POÉSIE DES PROLÉTAIRES
J'entendis l'autre soir la conversation suivante entre M. A et M. Z., à l'occasion de deux ouvrages qu'ils trouvèrent sui* ma table, et qui leur inspii'èt'ent des réflexions fort différentes.
M. A., prenant v/n volv/me. — Poésies de Uagu, tisserand, — Ah ! celui-là doit faire de bien mauvaise toile ! — (Posant le volume^ et en ouvrant un autre.) Encore des vers I Poésies de BéuzeviUe, Qu'est-ce qu'il fait, celui-là? des sonnets ou des perruques?
M. Z. — Beuzeviile est potier d'étain.
M. A. -u Diantre! si son étain est bien battu^ ses vers doivent être liial frappés.
M. Z. — Voulez-vous me permettre de vous en lire quelques-uns?
M, A, — De tout mon cœur*
M. Z. — Tenez! La première pièce du volume ; un compliment de bonne année adressé à de jeunes en-
faîits.