L'ERREUR DE TOUS LES GOUVERNEMENTS
Aussi longtemps que les gouvernements, parmi nous, ne changeront pas d'errements, il n'y a pas lieu d'espérer que se ferme le gouffre des révolutions. Il restera toujours ouvert .
Les gouvernements ne doivent plus être ce qu'ils furent; tout a changé, tout change autour d'eux. Par leur immobilité s'explique leur fragilité. Prévenir leur donnerait trop de peine, réprimer leur en donne moins; ils préfèrent réprimer. Pour prévenir, le savoir est nécessaire ; pour réprimer, la force suffit. La répression est à la prévoyance ce que l'état de nature est à létat de la civilisation. C'est la sauvagerie sociale.
Sans doute il faut réprimer, mais après qu'on a tout fait pour prévenir. La répression est le premier mot des gouvernements, il en devrait être le dernier.
Le gouvernement de 1830 a-t-il négligé aucun moyen de répression? Non. Eh bien! où cela Ta-t-il mené?
22 août 1848.
Cessez de nionlir! Ne dites plus : Liberté de la presse; dites : Suspension de la presse!
Par niTété du président du conseil chargé du pouvoir exécutif, quatre journaux : le Représentant du Peuple^ la Vraie Répnhlique. le Lampion, le Père Duchêne. sont suspendus.
23 août 1848.
Une réunion des rédacteurs de journaux est convoquée par le rédacteur en chef de la Presse pour demain jeudi, onze heures du matin, dans les salons Lemardelay, rue de Richelieu, 100.
L'objet de cette réunion est de se mettre d'accord sur l'adoption de l'une des résolutions suivantes, motivées sur ce que la liberté de la presse n'existe plus ni de fait ni de droit, dès que les journaux peuvent être supprimés ou suspendus sans saisie qui les avertisse, sans jugement qui les condamne.