DOCUMENT N° LXXIX
Montréal, 14 octobre 1889.
Mgr B. Paquet, Recteur de l'Université Laval.
Monseigneur,
Je reçois à l'instant même votre lettre du 11 octobre, et je vous remercie pour les renseignements que vous me donnez à propos de l'Ecole Vétérinaire.
En effet, si vous vous en rapportez aux journaux, je comprends vos chagrins et vos surprises. Ma note de ce matin vous mettait en garde contre ces rapports. Le mot indépendance a été prononcé par moi dans un sens que je crois très vrai, mais qu'aucun journal n'a rapporté fidèlement, du moins des deux que j'ai vus.
Sous notre arrangement, l'enseignement est donné , comme de raisson, par la Faculté de Médecine de l'Université Laval. Demandez ce qu'il en coûte pour pour laisser entendre le contraire. Outre le document que vous avez en main, voici ce qu'ont signé huit professeurs de l'Ecole présents à l'assemblée de la Faculté, samedi soir.
"Le Corps enseignant composé de MM. les Drs (suivent les noms) tous professeurs titulaires de l'Université Laval, forment la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal et donnent l'enseignement universitaire." Quant aux troubles causés par les élèves de l'Ecole, ils sont déplorables, mais c'est
un mal pour un bien. Soyons patients. Avant longtemps, le jour se fera sur bien des choses. J'ai fait des concessions, — les circonstances l'exigeant, — mais il y en a trois que je ne ferai jamais : celles qui s'attaqueraient à l'honneur, à l'indépendance et à l'unité de l'Université en tout ce qui regarde Montréal.
Croyez que je demeure, Monseigneur, avec une haute considération,
Votre très dévoué serviteur,
J. B. PROULX, Prêtre.
P. S. — En partant pour les Etats-Unis, M. Marcoux m'a laissé une lettre à propos d'un terrain que vous possédez à Montréal. Après tant de procédés extraordinaires, que j'ai eu l'honneur de vous expliquer, cette lettre, qui me paraît extraordinaire, me laisse dans le doute, si je dois prendre tout ceci au sérieux.