Decivitat€Dei
2. Cf. Gibbon, Histoire de la décadence et de la chute de Vempire romain, ch. xx.
fectionnement et la purification de Thomme intérieur. Sans doute le respect de l'humanité qu'une telle doctrine inspire devait amener des mœurs plus dignes en ^politique. Mais c'est par voie de conséquence qu'un si heureux résultat est arrivé à se produire. Le seul passage politique que Ton puisse citer de l'Évangile est un mot d'indifférence supérieure : Reddite ergo quœ sunt Cœsaris Cœsari et quœ sunt Dei Deo ^
Et, de fait, est-ce du christianisme que sont sorties directement les idées libérales? Est-ce le christianisme qui a fait la Révolution? Depuis le commencement des temps modernes, le christianisme traditionnel n'a-t-il pas cherché à étouffer toutes les aspirations de l'Europe occidentale? Les écrivains catholiques qui se sont crus obligés d'être conséquents n'ont-ils pas été les plus hostiles au progrès politique? C'est l'esprit moderne, élevé sans doute en partie par le christianisme, mais affranchi du christianisme, qui a produit tous les grands mouvements d'émancipation. L'orthodoxie maudissait d'abord ces mouvements; puis, quand elle a vu qu'il était impossible d'arrêter le torrent, que l'humanité continuait son chemin, s'inquiétant peu de la laisser