‹ Questions de morale et d'éducation: Conférences faites a l'école de FontenayChapitre 1 sur 31 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Le présent volume est la réimpression, sauf quelques corrections de forme, de conféreures faîlcs à recela de Fontcnay-aux Roses en 1888, 1891, 189â, 1894, el publiées ces mêmes années par la Revue pedagogîque. Ces conférences n'étaient, k dire vrai, que des causeries 1res familières^ nullement destinées k la publication. Mais les élèves les ayant réd ignées avec une intelligence et un soin parfaits, et leur travail ayant été soumis à ma révision, de leur collaboration avec le professeur est résultée peu à peu la matière d'un petit volume.

On sait que Técole do Fontenay a pour mission de former des professeurs et des directrices d'écoles normales primaires. Les élèves y entrent vers Tàge de vingt ans et y passent au moins deux années. Elles sont au nombre de soixante-dix environ» reparties en sections des sciences et des lettres, IMusieurs enseignements sont communs ; renseignement de la littérature, de la psychologie, de la morale, de la pédagogie. Cette particularité est liée au principe qui

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domine tout le régime deFécole et suivant lequel tous les eiiseignemenls y doivent concourir à Téducation.

L'éminenL inspecteur général qui dirige rcnsemblo des études avec lanl de dévouement, de compétence, de tact et d'élévation de vues, souhaite qu'à côté do renseignement régulier les élèves entendent, de temps en temps, sur des questions importantes en ellesmêmes indépendamment des examens^ des expositions faites par des personnes étrangères au personnel ordinaire de l'école, et propres, soit h compléter leur instruction générale, soit à cultiver en elles Tesprit de réflexion et de conduite morale.

C'est aiïpelc de la sorte par M. Pécaut que j'ai traité à Fontenay de quelques questions intéressant la morale et Téducation. Quoique j aie préparé ces entretiens en vue de Tauditoire auquel ils étaient destinés, je n'ai pas songé a faire subir à ma pensée une adaptation quelconque. Je ne puis croire que Thabilelé, si bien îutentîonnéc qu'elle soit, fasse partie d'une saine méthode d'éducation; et J'estime qu'à l'école comme dans la vie, une seule chose est digne d'être ofl'erte ù Tàme humaine : ce qu'en conscience on regarde comme vraî<

La question, à vrai dire, ne se pose guère dans une école telle que celle de Fontenayj où les élèves ne sont plus des enfants cL ont été formées, par une direction si éclairée et si libérale, à vivre de la vérité. Mais si Ton généralise le problème, si Ton se demande dans quel esprit on doit aborder, à Técole, les choses qui louchent, non plus seulement àTinstruclion, mais

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à l'éducation propromeni dite, on no pourra se dissimuler que la réponse comporte des difficultés. Jusqu'à quel point avons-nous lo droit, vis-à-vis d'enfants qui nous sont étrangers, de nous faire proprement éducateurs? Disposons-nous d'une doctrine suffisamment incontestée, avons-nous Tautorité nécessaire pour jouer un pareil rôle? Ne peut-il pas arriver que ce que nous appelons nos principes se réduise à des opinions individuelles? Notre droit s'étend-il au delà de renseignement des faits, quiestproprementceque les familles attendent do nous, et ce qui seul comporte un contrôle certain? Pouvons-nous éviter ces questions? Pouvons-nous dire que, seules, la subtilité ou la mauvaise foi les tiennent pour délicates?

Une chose paraît incontestable. L'école n'a pas le droit de se désintéresser de féducation. 11 est clair qu'elle exerce une influence sur le caractt;re comme sur rintelligence. Puisque celte influence existe, it faut faire ea sorte qu'elle soit bonne. Mais ici commence la difficulté.

Selon une théorie que nous ont léguée quelquesuns des plus beaux gtMiios du siècle dernier, les luraifereSj à elles seules, en aflVanchissant Tliomme, le rendent nécessairement meilleur et plus lieureux. L'école, à ce compte, pour remplir sa mission éducatrice, n'aurait pas à cnvisag-cr dans l'éducaliou une fin distincte de Tinstruction propre ment dite. En poursuivant, comme pour lui-même, le progrÈJS de Tintelligence^ en se plaçant exclusivement au point de vue de la science comme étude des faits et de leurs

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