LE COMMERCE N'IRA PLUS
Le Commerce est une question de diviseur.
Ce à quoi il ne sjun'ait trop s'appliquer, c'est à rendre insensibles, imperceptibles ses frais généraux ou décroissants^ afin d'accroître incessamment le nombre des consommateurs. On accroît le nombre des consommateurs en abaissant les prix à leur niveau.
La consommation est une pyramide : aiguë au sommet, carrée à sa base.
Au lieu de la pi-endre par le sommet, l'Industrie et le Commerce la prendront par la base.
Et le Commerce ira, et n'en ira que mieux.
Qu'on cesse donc de dire : Le commerce iVira i)lus !
S'il n'allait pas, ce serait sa faute ou celle des républicains : ce ne serait pas celle de la République.
Le Commerce de luxe s'effraie : il se croit perdu ; il a tort. C'est une épreuve h passer : elle sera courte. Tout le monde comprendra que ce n'est pas le moment de réduire sa dépense et de faire des économies. Réduire sa dépense en ces jours difficiles, ce ne serait pas grossir sa fortune, mais s'exposer à la ruine. Si l'on ne veut pas que le peuple se démoralise par la victoire, après s'être illustré par elle, il faut non-seulement que le travail ne se ralentisse pas, mais qu'il se répartisse, comme par le passé, entre toutes les classes d'ouvriers. L'ouvrier joaillier, le commis de nouveautés, la lingère, la couturière, la modiste, le tapissier, le carrossier, le sellier, ctc, etc., ont des besoins tout aussi légitimes que le boulanger, le boucher, l'épicier ou la fruitière.
Dépenser, aujourd'hui, c'est s'assurer.