‹ Questions d'énergétique socialeChapitre 4 sur 20 · DI · texte numérisé non relu

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minima. Dans cet état idéal, la production et la consommation intégrales s'équivaudraient exactement; l'offre et la demande se trouveraient en rapport exact avec les nécessités normales de la vie collective; le « bénéfice » prélevé sur les transactions par les producteurs ou les intermédiaires aurait disparu, n'ayant plus de raison d'être, et. par suite, les valeurs économiques et phvsioénergétiques de tous les objets de la consommation intégrale concorderaient parfaitement entre elles. Les coefficients de correction, dont nous parlions tantôt, s'élimineraient par cela même que les facteurs secondaires perturbant l'équivalence théorique de ces valeurs auraient été progressivement éliminés.

C'est cet état social parfait qui peut être considéré comme un idéal pour le progrès de l'humanité, quelle que soit d'ailleurs l'opinion que l'on ait sur la mesure dans laquelle on pourra s'en approcher.

Pour conclure, nous résumerons l'idée fondamentale que nous avons voulu renfermer dans ces pages en disant que les phénomènes physio- et psycho-énergétiques, qui sont à la base de la vie et qui en sont la raison d'être, sont aussi à la base des groupements sociaux. Chaque groupe humain particulier, l'espèce humaine tout entière, doivent être considérés comme une réaction chimique organisée qui se continue et tend à se développer sans cesse, suivant sa loi inéluctable, malgré les obstacles de tous ordres et l'intervention de facteurs intellectuels toujours nouveaux.

Si l'on veut édifier une sociologie positive, on doit considérer avant tout l'énergie mise en jeu dans l'oxydation vitale; la physio-énergie et la psycho-énergie doivent

être évaluées par rapport aux diverses variables dont elles dépendent et ces déterminations doivent être complétées par la mesure de la socio-énergie, qui représente les portions de ces énergies socialement utilisables et comprend, en outre, l'idéo-énergie : ces trois termes sommatoires énergétiques devant être intégrés aux différents moments de leur évolution dans l'espace et dans le temps.

L'énergétique domine la science moderne. Depuis que l'unification des différentes formes sur lesquelles l'énergie apparaît dans les phénomènes de l'univers a été opérée, on peut dire que l'énergétisme a en principe englobé dans son domaine toutes les sciences de la nature. Il n'est pas une action dans l'univers que l'on ne conçoive comme devant recevoir, un jour prochain, son évaluation énergétique, directe ou indirecte. Et les tentatives que nous faisons pour orienter la physiologie et la sociologie dans cette direction ne sont, en somme, que la conséquence logique des indications qui résultent de l'examen du mouvement scientifique moderne, pris dans ses grandes lignes d'ensemble.

Xous avons tenu à formuler ces conclusions au moment même où l'Institut de Sociologie se trouve réalisé sous la forme définitive que nous avions en vue. En montrant ainsi les liens étroits qui, dans notre manière de voir, unissent les phénomènes sociologiques aux phénomènes biologiques dont ils dérivent immédiatement et qui eux-mêmes prennent leurs racines dans l'énergie universelle, nous pensons avoir montré combien les recherches que nous avons indiquées comme devant être poursuivies en ordre principal par l'Institut

de Sociologie se rattachent directement et intimement à celles qui sont en cours à l'Institut de Physiologie, édifié précédemment. Et, sans porter préjudice aux travaux scientifiques d'ordre général qui figurent à leurs programmes, l'œuvre commune à accomplir plus spécialement par ces deux instituts apparaît comme devant être de réaliser, sur le terrain de la science positive, une même idée : rattacher au domaine de l'énergétisme universel, c'est-à-dire réduire aux actions physico-chimiques fondamentales, à l'aide de quelques principes que nous croyons avoir précisés, l'ensemble des phénomènes biologiques et sociologiques.

Nous avons la ferme confiance qu'un avenir prochain démontrera qu'une telle recherche n'a rien de chimérique.

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