‹ Question universitaire de MontréalChapitre 1 sur 60 · Question universitaire de Montréal · texte numérisé non relu

Question universitaire de Montréal

J'ai I 1 honneur de déposer devant Votre Grandeur le rapport de ma gestion universitaire (excepte ce qui regarde V administration financière, laquelle je lui soumets dans un compte-rendu à part), pour le temps qui s'est écoule depuis la mi-août, alors que je suis revenu de "Rome, jusqu'au dernier jour de cette année 1890.

Comme j'ai été pendant ce laps de temps grandement occupé : comme vous l'étiez vous-même, Monseigneur, dans la Ville Eternelle ; comme, si je m'étais adressé à Votre Grandeur, la réponse à mes questions aurait couru le risque d'arriver presque toujours trop lard : et comme roux aviez laissé, pour ma direction, dans la personne de M. l'administrateur de V Archi diocèse, un autre vous même, pour toutes ces raisons il est arrivé que je n'ai ('cri/ à Volve Grandeur que rarement.

C'est pourquoi, aujourd'hui qu'un repos relatif nous est donné, afin que Votre Grandeur n'ignore rien de ce qui s'est passé depuis son départ, je mets sous ses yeux la correspondance que j'ai entretenue à l'occasion de l'Université, les pièces justificatives et les documents officiels, laissant ces témoins irrécusables parler pour eux-mêmes. Je me contente d'ajouter ça et là, quelques courtes remarques, qui peut-être pourront paraître utiles pour l'intelligence complète des diverses circonstances.

Je suivrai dans ce récit, généralement l'ordre chronologique, ne l'intervertissant que lorsque cette interversion servira à grouper les faits et, par là, à les rendre plus clairs.

Tout le monde sait que l'événement de ces quatre derniers mois est l'union définitive et légale qui a été conclue entre la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal et l'École de Médecine et de Chirurgie de Montréal ; mais ce qu'on ne saura jamais complètement, c'est le concours puissant, modéré, persévérant et efficace qu'ont apporté au règlement de cette question le Très Révérend L. D. A. Maréchal, administrateur de V Archidiocèse de Montréal, Sa Grandeur Monseigneur A. Racine, évêque de Sherbrooke, et Sa Grandeur Monseigneur L. Z. Morean, évêque de St- Hyacinthe.

La joie que cette nouvelle de paix a apporté, Monseigneur, à votre cœur êpiscopal, et la satisfaction qu'elle a causée au palais de la Propagande ainsi qu'au Vatican, ont été pour moi la compensation la plus douce

pour les petits ennuis que Von rencontre inévitablement flans la poursuite de toute bonne œuvre.

En attendant le plaisir de vous revoir, au retour d'un long voyage , veuillez accepter les meilleurs souhaits que, au seuil d'une année nouvelle, je fais pour votre santé et votre bonheur, et me croire dans les sentiments du plus profond, respect, de Votre Grandeur, Monseigneur,

Le très humble et très obéissant serviteur,

J. B. PBOULX, Ptre,

Vice-Recteur U. L. M.

St-Lin des Laurentides,

81 décembre 1890.

Page 1