AVANT : — PENDANT ; — APRÈS
Los hommes viplanis. fermes cl prudents, voient avant; ceux qui soni médiocres, égoïstes, in'ésolus, voient pendant ; ceux qui siuit incapables, téméraires ou peureux, voient api es.
Les hommes qui voient avant, les presbytes politiques, ont déjà aperçu et mesuré le but qu'on se propose et celui qu'on dépassera ; les illusions qu'on se fait et les haines qu'on satisfait; les intrigues et les hostilités qui se soni concertées; h»s préventions populaires (|u'on a déjà fait nattre et cell(»s que l'on saura trop bien développer et exploiter.
Les hommes aux(|uels la connaissance approfondie du passé a donné celle de Tavenir, s^went que si Pamour sacré de la liberté est le prétexte dvs révolutions, l'amour effréné du pouvoir en est en réalité la cause ; ce «pf ils redoutent donc, ce n'est point le peuple, mais ceux <|ui le savent flatter, ceux qui le savent exploiter, ceux qui ont le langage de ses pas>i(ins.
Il ne faut souvent qu'un ambitieux, qu'un mécontent, pour égarer la umltitude; qu'un mot pour la soulever; aussi n'est-<^e jamais dans la tranipiillite du peuple (fue rhonune d'État doit puiser sa sécurité; il sait que dix millions d^honnnes sont parfois plus faciles à satisfaire <pie dix ambitieux, avides ou méconti»nts, et peuvent être moins dangereux : il sait (ju'il n'est pas sans exemple que la vanité blessée d'un seul homme ait fait commcttrt* au peuple plus dVxt'ès que les rigueurs de ces fléaux «jui semblent envoyés par le eiel pour mettre i\ l'épreuve sa rrédulité et constater son ignorance.
Levons donc les yeux et regardons plus loin que h* l)out de noN pie<ls. Nous veirons que nous sonnnes entre (leu\ révolutions : l'une denière nous, l'autre devant nous.