II. l'infaillibilité en action
Le premier chapitre d'un « Traité de l'Infaillibilité » devrait toujours être consacré à saint Pierre. Certains esprits, qui tiennent aux mots et aux é^quettes plus qu'aux réalités et aux choses, voudraient trouver dans l'Évangile le mot « Infaillibilité. » Nous avons vu que les cinq promesses de Jésus à saint Pierre contiennent en réalité tout le Dogme dont s'effrayent quel-
qaes âmes. Mais que dire des Actes des Apôtres? Je ne les puis jamais relire sans y voir* très- visiblenient rinfaillibilité en action. Oui, rinfaillibilité, et non pas seulement la primauté; car il y a une certaine primauté qui emporte rinfaillibilité avec elle. Qui prêcha le premier la vérité aux juifs? C'est Pierre. Le premier aux païens?
C'est Pierre encore. Quel est l'apôtre qui ouvrit les débats du premier concile de Jérusalem? C'est toujours Pierre. « Sauf un cas unique, les écrivains sacrés disent toujours : Pierre et les autres apôtres ; Pierre et ceux qui étaient avec lui, » Ils lui font une place tout à fait distincte, quoiqu'il soit entouré d'apôtres « inspirés dans leur prédication : » et l'on sent bien, à voir tant de majesté et une autorité si étendue, que les successeurs légitimes de ce premier Pierre ne sont pas faits pour être surveillés par des Conciles décennaux. Je suis, d'ailleurs, tout prêt à avouer que c'est là une preuve directe de la primauté, et non du dogme que nous défendons*.