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CHAUES aRAUX 331
la connaissance de Tantiqnité même et de sa vie,, de sa civilisation et de sa manière de penser i.
Connaître la vie, la civilisation, la manière de penser de l'antiquité, telle était l'ambition de Charles Graux. Chacun de ses maîtres avait voulu le retenir auprès de lui, dans la partie de la science qu'il cultivait, c Consacrez-vous à la paléographie, lui disait-on, ou bien à la critique verbale, ou bien à l'épigraphie ; • mais il poursuivait doucement son chemin, tâchant de ne froisser personne, résolu pourtant à être lui-même. Dans sa thèse latine De Plutarchi codice manuscripto ma-tritensi injuria negkcto S il montrait, par les correction3 historiques tirées du manuscrit, à quoi il peut servir à un historien d'être aussi un philologue. Il était prêt, dit M. L. Havet, à parler avec compétence d'histoire romaine '. Et, de fait, il avait écrit déjà quelques chapitres de l'histoire de l'antiquité. Sa Note sur les fortifications de Carthage à l'époque de la troisième guerre punique ^, et ses annotations de l'édition de Philon de Byzance, montrent qu'il avait une connaissance précise de Tart militaire chez les anciens. Ses articles de la Revue critiqua attestent que sa curiosité s'étendait toujours. Il allait se prendre à l'histoire politique proprement dite. C'est dans ce grand milieu intellectuel de la Faculté des lettres qu'il aurait donné lamesure de sa valeur, car il s'agissait pour lui, et il le sentait bien, d'employer tous ses moyens de travail à ce difficile enseignement par lequel les maîtres de la Faculté transmettent aux étudiants leur méthode, tout en les instruisant des connaissances acquises. Pendant le second semestre de l'année 1880-81,