrégation de la Propagande, Notre Très Saint Père le Pape. Cette brochure met à nu, dans tout son jour, les motifs qui ont été le mobile de ma conduite, et le but que je poursuis, sous la haute direction de mon Archevêque, uni à ses suffragants.

Généralement je suivrai, dans la publication de ces documents, l'ordre chronologique; et je ne l'intervertirai que pour grouper ensemble certaines lettres qui s'expliquent et s'éclairent les unes les autres.

Je ne ferai de remarques que le plus rarement possible, seulement lorsqu'elles deviendront nécessaires pour l'intelligence des faits ou l'exposé adéquat de mon dessein, préférant de beaucoup laisser parler seules, par elles-mêmes, ces pièces diverses.

J'ai été sincère. J'ai voulu marcher droit, dans un juste milieu, sans me laisser entraîner,

ni d'un côté ni de l'autre, par les différents intérêts qui luttent entre eux, soit ostensiblement, soit sourdement, depuis des années. C'est pourquoi je ne crains pas de publier, tout entière, une correspondance qui a été écrite dans les situations les plus disparates, n'ayant rien à cacher.

Je puis m' être trompé, errare humanum est. Dans ce cas-là, je remercierai celui qui me fera remarquer mon erreur, afin que je la corrige de suite. Seul, sur cette terre, dans les matières de la foi encore, le pape est infaillible.

Si, en quelques endroits, on trouvait mes appréciations un peu sévères, qu'on veuille bien le croire, jamais je n'ai eu l'intention d'attaquer les personnes, je ne combats que les opinions.

Que Dieu nous donne la paix; que nos études universitaires, dans deux sièges égaux et fraternels, se mouvant librement sous l'égide d'un même Conseil, grandissent, se développent, fleurissent toujours de plus en plus, protégées par l'influence épiscopale et fécondées par la charité

divine: voilà quel est le plus ardent de mes vœux !

Dans ces sentiments, croyez que je suis avec un respect filial et une vénération profonde,

De Votre Eminence,

Eminentissime Seigneur, Le très humble et très obéissant serviteur.

J. B. PROULX, Prêtre, Vice-Recteur U. L. M.

COLLECTION DE DOCUMENTS

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