MARÉCHAL
N.B. — Cependant, je voyais un certain nombre de personnages éminents pour dissiper de nombreux préjugés qu'on avait accumulés d'avance contre notre projet de loi.
Québec, 84 rue d'Auteuil, 12 novembre 1890.
L'honorable Georges Duhamel,
Commissaire des Terres de la Couronne.
Monsieur le Ministre,
Vous ne sauriez croire comme j'ai été heureux de l'entrevue que nous avons eue ce matin ; je fais des vœux pour qu'elle se continue le plus tôt possible, comme vous avez bien voulu me le faire espérer ; car j'ai la conviction qu'il nous sera possible à tous de nous entendre d'une manière satisfaisante sur le sujet en question. Et, je le sais, votre influence n'est pas un petit enjeu dans cette partie où se jouent de si graves intérêts.
Quoi qu'il arrive, croyez que je serai toujours avec une haute considération,
Monsieur le Ministre, Votre très dévoué serviteur,
J. B. PKOULX, Ptre.
Québec, 14 novembre 1890.
L'honorable G. Duhamel,
Commissaire des Terres de la Couronne.
Monsieur le Ministre,
Si je vous écris ce mot, c'est pour vous exempter de faire un voyage inutile, au cas qu'il vous fût loisible de passer à ma pension samedi, comme vous vous le proposiez. Je dois partir ce soir pour Montréal , d'où je reviendrai lundi après-midi. J'espère qu'alors il me sera donné de traiter avec vous ce sujet important que vous me signaliez dans votre dernière lettre. Je demeure, en attendant ce plaisir, avec une haute considération,
Monsieur le Ministre, Votre très dévoué serviteur,
J. B. PKOULX, Ptee.
N. B. — Voici venir la question du vingt-troisième, qui a failli éclater comme un coup de tonnerre dans un ciel pur. Qu'on le remarque bien, ce privilège de choisir le vingt-troisième professeur, a été accordé, non à la demande de l'Ecole de Médecine qui ne m'en avait jamais parlé,
mais aux inquiétudes pressantes des amis de l'Ecole à l'extérieur. C'est pourquoi j'ai toujours été dans la conviction que, si jamais les anciens membres de l'Ecole usaient de ce privilège, ils sauraient le faire de manière à être agréables à leurs nouveaux collègues.
Québec, 14 novembre 1890.
RÉVÉREND J. B. PROTJLX,
Vice-Recteur IL L. M.
Monsieur le Vice- Recteur,
Dans le bill qui doit être soumis prochainement à la législature provinciale à propos de l'union des Facultés Médicales françaises de Montréal, la nouvelle Corporation doit avoir vingt-trois membres au maximum ; pour calmer les appréhensions des amis de l'École de Médecine et de Chirurgie de Montréal, pouvez-vous au nom des Évêques, promettre à cette dernière le choix du vingt- troisième membre, chaque faculté possédant jusqu'ici l'égalité.
J'ai l'honneur d'être,
Monsieur le Vice-Recteur, Votre, etc.,
Dr A. H. PAQUET, Délégué de VE. de M. et de C. de Montréal.
Québec, 14 novembre 1890.
L'honorable A. H. Paquet, M. D., Sénateur,
Délégué de V École de Médecine, Montréal.
Monsieur le Sénateur,
Ponr calmer toute appréhension et donner toute facilité au succès de notre entreprise, je n'hésite pas, au nom des Évêques de la Province ecclésiastique de Montréal, de permettre aux membres actuels de de l'École de Médecine de choisir le vingt-troisième membre de la Faculté Médicale constituée par l'Union. Croyez que je demeure avec une haute considération,
Monsieur le Sénateur,
Votre très dévoué serviteur,
J. B. PBOULX, Ptre.
Québec, 14 novembre 1890.
Sa Grandeur Mgr A. Bacine,
Évêque de Sherbrooke.
Monseigneur,
Abrégé succinct des événements de la semaine. Mardi je dis à M. Mercier : " Voici la demande que vous font Nos Seigneurs les Évêques. Mais ils ne veulent pas vous mettre dans la position disgracieuse de donner un refus. Si vous ne pouvez pas
vous charger de présenter le bill, il n'y a rien de demandé officiellement et je garde la lettre."
Nous tînmes conseil chez Mgr Labelle, M. le Sénateur Paquet, M. Desjardins et moi, et nous en sommes venus à la conclusion d'envoyer à Mgr Jacobini le télégramme suivant : " Veuillez demander •Cardinal Siméoni télégraphier Mercier de présenter Bill Union des Écoles. Mercier promet accepter sur votre demande. Alors succès assuré. Délai légal expire samedi. Réponse immédiate.
MARÉCHAL, Administrateur, ÉVÊQUE de Sherbrooke, ÉVÊQUE de St-Hyaeinthe, Mgr LABELLE, PROULX, D'ORSONNENS, HINGSTON, DESJARDINS, Sénateur PAQUET."
Outre l'avantage d'avoir pour parrain du Bill le premier ministre, nous étions d'avis qu'une demande de Rome en imposerait à la Législature, en même temps qu'elle ferait taire certains murmures dans certains quartiers universitaires.
En même temps, nous envoyions à Mgr Fabre la dépêche que voici : " Pressez Siméoni de répondre télégramme envoyé — Maréchal, Racine, Moreau." Et nous attendîmes. Ce matin, vendredi, je reçus le télégramme suivant : " Télégraphié Mercier attendre lettre — Jacobini." M. Mercier de son côté recevait cette dépêche : " Attendez lettre sur bill Union Écoles — Jacobini." M. Archambault télégra-
phi ait à M. Maréchal ces mots, qu'il me fit parvenir de suite. " Affaire Laval, Shnéoni écrira." Conclusion : il fut résolu qu'un ami de M. Mercier entrerait notre pétition à l'Assemblée législative, et qu'après l'arrivée de la lettre du Cardinal Siméoni, il se retirerait pour faire place à M. Mercier qui serait le parrain du Bill. Quod factum est. M. le docteur de Grosbois a présenté la première copie de notre pétition à la Chambre d'assemblée ; j'ai envoyé la seconde au secrétaire provincial ; et la troisième ne sera présentée au Conseil législatif que mardi, vu que cette chambre est en congé jusqu'à ce jour-là.
L'affaire, après tout, n'a pas mauvaise mine. Cette lettre de Rome ne peut qu'être très favorable. Je me recommande à vos bonnes prières, afin que Dieu conduise mes pas à travers ces milles difficultés, où souvent les circonstances pressantes ne me laissent pas le temps de consulter comme je le désirerais.
J'espère que vous ne blâmerez pas la réponse que je vous envoie ci-inclus. M. Paquet était l'écho d'un grand nombre d'esprits inquiets ici, que cette réponse calme, montrant la confiance et la libéralité des Évêques.
Je pars ce soir pour Montréal, et je reviendrai à Québec lundi après-midi. Croyez aux sentiments de respect avec lesquels je demeure,
De Yotre Grandeur, Monseigneur,
Le très dévoué serviteur,
J. B. PROTTLX, Ptbb,
84 rue d'Auteuil,
St-Hyacinthe, 16 novembre 1890.
RÉVÉREND M. PBOULX,
Vice- Recteur U. L. M.
Mon cher Monsieur,
J'approuve avec plaisir tout ce que vous venez de faire à Québec pour avancer la mesure cle la fusion des deux Écoles, même la demande du Sénateur Paquet. Soyons accommodants et larges dans la mesure du possible, afin de gagner la cause et procurer la paix sur cette éternelle question.
J'ai écrit à tous les Députés et Conseillers législatifs de mon diocèse pour leur demander d'appuyer le Bill de l'École dans la forme qu'il sera présenté. Celui de Bagot m'a déjà répondu qu'il le ferait avec empressement et bonheur.
Courage et succès, et croyez-moi votre bien dévoué en N.-S.,
f L. Z., Évoque de St-Hyacinthe.
Évêché de Sherbrooke, 17 novembre 1890.
M. L'ABBÉ J. B. Proulx, V. R.
Québec.
M. le Vice-Recteur,
Je vous remercie de l'abrégé succinct des principaux événements de la semaine au sujet de l'Union. J'espère que la réponse du Cardinal Siméoni
sera favorable 5 même, avec cette lettre si elle est favorable, il faut vous attendre à des difficultés imprévues.
Cependant il faut marcher de l'avant. Quant aux appréhensions des amis de l'École de Médecine et de Chirurgie de Montréal, je vous avoue ne pas les comprendre. Tout de même, je crois que vous avez agi sagement en accordant à l'École le choix du vingt-troisième membre de la Faculté médicale- Mais il ne faudra point pour aucune raison laisser entamer les points fondamentaux de l'Union, tels qu'exprimés dans le Bill.
Supposant que votre lettre et celle du Dr Paquet sont des copies, je les garde ; si je suis dans l'erreur, je me ferai un devoir de vous les transmettre. Je vous souhaite succès et courage. Veuillez agréer, Monsieur le Vice-Eecteur, l'expression de mes bien dévoués sentiments.
f Antoine, Év. de Sherbrooke.
N. B. — Voici le texte de la pétition, présentée à l'Assemblée Législative, au nom des Evêques -de la Province de Montréal et de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal.
A V Assemblée Législative
de la Province de Québec.
La Requête de Sa Grandeur Mgr Edouard Charles Fabre, Archevêque de Montréal, et de ses suffra-
gants, Monseigneur A. Eacine, évêque de Sherbrooke, et Monseigneur L. Z. Moreau, évêque de St-Hyacinthe, agissant aux présentes comme délégués par le Saint-Siège, aux fins d'amener une Union entre la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal et l'École de Médecine et de Chirurgie de Montréal,
Et de l'École de Médecine et de Chirurgie de Montréal, expose :
Que, dans la vue de mettre fin aux divisions créées dans cette Province par l'existence à Montréal de de la faculté médicale de Laval et de l'École de Médecine et de Chirurgie de Montréal, divisions qui nuisent au progrès et au développement de l'enseignement médical et paralysent les efforts des amis de l'enseignement supérieur ;
Vos Requérants ont, dans un écrit signé le cinq novembre courant, arrêté les conventions suivantes,, dont la confirmation est demandée à la législature de Québec, savoir :
" La charte de l'École de Médecine et de Chirurgie de Montréal, 8 Vict., ch. 81, sera amendée comme suit :
" La section 2 du dit Acte de la ci-devant province du Canada, 8 Vict., ch. 8, est rappelée et remplacée par la suivante :
" II. — (a) La dite Corporation se compose des membres actuels de la dite Corporation, de l'hon. A. H. Paquet et de James J. Guérin, professeurs de la dite École, et des professeurs titulaires actuels de la dite faculté médicale de l'Université Laval à Montréal, savoir : de MM. les Drs Jean Philippe Rottot, Adolphe Lamarche, Adolphe Dagenais, J. Alfred Laramée, Alfred T. Brosseau, Norbert
Fafard, Elzéar Berthelot, Séverin Lachapelle, Hugues E. Desrosiers, Salluste Duval et A. A. Foucher. 11 (?>) Le nombre des membres de la dite Corporation ne sera pas moindre que cinq et n'excédera pas vingt- trois.
" (c) La nomination des membres de la dite Corporation pour remplacer ceux qui décéderont, résigneront, résideront permanemment en dehors de la province ou qui seront démis, se fera par la majorité des membres existants de la dite Corporation, de la manière qu'elle déterminera par règlement. Les membres de la dite Corporation devront être des médecins qualifiés à enseigner quelqu'une des branches de la médecine ou de la chirurgie.
" Le choix, fait comme susdit, devra être approuvé par l'archevêque catholique romain de Montréal, et aucune nomination, ou destitution, ne vaudra sans telle approbation.
u La section 3 du dit Acte est rappelée et remplacée par la suivante :
" III. — La dite Corporation fera donner chaque année, dans la cité de Montréal, par des personnes compétentes, soit des membres de la dite Corporation ou des professeurs agrégés, sur chaque branche de la science médicale, au moins le nombre de leçons exigé par la loi de la Province de Québec sur la médecine, la chirurgie et l'obstétrique.
" La section 10 du dit Acte est rappelée et remplacée par la suivante :
" X. — La dite École de Médecine et de Chirurgie de Montréal constituera, à partir du premier juillet prochain, la faculté médicale de Laval à Montréal, et la dite Université Laval ne pourra plus, dès lors, établir d'autres chaires d'enseignement médical à Montréal, nonobstant l'acte 44 Vict., ch. 46.
u La section 8 du dit Acte est rappelée et remplacée par la suivante :
" VIII.— Les membres de la dite Corporation ne seront pas personnellement responsables des dettes qu'elle contractera ci-après.
"(&). — Les biens actuellement possédés par la dite Corporation deviendront la propriété des membres actuels de la dite Corporation qui sont responsables des dettes existantes, et qui en resteront seuls responsables à l'acquit et décharge de la Corporation ; cependant, les dits membres pourront, soit collectivement ou individuellement, sous trois mois de la sanction du présent arrangement par la Législature, faire abandon à la dite Corporation de leurs droits de propriété dans les dits biens, et la part des cédants deviendra ipso facto la propriété de la dite Corporation ; celle-ci sera dès lors responsable pour une part proportionnelle des dites dettes ; dans ce cas, si l'un des membres propriétaires le requiert par écrit, soit dans Pacte de cession par lui faite ou dans les deux mois suivants, il sera procédé par arbitrage à établir si les biens excèdent en valeur le montant des dettes alors dues par la dite Corporation, et, s'il y a un excédent en valeur, il sera payé aux membres cédants proportionnellement à leur intérêt, sous douze mois de la sentence arbitrale ; les arbitres seront nommés, l'un par la dite Corporation, moins les dits membres actuels, et le deuxième par les dits membres actuels ou la majorité d'entr'eux, cédants ou non, et le troisième par les deux premiers ; à défaut de nomination d'aucun des dits arbitres, sous un mois de la demande d'indemnité, il y sera procédé par un juge de la Cour Supérieure.
" La Corporation pourra, sauf la sanction du dit archevêque et de ses suffragants, ou de la majorité d'entr'eux, faire des règlements pour la régie des biens de la dite Corporation, pour Padmission des élèves, la discipline, la durée des cours, le programme des études, le mode et le nombre des examens, et pour toute matière qui concerne la bonne administration de la dite Ecole et le progrès des études ; elle pourra révoquer ou amender les dits règlements de la manière ci-dessus indiquée et sous la même condition.
" Toutes dispositions dans le dit acte 8 Vict.,. en. 81, incompatibles avec le présent acte, sont rappelées."
Et vos requérants vous supplient de vouloir bien confirmer par une loi le dit accord.
Et ils ne cesseront de prier.
Montréal, 10 novembre 1890.