DOCUMENT N° LXVI
M. le Dr W. H.Hingston, Président de l'Ec. de M.
Monsieur,
Le projet financier que j'ai eu l'honneur de présenter à l'Ecole de Médecine le 7 septembre dernier, et qui avait paru d'abord lui convenir, ayant depuis déplu à certain nombre de vos collègues, pour le bien de la grande œuvre que nous poursuivons, je me rends volontiers à un autre arrangement qui leur est plus acceptable.
Voici la rédaction des idées que j'ai voulu exprimer dans notre entrevue d'hier après-midi, et qui m'ont paru rencontrer l'approbation générale.
Croyez que dans tout cet arrangement, nous voulons respecter la justice commutative et les droits acquis de propriété.
1° Le trésorier de la Faculté de Médecine, qui pourra être celui de l'Ecole de Médecine, percevra l'argent venant ces élèves. Si l'union venait à cesser (quod Deus avertat ;) les élèves qui suivraient les Professeurs de la Succursale de Laval apporteraient avec eux le surplus de l'argent qu'ils auraient payé, comparativement au temps qu'ils auraient suivi les cours de l'Union; et leurs billets, s'ils en avaient signé, deviendraient payables au Vice-Recteur, les formalités devant être prises pour légaliser ce transport.
2° Tant que durera l'Union, un cinquième (^-) de l'argent perçu, ou de la valeur des billets signés, sera mis au compte du Vice- Recteur.
3P Avec ce cinquième du revenu des élèves, le Vice- Recteur payera le cinquième des dépenses courantes pour le loyer et l'entretien de la maison pour le fonctionnement journalier des classes; mais il n'entrera pas dans le paiement des Professeurs en général, ni dans les achats extraordinaires.
4° Le Vice-Recteur ajoutera au surplus qui pourrait rester du cinquième du revenu des élèves, ce qui sera nécessaire pour donner quatre piastres par leçon aux anciens Professeurs de la Succursale.
5° De plus, le Vice-Recteur versera dans la caisse du trésorier quatre cents piastres pour pension à payer aux Professeurs qui se retireraient de l'enseignement avec assentiment de la Faculté et l'approbation de l'Archevêque de Montréal.
Je crois que ces propositions rencontreront les vues qui ont été émises à l'assemblée d'hier, et que cet arrangement sauvegardera les intérêts de tous. Croyez aux sentiments de haute estime et de profonde considération avec lesquels je suis, Monsieur, votre tout dévoué serviteur,
J. B. PROULX, Prêtre.
P. S. — Voici, paraît-il, qu'il se prépare des difficultés. L'œuvre à la fois religieuse et patriotique à laquelle nous travaillons, demande que nous soyons à la hauteur des circonstances. Soyons des hommes. Ail sensible men vill be with us.
Nous approuvons cet arrangement proposé par M. le Vice- Recteur de la Succursale Laval à Montréal.
Archevêché de Montréal, 9 octobre 1889.
t ED. CHS, Archevêque de Montréal.
N. B.— Ces propositions parurent être agréables, on me le fit voir en plusieurs circonstances, mais elles ne reçurent jamais de réponse officielle.