‹ Question universitaire de Montréal (volume 3)Chapitre 9 sur 147 · DOCUMENT N° VII · texte numérisé non relu

DOCUMENT N° VII

Montréal, 14 août 1889.

Monsieur le Vice- Recteur,

En réponse à votre lettre du présent jour, j'ai l'honneur de vous faire savoir que, comme délégué du Séminaire de Québec, et aussi en ma qualité de Président du Bureau d'administration du Syndicat financier de l'Université Laval à Montréal, j'ai tous les pouvoirs nécessaires pour régler d'une manière définitive sur certaines bases, avec Mgr l'Archevêque de Montréal ou son Procureur, le bilan de la Succursale pour 1888-1889, et les réclamations du Séminaire de Québec contre la Succursale pour les années précédentes.

Avec considération, votre bien dévoué serviteur,

J. E. MARCOUX, Prêtre.

N. B. — A propos de cette lettre, voici les remarques que je fais dans mon Mémoire sur les comptes :

" Cette expression certaines bases me paraissait an peu vague, et demandait certaines explications. Je ne pus jamais les obtenir sous une forme précise et satisfaisante.

M. Marcoux prétendait agir comme président du Bureau d'administration du Syndicat financier de l'Université Laval à Montréal ; or, d'après le bill qui instituait civilement ce Bureau d'administration, le Vice-Recteur de l'Université Laval à Montréal en est le président de droit. Depuis plus de quinze jours, M. Marcoux avait cessé d'être Vice-Recteur , comment pouvait-il encore en être le président ? tout au moins lui aurait-il fallu une délégation de ce Bureau pour agir en son nom ; et il n'en produisit aucune. De plus ce Bureau n'avait jamais pris, et n'avait jamais voulu prendre possession des affaires pécuniaires de la Succursale ; il n'y avait donc rien à régler en son nom.

Ces remarques ne sont pas faites, aujourd'hui, dans le but de prouver l'incompétence légale de M. Marcoux pour transiger des réclamations que lui avait confiées le Séminaire de Québec ; mais, après la précipitation du début, ces obscurités dans la procédure subséquente expliqueraient mon étonnement, si par hasard j'en ai laissé paraître alors."

Le 15 août, le lendemain du jour où M. Marcoux m'avait passé ses chiffres, je convoquai une réunion du Conseil d'affaires que m'avait donné Monseigneur l'Archevêque de Montréal. Tous les membres s'y rendirent ; je leur exposai dans leur entier les comptes, et ma manière de voir. Tous, unanimement, après délibération, décidèrent de demander à M. Marcoux des comptes plus clairs, plus complets et plus détaillés.

Ma manière de voir était que ces comptes n'étaient pas acceptables, sous leur forme actuelle, parce que :

1° Les pouvoirs de M. l'abbé Marcoux, délégué du Séminaire de Québec, paraissaient tout d'abord n'être pas clairement définis ;

2C; La manière dont il présentait ces comptes était, pour le moins, insolite et étrange ;

3° Plusieurs items, pour être intelligibles, auraient eu besoin d'explications plus détaillées ;

4° Le Séminaire faisait payer des intérêts et des taxes sur des terrains dont il gardait la propriété ! et cela, apès avoir réalisé un profit de $24,026.00 sur la vente d'un premier terrain

qui avait été acheté primitivement pour les besoins de la Succursale ;

5° Ces comptes ne faisaient aucune mention des arrérages qui s'élèvent à plus de $5,000.00 ;

6° Ils présentaient un item de $6,138.30 que la Succursale croit ne pas devoir ;

7Q Surtout, le même principe ne sert pas de base aux comptes de la recette et aux comptes de la dépense, comme le prouve Xitem des voyages à Rome qui, à lui seul, monte à $5,930.46 ;

8° Il existe dans l'Archidiocèse de Montréal une opinion nombreuse, que la Succursale ne doit rien au Séminaire de Québec, ce qui oblige à une grande prudence ceux qui sont chargés d'examiner et de recevoir ces comptes au nom de cet Archidiocèse.

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