‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 5)Chapitre 32 sur 231 · BALLES DANS CHAQUE CANON DE VOS FUSILS · texte numérisé non relu

BALLES DANS CHAQUE CANON DE VOS FUSILS

Ces paroles d'un préfet achèvent d'éclairer la discussion

qui a lieu à l'Assemblée législative sur la garde nationale.

Indignez-vous donc de ces paroles d'un détenu politique,

« qui a du fer a du pain. » lorsqirim fonctionnairo politiquo, après avoir dit : a Ndus avons pour nous Vorganisation sociale, la nun/isInifKi'e, i'adniinislratitm.lV/rmec,» leiniine sa harangue par ces mois : « Faites bien savoir à tout le monde (prau Ijesoin vous avez une bonne charge de poudre et deux halles dans chaque canon de vos fusils .' »

Est-ce clair ? Sur la question des fusils comme sur toute autre question, ce que la majorité repousse, c'est le di'oit : ce qu'(>lle veut, c'esl le privilège.

31 mai 1851.

Le Constitutionnel, en rejMMcluisant un onzième bulletin adressé au pkcple et a l'armée par un prétendu comité de RÉSISTANCE, fait ccttc rédexion à l'adresse de la Presse :

.< Que penser de ceux qui s'indignent parce qu'un fonctionnaire public, au centre d'un des foyers de la démoci'atie socialiste, a dit qu'au besoin il fallait que les hommes d'ordre eussent une bonne chai-ge dépendre et deux balles dans leur fusil ? A ce propos, on déclame contre ce qu'on appelle le pricilége du fusil. Pour nous, nous trouvons tout naturel que les honnêtes gens tiennent à n'avoir pas po'ur seule prérogative le privilège d'être égorgés et dépouillés. »

La Presse fait au Constitutionnel c(4t.e réponse : c'est qu'elle désapprouve également ceux qui des deux parts ne savent que menacer do la mort leurs adversaii'es politiques.

Terreur rouge et Terreur blanche lui paraissent également condamnables et barbares; la Terreur blanche parce qu'elle provo(iue la Terreur rouge ; la Terreur rouge parce qu'elle provoque à son tom- la Terreur blanche.

Ni l'une ni l'autre ne sont la Liberté.

Où la Liberté existe, il n'y a ni Terreur blanche ni Terreur rouge; on s'atlaiiueii ligndi'ance des honnnes et jamais à leui' existence.

Je m'étonne d'avoir à ajtjjrendre cela à M. Henri Cauvain.

Est-ce (jue .M. lleiu'i Cau\ain. le niarlial ivdacleur du

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