‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 5)Chapitre 231 sur 231 · EN MATIÈRE POLITIQUE · texte numérisé non relu

EN MATIÈRE POLITIQUE

sortent, permettez-moi cette expression vulgaire, nous sortent de l'ornière clans laquelle les sociétés rentrent malheureusement toujours ; elles nous permettent d'avoir de ces élans qui étonnent, et qui souvent sont les plus beaux monuments de l'humanité. (Très bien !) Il n'y a pas si longtemps que la révolution de février s'est accomplie ; je voudrais que vous pussiez profiter de cette circonstance pour abolir l'échafaud.

» Le jour où je verrai tomber les derniers fers et le dernier échafaud, je consens que ce soit le dernier de ma vie. (Très bien ! très bien !) »

Malgré ces ineffaçables paroles de Victor Hugo :

M. VICTOR HUGO : « Qu'est-cc que la peine de mort? La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie. Partout où la peine de mort est prodiguée, la barbarie domine; partout où la peine de mort est rare, la civilisation règne.

» Après février, le peuple eut une grande pensée : le lendemain du jour où il avait brûlé le trône, il voulut brûler l'échafaud. Ceux qui agissaient alors sur son esprit ne furent pas, je le regrette profondément, à la hauteur de son grand cœur. Ou l'empêcha d'exécuter cette idée sublime. »

La conséquence du rejet des deux amendements fut l'abolition de la peine de mort, mais restreinte aux cas politiques, ainsi que cela résulte des termes de l'article 5, ainsi conçu :

a Article 5. La peine de mort est abolie en matière politique. »

Article voté après la déclaration suivante de M. Vivien, membre de la commission :

M. VIVIEN : « Xous avons voulu aussi consacrer constitutîonnellement une pensée dont le gouvernement provisoire a eu l'honneur de prendre l'initiative. Nous croyons que la France fera, par cette disposition, un grand progrès dans une voie où nous souhaitons qu'elle ne s'arrête plus. «

Le gouvernement provisoire et l'Assemblée constituante, issus du 24 Février 18i8, avaient aboli la peine de mort en matièrepolitique ; le gouvernement issu du 2 décembre 1851 [)ropose au Corps législatif de la rétablir.

II propose de punir de mort l'attentat dont le but sera, soit de détruire, soit de changer le gouvernement ou l'ordre de successibilité au trône, soit d'exciter les citoyens ou habitants à s'armer contre l'autorité impériale.

Je me borne à exposer les deux conduiles, les deux politiques, l'une marquée au coin de la liberté, l'autre marquée

au coin de l'autorité ; je ne conclus pas, car il me faudrait dire toute ma pensée, et la dire n'est pas possible.

On lit dans le Moniteur :

i' s. M. rempereur a reçu de M"" la princesse de la Moskowa la lettre suivsnte :

« Sire, » Lorsque j'eus l'honneur de faire appel à Votre Majesté pour réclamer de votre justice un soulagement à ma position, vous eûtes la généreuse pensée de pi-oposer un projet de loi qui avait pour objet de me restituer les ai'rérages d'une pension que j'aurais dû toucher de 1315 à 1830, comme veuve d'un maréchal de France, si le maréchal Ney n'avait pas péri VICTIME d'une odieuse réaction.

« Profondément touchée de la bienveillante initiative de Votre Majesté, je devais espérer qu'elle serait unanimement accueillie par les corps politiques qui concourent à l'action de votre gouvernement. Il n'en a point été ainsi.

» Ce que j'aurais accepté avec reconnaissance comme une faible, mais juste réparation des torts matériels qu'on a faits à moi et à mes enfants ; ce que j'aurais pu réclamer au point de vue de l'équité, on a voulu lui donner les formes solennelles d'une récompense nationale, et ce n'est point il moi à me plaindre de cet honneur.

» Mais aujourd'hui qu'au sein du Corps législatif on s'apprête, à propos des réclamations d'une pauvre femme, à rouvrir des débats pénibles sur la mémoire de son mari, je ne puis souffrir que, pour une question d'argent, le nom de I'illustre victime serve encore d'aliment aux discussions des partis, et, en conséquence, je viens supplier Votre Majesté de retirer le projet de loi qui me concerne.

<) J'ai l'honneur d'être, avec la plus vive reconnaissance, » De Votre Majesté,

1) La très humble et très respectueuse ser\ante, a Maréchale Net, » Princesse de la Moskowa .

» Paris, 15 mai 1H.53. »

D'of/teuscs réactions peuvent tlonc l'aire tie la peine de mort un instrument contre « d'illustres victimes! « Quel avertissement opportun ! Quelle condamnation suprême de la peine de mort en matière politique !

rages.

iHôl. Ce qu'il faut que le peuple sache . . . , 3

— La France souterraine 11

— La Rue Transnonain 14

— L'Influence religieuse 16

— La Liberté du Roulage 19

— L'An 1852 22

— A qui la Responsabilité? 24

— Vigilance . 29

— Les Triumvirs 31

— Suffrage universel et Presse quotidienne 3ô

— Angleterre et France 38

— Aiitriclie et France 44

— Trois Jours : Trois Saisies : Trois Procès 46

— La République ne sera pas renversée 50

— Le Mépris des Lois 58

— Que faut-il entendre par ce mot : la toi? 60

— L'Héroïsme du Journal des Débats 62

— Mon Drapeau 64

— Le Privilège des Fusils 67

— Vive le Roi! Vive la Ligue! 70

— La République consolidée 72

— L'Obéissance passive 78

— Le Peuple ! La France ! 90

— Les Rigueurs salutaires 99

— Association contre Association 106

— Cause et Effet ., . . 108

— La Réaction dans la Creuse 111

— Le Socialisme 113

— La Foi dans l'Avenir 126

— Le Manifeste de 1848 et le Message de 1850 128

— Du Droit de Pétition 131

— Aristide Ollivier 139

— Ce qui est de Mode 143

— La Volonté du Peuple 150

Pages.

1851. . Trois Révolutions 154

— La Révolution française 155

— Infaillibilité da Pape et Liberté de la Presse 160

— Comptons nous 170

— Une Accusation sans fondement 172

— Le Parti de l'Agitation 178

— Le Vent des Révolutions 184

— Principes et Considérations 186

— Le Compte-Rendu de la Montagne 188

— Y a-t-il deux Justices? l'J2

— Le Droit de Pression • • • 1^^

— Visite à M. Ledru-Rollin 203

— Le vrai Nom de la Liberté réglementée 206

— Hôtel et Prison 209

— La Loi invisible 211

— Ham et la Conciergerie 214

— Égalité devant la Loi 218

— Les Travaux de la Veille et du Lendemain 237

— Où s'arrêtera-t-on? 238

— La Réaction par et contre la République 244

— Trois Questions 246

— Deux Gouvernements : un Fort, un Faible 247

— Railleries imprévoyantes 250

— Les Détenus de Belle-Isle 252

— L'Arrêt du Conseil de guerre de Lyon 257

— La Rigueur universelle 267

— Les Barbares du Passé 269

— A la Loi, opposons la Loi 273

— Le Candidat du Suffrage restreint 282

— La Liberté sage 283

— La Liberté triomphe et ne se venge pas 290

— Le Catholicisme et la Liberté 296

— Un Mot de Stanislas Girardin 300

— L'Opinion publique et le Jury 301

— M. Léon Faucher 310

— Soyez Logique ! 320

— Guerre aux Phrases 324

— L'Ordre et la Liberté conciliés 325

— Une Différence essentielle 327

— Les Deux Ères 330

— La Souveraineté qu'on a détruite 332

— Ayez la Logique de l'Intolérance ! 335

— Progrès de la Liberté en France 337

— L'Article 36 delà Constitution. 339

Pages.

1851. Le Règne de la Publicité 341

— Pesez les Votes et ne les comptez pins 343

— Le Coup d'État et le Coup d'Éclat 352

— La Calomnie et la Logique 353

— Un Manifeste pseudonyme 355

— L'Absence du Droit de dissolution 357

— La Politique et la Science 359

— Les Ministères impossibles 361

— L'État de siège restreint 364

— Ce qui met fin aux guerres civiles 367

— La Censure 369

— Pais ou Guerre aux Jésuites 371

— L'Élection du 30 novembre 1851 373

— La Proposition des Questeurs 376

— Le Jugement du 11 décembre 1851 403

1852. Conservons la République 407

— Les Proscrits 437

— Sociétés secrètes et Révolutions périodiques 473

— L'Unité de Presse 475

— La Presse sans la Liberté 502

— La Bourgeoisie 618

— La Révolution de 1789 621

— Ni Proscriptions, ni Conjurations 622

— L'Empire 626

— Le Supplice de la France 632

— La France accusée par M. Guizot 638

— L'École du Passé 642

— L'Amour fraternel 644

— La Paix et la Liberté .... 648

— Le Rétablissement du Serment 650

— Stabilité: Liberté 654

— L'Esprit de Parti et l'Esprit public 657

— Belgique et France 660

— La Domination légitime 662

— L'Observation du Dimanche 664

— Les Processions 669

— Aux Journaux français 678

— Qu'est-ce que le Peuple ? 684

— L'Unité 694

— Le Comte Alfred d'Orsay 699

— Le Pillage et l'Égorgement universel 700

— L'Attentat de Marseille 709

— La Liberté et les Bonaparte 711

— La Providence 717

rajes.

1RÔ2. Comment on entend la Liberté réciproque 720

— Une Épreuve décisive *25

— Aveux tardifs "37

1853. La Liberté de Consommation 740

— Qu'est-ce que la Liberté ? 742

— Les Devoirs de la Presse 745

Le Silence de la Presse 750

— Les Enseignements inutiles 752

— L'Ennemi de l'Empire 756

— Nécessité : Liberté 758

— La Presse travestie 760

— La Liberté de Correspondance 762

— La Liberté définie par Montesquieu 770

— Les Deux Écoles 774

— Plus de Théâtres ! 776

— Dissertation d'Aveugles 778

— La Peur 781

— Le Moniteur de la Liberté absolue . . 783

— Le Droit de la Logique 787

— Du Principe d'Autorité depuis 1789 789

— Liberté et Révolution ~90

— Rétablissement de la Peine de mort en matière politique. . 793

té

DC Girardin, Emile de

266 Questions de raon temps

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