DOCUMENT N° LXXXIV
N. B. — L'assemblée de la Faculté tenue le 17 octobre, pour prendre une décision finale, fut ajournée au 19; le Vice-Recteur, ce soir-là, ouvrit la séance par les observations ci-dessous.
Montréal, 19 octobre 1889.
Messieurs les Docteurs,
Après dix jours de temps presque entièrement perdu, que les Cours doivent commencer au plus tôt, de manière à ce que tous les élèves puissent suivre tous les Cours, sur ce point, il ne peut y avoir, je crois, deux opinions.
J'arrive au sujet principal, et le plus important que j'aie à soumettre ce soir à votre délibération. Une entente de l'arrangement entre les deux Ecoles est
que les Cours de la Faculté se donnent dans les salles de l'Ecole de Médecine. Mais, de droit naturel, tous les Professeurs ont droit au silence et au respect. Or, jeudi et vendredi, 10 et 11 du courant, comme vous le savez, plusieurs Professeurs n'ont eu ni l'un ni l'autre. Bien plus, ils ont été victimes (pour ne rien spécifier) de choses déplorables.
Samedi, 12 courant, la Faculté à décidé, comme garantie d'ordre, d'exiger des élèves qu'ils prissent une carte d'inscription pour avoir le droit d'assister aux cours. Or, mardi 15 du courant, les Cours n'ont pu régulièrement se donner par l'occupation des salles par une foule déjeunes gens qui n'avaient pas la carte d'inscription. Mercredi et jeudi, les Cours ayant été transportés temporairement par le Vice- Recteur, dans les salles de l'Université Laval, ils se sont donnés là, aux élèves inscrits, au milieu du calme et du silence.
Etant données ces circonstances, avant que les cours retournent aux salles de l'Ecole de Médecine, ce à quoi personne n'a aucune opposition absolue, il me semble que les deux questions suivantes s'imposent à notre solution :
1° Quelles garanties convient-il de donner à chaque Professeur, qu'il aura le silence et le respect ?
2° Si le désordre recommence, quelle mesure prendrons-nous pour rétablir l'ordre immédiatement, ce que nous devons, non seulement à notre dignité, mais encore, en justice, aux intérêts des élèves calmes et paisibles.
Attendant la réponse de votre prudence, de votre fermeté et de votre expérience, j'ai l'honneur d'être, avec une haute considération, Messieurs les Docteurs,
Votre très dévoué serviteur,
J. B. PROULX, Prêtre.