‹ Questions d'enseignement nationalChapitre 4 sur 65 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

I de la contraindre à former elle-même un corps, ce » qui accroît grandement sa force et son autorité ; il rend, en outre, un grand service à chaque professeur en particulier, car un professeur, s'il ne parle qu'au public, risque fort d'enfermer son esprit dans quelques sujets et de l'y rétrécir. Il est trop évidemment le personnage principal ; il n^est pas invité à sortir de lui-même, comme il le serait s'il lui fallait étudier les besoins multiples d'intelligences à lui confiées. C'est bien de dominer le sujet d'une leçon, le sujet de tout un cours, mais dominer un groupe de jeunes intelligences, acquérir et entretenir en soi les qualités intellectuelles et morales, je dirai hardiment la science et la vertu nécessaires pour devenir et demeurer un véritable maître, c'est mieux. Un professeur qui a des élèves est obligé de toujours apprendre, et c'est là sa récompense, sans parler du plaisir exquis que l'on trouve dans une intimité, qui permet au maître de connaître à fond un esprit, et lui inspire la volonté de le servir en lui communiquant non seulement ses connaissances, son expérience, sa méthode, mais la passion de connaître et l'aspiration infatigable vers la vérité.

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