SIGNES D’ESPERANCE
Le bilan annuel des ordinations dans chaque diocèse, sa mentalité apostolique, sa prédestination, que ressent, au moins confusément, l’âme populaire, sont autant de signes sensibles, infaillibles même de sa vocation. Si la France est la fille aînée de Eglise, la Nouvelle-France est la fille authentique d’une mère chargée de répandre la vérité, et qui a reçu pour cette mission “les deux bras avec lesquels elle remue le monde: sa langue et l’esprit de prosélytisme qui fait l’essence de son caractère”.
Je puis bien, sans témérité, invoquer à lPappui d’une thèse qui n’est pas exclusivement mienne, la fondation en cours du Séminaire des Missions Etrangères de Montréal. Si Rome patronne ce facsimile du Séminaire des Missions Etrangères de Paris, le sollicite instamment depuis quelques années, c’est probablement sa conviction que le Canada français sera une pépinière inépuisable de missionnaires pour lExtrême-Orient, pour la Chine en particulier, qui compte près d’un demi-milliard de païens. C’est, j’oserai dire, lui assigner une place d’honneur parmi les pays apostoliques, et la marque d’une confiance qui ne sera pas trompée. Le Saint-Siège, parfaitement au courant de ce qui se passe dans l’univers catholique, connait l’histoire religieuse du Canada français.