‹ Questions bibliques [microform]Chapitre 2 sur 45 · VI LETTRE DE M^' L'ÉVÉQUE DE LA ROCHELLE · texte numérisé non relu

VI LETTRE DE M^' L'ÉVÉQUE DE LA ROCHELLE

des limites tracées par l'Église, aux plus dangereuses aventures. Le nom de néo-criticxues sous lequel on voudrait désigner tous les marcheurs prudents et imprudents parait, sinon mal trouvé, du moins trop peu, précis et même injuste, quand on l'applique dans un sens défavorable à tous ceux qui font de la critique selon les données sérieuses et définitivement acquises de la science nouvelle.

Nul catholique un peu instruit ne peut se scandaliser si on lui dit que les langues orientales, l'archéologie,' la topographie bibliques en même temps que l'histoire des peuples sémitiques, à peu près inconnues aux-: hommes les plus éminents du passé, Bossuet, saint Thomas d'Aquin et les autres, étant devenues aujourd'hui des sciences courantes, l'exégète doit, pour défendre et faire prévaloir la vérité, prendre position sur . le terrain même où les adversaires de la révélation nous appellent. Que les anciens, parmi nous, se résignent à mourir sans se mettre en ligne parce qu'il est trop tard et que tout le monde n'accepte pas d'aborder des études nouvelles sur le déclin d'une vie d'ailleurs laborieuse, je le comprends ; mais que les jeunes s'arment chaque jour pour faire face à l'ennemi, je le souhaite } de toute mon âme et, dans les modestes limites oîi Dieu me donne de le faire, je cherche à le réaliser autour de moi. Dans mon séminaire l'étude de l'Écriture sainte, de la théologie positive, de la patrologie, de, l'apologie scientifique, de la philosophie sous ses formes plus modernes et même des langues orientales, ; remplace des argumentations scolastiques et une casuistique complexe qui ne paraissent plus de pre-; mière utilité de nos jours. :'

Le point essentiel doit être de conduire cette inrîo-.

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LETTRE DE MS' L'EVEQUE DE LA ROCHELLE. vil

vation avec sagesse et de se tenir en tout sous la maternelle et prudente direction de l'Église. Cette disposition d'âme, qui sera toujours celle des bons prêtres, fait la caractéristique du cher abbé de Broglie. Il a innové, mais avec mesure; et il aura la gloire d'avoir montré, un des premiers parmi nous, de quels tempéraments dans la liberté il faut savoir user pour défendre victorieusement la cause de la révélation, en utilisant à propos toutes les découvertes de la science moderne. Qu'il demeure toujours avec cet autre ami, Monseigneur d'Hulst, grande âme et esprit supérieur dont nous pleurons encore la perte, le modèle de ce que l'on veut appeler les néo-critiques , il n'y aura pas de mal; et l'Église, quoi qu'en pensent d'aucuns, y trouvera tout profit.

L'abbé de Broglie dut à son éducation de famille et aux relations qu'il ne cessa d'entretenir dans le monde savant, d'envisager la défense de l'Église sous un aspect tout moderne; et ce fut un grand bien. Au temps où il descendit modestement mais résolument dans l'arène, à peine si nous commencions à manier, avec une insuffisance qui faisait sourire nos adversaires, des armes que depuis nous avons appris à mieux tenir en mains. Il était de ceux qui comptent sur la Providence et les hommes de bonne volonté qu'elle suscite aux heures difficiles de l'Église. S'il vivait encore, il se garderait bien d'éprouver le découragement que les écarts regrettables d'une exégèse téméraire semblent devoir inspirer à plusieurs. Les chevau-légers qui vont hors des rangs ne sont pas Varmée et ne peuvent la compromettre, pas plus que les traînards ne doivent la retenir.

J'estime donc que la publicité donnée aux œuvres

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Yili LETTRE DE M^' L'ÉVÈQUE PE LA. JIOCHELLE.

à peine ébauchées, mais fort intéressantes, de l'abbé de. Broglie, est chose excellente et je yous engage cher et émineht professeur, à la continuer.

Cordialement dévoué

f Emile Paul

Év. de ]a llochelle et Saintes

Ce 30 avril, en la fête de S. Eutrope.

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