CAUSE ET EFFET
Si la minorité de l'Assemblée législative se donne trop souvent le tort d'interrompre certains discours, il est juste de convenir que c'est un tort dans lequel ne tombe pas moins souvent la majorité.
Le Moniteur est là pour l'attester.
Hier, par exemple, ces interruptions calculées, préméditées, ont été si multipliées qu'elles sont parvenues à rompre ie lien par lequel je voulais rattacher la circulaire du '^ mars 1850 aux déclarations du 19 juin 1849.
Le 19 juin 1849, M. Dulaure, alors ministre de l'intérieur, proposant de suspendre l'exercice du droit de réunion, faisait, à la tribune, les déclarations qu'on va lire :
« Nous sommes pénétrés des devoirs du gouvernement en face de l'exercice du droit électoral ; nous comprenons très bien que l'exercice do ce droit, pour être éclairé, a besoin de conférences et de discussions préparatoires. Nous nous reprocherions profondément d'apporter aucune entrave à la liberté des véritables discussions électorales. Je promets donc formellement, au nom du gouvernement, à l'Assemblée, que, dans toutes les réunions préparatoires véritablement électorales, où les élections seules seront discutées, aucune gêne, aucune entrave, de quelque nature que ce soit, ne sera apportée au droit des électeurs.
» Nous serons responsables envers vous , lorsque vous véritierez les élections, de la manière dont le gouvernement se sera comporté envers les réunions électorales. Si, dans ce que nous aurons fait, il y a un mol, il y a un écrit, il y a un acte qui ait été de nature à apporter la moindre res-