EN ALLEMAGNE
tioQS ratiobnelles, une si incontestable supériorité» L'enseignement n'est point en Allemagne, comme il l'est dans d'autres pays, une pédagogie étroite et jalouse de Ik science. Les établissements d'instruc^ tion publique y sont aussi des établissements scien^ tifiqueSy recevant l'impulsion, non d'une administration centrale, d'ordinaire peu au courant des choses intellectuelles, et naturellement indifférente ou hos* tile à ce qu'elle ne comprend pas, mads de savants et de penseurs, prenant au sérieux les choses de l'es^ prit. De là un enseignement large, libre, plein d'initiative, représentant à chaque heure l'état de la science ; si bien que le jeune homme qui l'a suivi aperçoit clairement dès ses débuts le point d'ob il faut partir et la région qui promet de récompenser par des découvertes les efforts des travailleurs.
Je sais que je vous parle ici d'un idéal quelque peu éclipsé aujourd'hui. Selon moi, l'âge d'or de l'Allemagne, au moins sous le rapport des conditions extérieures de la vie intellectuelle, est passé. La réaction des dix dernières années^ a exercé sur ces belles études une influence fatale. L'enseignement de la théologie, autrefois si indépendant et si élevé,
i. Je rappelle que ceci fat écrit à la fin de 1857.
ttt LES tTUDEfi SAVAHTES
est devenu dans les pays protestants d'Allemagne preaqae ausû impossible que dans les pays catho* liques. Or, qu'on ne s*y trompe pas, c'est l'enseignement de la théologie qui a été la cause du grand développement qu*ont pris en Allemagne les études philologiques i les fondateurs des études orientales en particulier, les Bichhom, les Geseniusi étaient des théologiens. Cette ressource A précieuse pour le travail intellectuel est perdue peut-être sans «tour. Les jeunes gens sérieux, qui autrefois trouvaient dans l'enseignement de la théologie ou le ministère pastoral un excellent moyen de mener une vie laborieuse, repoussés par les symboles inacceptables ou étroits qu'on leur impose, se rejettent sur 4es carrières purement scientifiques, qui sont néces- ■sàirement peu nombreuses. Tout cela, se combinant avec le renchérissement de la vie matérielle, qui atteint même les villes d'universités en Allemagne, a produit une misère sur laquelle nous n'insisterions pas, si elle n'avait pour la science les plus fâcheux résultats. En effet, une conséquence de cet état de gène, ce sont les travaux hAtifs par lesquels une jeunesse intelligente, mais trop nombreuse et trop empressée, cherche à se frayer une route rers les fonctions salariées. Ce n'est jamais impunément qu'où met les découf ertes aux enchères. Les travaux