BOSSUET
Tout le monde sait que Bossuet a eu l’honneur d’être le précepteur du Dauphin. Sa haute compétence, personne ne l’a jamais contestée. Cependant, si l’on relit son programme, on remarquera que l’enseignement religieux n’est pas traité comme une quantité négligeable. Le Dauphin, sil fût monté sur le trône, eût-1l été un roi très chrétien ? Dieu seul le sait. La science religieuse, sans doute, ne supprime point les conséquences du péché originel, mais elle est du moins une planche de salut pour les naufragés de la vie.
Non seulement Bossuet réservait une place d’honneur à la religion, mais ce précepteur, en classe ou ailleurs, n’oubliait jamais qu’il était prêtre. Ainsi, le nom de Dieu est fréquemment sur ses lèvres. Il rappelle sans cesse à son royal élève la distance incommensurable entre les rois de la terre et le Roi du ciel qui gouverne les empires. Je pourrais multiplier les citations. Ce génie transcendant eût été mcapable de causer sur n’importe quelle science profane, sans rappeler que le nom de Dieu est écrit sur toutes les oeuvres de la création, que lui seul est éternel et infini. Son Discours sur l'Histoire universelle démontre l’incomparable professeur d'histoire qu’il eût été. En littérature également, il n’eût pas manqué de signaler à ses élèves pourquoi les classiques païens, si parfaits de forme, sont si vides, si pauvres d’idées, combien est bornée la raison humaine privée des lumières de la foi. Quel beau commentaire n’eût-1l pas fait sur le “De sènectute” de Cicéron !
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En un mot, un professeur ecclésiastique doit rester prêtre dans l’enseignement de n’importe quelle branche du savoir humain. Il n’a pas le droit de l’oublier, pas plus que les parents qui, au foyer familial, sont les représentants de Dieu; pas plus que les instituteurs qui sont les délégués des parents. Autrement, professeurs ecclésiastiques, laïques et parents ne façonneront que des “statues de plâtre” que le moindre choc pulvérisera.
Le Canada Français Apostolique