‹ Questions actuellesChapitre 2 sur 37 · PREFACE VU · texte numérisé non relu

PREFACE VU

de la création » par exemple, tel que nous le donne la Genèse, est conforme aux plus récentes conclusions de la géologie. La Genèse a-t-elle pour objet de nous enseigner la géologie ? et la science atteint-elle aucun commencement absolu ?

C'est pourquoi j'ai pensé que, dans les temps confus où nous vivons, il y avait un intérêt majeur à s'efforcer de faire un peu de clarté, rien qu'en séparant ce qui doit être séparé, et en ne confondant pas en un ce qui fait réellement et objectivement deux. La science et la religion ne répondant pas au même objet, — et je laisse ici de côté la question de leurorigine, — ni ne tendant au même but, ne sauraient avoir entre elles de a. commune mesure )) ; il n'y a lieu ni de les « opposer » ni de les ce réconcilier » ; et, j'irai plus loin : je dirai qu'il faut craindre que toute intention de les « comparer » ou de les « confronter )) ne les dénature.

Cela ne veut pas du tout dire, comme on a feint de le croire, pour les besoins d'une polémique facile, etcomme je vois que quelques journalistes le croient encore, que la science a ait fait banqueroute » ; qu'on en méconnaisse la grandeur ni les progrès ; et que le chrétien doive être en défiance d'elle

et de ses enseignements. La science est souveraine en son domaine, comme la religion dans le sien. Mais cela veut dire : que l'étendue de ce domaine, si vaste qu'il soit, ou qu'on le suppose dans l'avenir, n'égale pas, n'égalera jamais la totalité de la connaissance humaine. Cela veut dire : c|u'il y a des problèmes dont l'examen n'appartient pas à la science, et qu'elle serait impuissante, je ne dis pas à résoudre, mais à poser comme ils doivent être posés. Gela veut dire: qu'interrogé sur la divinité du Christ et sur le mystère de l'Incarnation, le chrétien ne trouvera pas la réponse dans un Traité dJ embryologie. Cela veut dire : que les opinions du chimiste le plus éminent, ou même du philologue le plus distingué, n'étant pas des arguments en faveur de la vérité de lareligion, n'en sont donc pas non plus contre elle. Les découvertes d'un Berthelot ^ne prouvent pas plus pour la libre pensée que celles d'un Pasteur ne prouvent pour la religion. Et cela veut dire enfin, ou encore : que, depuis tantôt cent cinquante ans, si la libre pensée s'est flattée de cette espérance, que la science deviendrait elle-même une <( religion », et l'unique religion, elle n'y a pas encore tout à fait renoncé, mais il devient de jour

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