‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 3)Chapitre 89 sur 132 · COLONEL D'ARTOIS · texte numérisé non relu

COLONEL D'ARTOIS

France ses fils les plus rangés, pour les tirer à la loterie et les faire passer sous les drapeaux? S'il en est ainsi, pourquoi donc sept contingents de 80,000 hommes, formant un total de 560,000 hommes? S'il en est ainsi, pourquoi donc gaspiller 365 millions par an, 1 million par jour? S'il en est ainsi, pourquoi donc avoir dépensé depuis quinze ans, en pure perte, trois milliards qui eussent été si utilement employés à rendre gratuite l'instruction publique, à améliorer toutes les conditions de la production, à abaisser tous les obstacles qui restreignent la consommation, àrendi'e moins grande la distance industrielle qui donne au commerce britannique tant d'avance et tant d'avantages sur le commerce français?

L'Europe ne nous attaquera pas. Ce n'est pas l'Europe qui nous menace; ce qui nous menace, c'est la misère. Comment arrêter son invasion? — Par le retour de la confiance. Comment ramener la confiance? — Par le rétablissement de l'équilibre entre les recettes et les dépenses de l'État. Comment rétablir cet équilibre rompu? — Il n'y a que deux moyens : Par l'accroissement des impôts, ou par la réduction des dépenses. Peut-on accroître les impôts sans aggraver encore la misère? Non. Eh bien, il faut donc réduire les dépenses. Mais quelles dépenses réduire qui offrent une économie importante, en dehors de celle qu'il s'agirait d'opérer sur l'armée et la marine militaire en leur donnant de nouvelles bases ?

On peut bien dire que nos idées sont fausses ou exagérées; mais le jour approche où l'on reconnaîtra qu'elles sont justes ; ce sera le jour où il faudra absolument aligner les dépenses' avec les recettes et combler le gouffre béant du déficit.

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