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DOCUMENT N° XXI

N.B. — Etant d'opinion qu'il ne peut guère y avoir de prospérité véritable pour l'Université à Montréal, du moins d'ici à longtemps, que si les deux Ecoles de Médecine cessent leurs luttes fratricides, et que cet état de rivalité eutre institutions catholiques est souverainement dommageable aux meilleurs intérêts de la religion

et de l'instruction médicale, après m'être entendu sur ce point avec le doyen de la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal, je me mis de suite, dès les premiers jours du mois d'août, en rapport avec le Président de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, pour amener un rapprochement. Je ne nierai pas que j'ai fait les premières démarches officielles, et que, en toutes circonstances, je me suis prêté volontiers à tout ce qui pouvait convenablement établir et faciliter les bons rapports et l'entente entre les deux corps enseignants, rivaux jusquelà. Je croyais faire une bonne œuvre.

Déjà, dès le 6 juillet 1886, l'Ecole de Médecine avait constitué MM. les Drsd'Orsonnens, Hingston et Desjardins en comité spécial pour étudier le nouveau décret Jam dudwn et sa portée, et aviser aux meilleurs moyens de protéger les intérêts de l'Ecole dans le nouvel ordre de choses.

De son côté, la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal avait son comité, composé de MM. les Drs Rottot, Brosseau et

Dagenais. Il y avait eu, de part et d'autre, certains pourparlers: de quelle nature,je l'ignore.

Dans le courant du mois d'août je rencontrai très souvent les Messieurs des deux comités ; nous discutâmes, de vive voix, nombre de propositions, tendant à amener l'union. Les deux comités se rencontrèrent une couple de fois; et, avec la meilleure bonne volonté, faisant des concessions réciproques, ils parvinrent à s'entendre presque complètement, du premier coup, sur la distribution des chaires dans le nouvel ordre de choses, supposé qu'on réussît à signer cette union projetée, qui rencontrait certainement le voeu général.

Le 7 septembre 1889, à une réunion de l'Ecole de Médecine, à laquelle assistaient tous les membres présents à Montréal, je soumis le projet d'arrangement financier qu'on lira ci-dessous.

A cette réunion, un des membres de l'Ecole me lut un écrit conçu en ces termes: "Vu le nouvel état de choses créé par la Constitution Apostolique Jam dudum, les professeurs de l'Ecole de Médecine et les médecins de l'Uni-

versité catholique Laval à Montréal, dans le but de former ensemble la Faculté de Médecine de la dite Université citholique, déclarent s'unir aux conditions suivantes: 1° l'Ecole de Médecine conserve intacte sa charte avec ses privilèges; 2° les cours se feront dans l'Ecole de Médecine, et le président de l'Ecole sera choisi pour doyen de la Faculté catholique ; 3° chacun des membres de l'Ecole recevra le droit et les privilèges de professeurs titulaires de la même Faculté; 4° dans deux ans, au plus tard, l'Ecole optera finalement entre Victoria et Laval."

Je fis remarquer à l'assemblée que je n'avais jamais vu cet écrit; qu'en effet nous avions souvent parlé de conditions conçues à peu près dans ces termes, et que je n'avais aucune objection à les faire miennes, pourvu qu'il fût bien entendu que " dans deux ans les membres de l'Ecole qui opteront finalement pour Laval se trouvent à renoncer à la Charte de l'Ecole/' De plus, je savais que M. le Docteur Rottot, dans son désintéressement, était prêt à renoncer à la

position de doyen ; personnellement je serais heureux d'y voir arriver le président de l'Ecole; Monseigneur l'Archevêque n'y apporterait certainement pas d'opposition; mais, enfin, je tenais à faire comprendre que c'était une nomination qui devait passer d'abord par le choix de la nouvelle Faculté.

A cette même séance, M. le Docteur d'Orsonnens me demanda: u Pendant ces deux ans, sous quel nom marchera l'Ecole?"

Je lui répondis : " Tout d'abord, je n'en vois pas d'autre que celui-ci: Succursale de l'Université Laval à Montréal/'

Plusieurs protestèrent qu'ils voulaient conserver le nom de l'Ecole absolument, me demandant si je m'y objectais.

" Messieurs, leur dis-je, je suppose que vous ne voulez pas me prendre par surprise ; c'est la première fois que ce sujet vient sur le tapis, je demande quelque temps pour répondre. Pour moi, je ne vois actuellement aucun motif de m'y opposer, pourvu que ce soit dans de certaines conditions ; mais, ailleurs, on pourrait peut-être

soulever quelque objection technique. Je tiens à respecter tout le monde, et ne pas agir avec précipitation."

Il me semblait, au dedans de moi-même, que consentant à laisser subsister la charte de l'Ecole pendant deux ans, pendant deux ans également on pouvait en laisser subsister le nom.

Ces explications étant données, voyons quel était le projet financier.

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