‹ Question universitaire de Montréal (volume 4)Chapitre 24 sur 65 · J. A. MERCIER · texte numérisé non relu

J. A. MERCIER

Pour le Gouvernement.

Montréal, 10 février 1891.

76, rue St- Gabriel (pour le Gouvernement) .

M. J. A. Mercier,

Monsieur,

Je reçois à l'instant la lettre par laquelle vous m'avertissez " que le Gouvernement désire obtenir possession de la propriété lui appartenant à partir du 1er mai prochain."

Je m'empresserai de passer cette notification à Monseigneur l'Archevêque de Montréal, au nom duquel je l'occupe : et, je n'en doute pas, il s'empressera, de son côté, de se rendre au désir du Gouvernement. Pour ce qui me regarde, veuillez transmettre au Gouvernement mes plus sincères remerciements pour le service qu'il a voulu rendre à l'Université.

Seulement je vous ferai remarquer que l'honorable Commissaire des Travaux publics nous a promis de nous avertir six mois d'avance, lorsque nous aurions à déloger. Voici un extrait de sa lettre à M. Marcoux, en date du 24 août 1888.

" Vous pouvez donc effectuer le déplacement projeté, et vous installer dans les bureaux de la Presse et de la Minerve, le Gouvernement se réservant le droit de reprendre possession de sa ou ses propriétés, sur avis de six mois, à une époque quelconque, s'il le juge convenable." — E. Gagnon, Sec.

De plus pour les frais de déplacement, le Gouvernement allouait quatre mille piastres, et pas plus, comme en fait foi une lettre de M. Ernest Gagnon, datée du 12 septembre 1888 :

" Advenant le cas, où ces frais dépasseraient quatre mille piastres, le Gouvernement ne sera pas tenu

de vous indemniser de ce surplus, ni cette année, ni ultérieurement."

Or d'après les comptes présentés à moi par M. Marcoux, mon prédécesseur, le 14 août 1889, les réparations nécessitées par le déménagement se montaient à six mille six cent trente-neuf piastres et soixante centins ($6639.60), ce qui donne un surplus sur Pal location du Gouvernement de $2639.60. Maintenant, comme l'Université n'aura occupé la propriété guère plus de deux ans et demi, l'occupation lui coûtera environ mille piastres par année. Certainement, si M. Marcoux avait prévu devoir être déplacé aussi tôt, il aurait placé ailleurs l'argent des dites réparations. Je ne parle pas des dépenses nouvelles que va nécessiter notre 'déplacement nouveau.

Si je rappelle ces choses, ce n'est pas que j'aie envie de récriminer à l'occasion de cette perte matérielle, non plus que de tenir, personnellement, à l'avis de six mois. Non, non, mais voici.

Le Gouvernement est un bon père; et un bon père ne dérange pas ses enfants, surtout quand ce sont de bons enfants, sans leur donner quelques petites compensations, compensations qui ne nous feraient pas de mal dans les circonstances que nous traversons. Ainsi cette lettre peut être considérée comme l'avant-coureur d'une pétition dont on peut aisément deviner le sens. En attendant le plaisir et l'embarras de ma visite, le Gouvernement peut croire que je demeure avec une haute considération,

comme de vous,

Monsieur,

Son très humble et très dévoué serviteur,

J. B. PKOTJLX, Ptre,

Montréal, 12 février 1891.

M. l'abbé J. B. Proulx,

Vice-Recteur U. L.à Montréal.

Révérend Monsieur,

Référant à votre lettre du 10 février courant, j'ai l'honneur de vous dire que le Gouvernement a voulu se mettre en règle, et être en état de reprendre ses propriétés, s'il en avait besoin ; il n'y a point autre chose dans l'avis que je vous ai envoyé.

Vous soulevez des questions que je ne connais point et je dois, en conséquence, transmettre votre lettre au département des Travaux publics, pour obtenir de nouvelles instructions.

Veuillez agréer, Révérend Monsieur, l'assurance de la plus haute considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être,

Votre tout dévoué,

Page 1