‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 3)Chapitre 91 sur 132 · LE BUDGET ET L^ARMEE · texte numérisé non relu

LE BUDGET ET L^ARMEE

30 avril 1848.

Le Moniteur de V Armée ne veut pas qu'on réduise l'effectif militaire ; de sa part, cela se comprend parfaitement, puisque le Moniteur de VArmée est grassement payé (1) pour soutenir cette opinion ; mais alors qu'il veuille donc bien nous indiquer comment la France, dont les revenus tendent à se réduire considérablement par deux causes : suppression de plusieurs impôts et diminution de plusieurs produits, fera face aux dépenses suivantes :

Dette publique 399,693,744 fr.

Justice 26,732,895

Cultes 40,397,250

Affaires étrangères 8,885,422

Instruction publique 18,231,133

Intérieur et dépenses départementales. . . 122,870,634

Agriculture et commerce 14,471 ,920

Travaux publics 161,790,050

Ministère des finances 17,936,545

Ministère de la guerre (2) . . 320,703,000 ^

Ministère de la marine 139,309,692) ' "' ~

Le budget des dépenses pour l'année 1849, présenté le 3 janvier 1848, se solde par 1,. 517,996,-322 francs.

(1) Voir \a Revue rétrospective.

(2) A ajouter : Pensions militaires, 38,400,000 tV.

Le Moniteur de V Armée sorail-il de l'avis de certain ministre que nous ne voulons pas nommer, qui pense que les rentiers ont touché assez longtemps les arrérages, et que le moment est venu de supprimer cet abus d'un trait de plume ?

Ou bien le Moniteur de V Armée serait-il d'avis que la force dispense de la justice, et que des cartouches valent mieux que des arrêts ? -

Ou bien encore le Moniteur de V Armée serait-il d'avis qu'il n'est pas nécessaire de répandre l'instruction populaire?

Ou bien encore le Moniteur de V Armée serait-il d'avis que les routes telles que la France en avait il y a un siècle sont très suffisantes aux relations actuelles, et que l'argent dépensé en chemins de fer, en canaux, est de l'argent qui serait infiniment mieux dépensé en achat de salpêtres et en fonderies de canons ?

Etc., etc., etc., etc.

Nous engageons le Moniteur de V Armée à s'expliquer sur ces diverses questions.

Le budget des recettes , présenté également le 3 janvier 1848, se solde par 1,. 383, 469,360 francs.

Que l'on en retranche l'impôt du sel (71 millions), l'impôt du timbre sur les journaux; que l'on porte en compte les réductions législatives promises sur la taxe des lettres, celles opérées sur les boissons, etc., etc., les diminutions qui sont le résultat du ralentissement de l'activité nationale, et que l'on nous dise par quelles économies efficaces, ou par quelles taxes nouvelles on établira la balance entre les recettes et les dépenses?

Nous enregistrerons la réponse ; M. le ministre des finances, nous en sommes sûrs, ne l'attendra pas sans impatience.

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