Tite-Liv.', >LII, \-> : XLIV
m QUESTIONS lllSTORiniES.
Les Grecs ouvraient les yeux ; partout le jiarli de la Macédoine regagnait du terrain. Rhodes envoyait des ambassadeurs à Persée, préparait sa flotte pour lui et semblait devoir mettre à sa disposition la grande puissance maritime qu'elle avait acquise depuis deux siècles. Plus tard, en présence d'un envoyé de Rome, elle osait délibérer, et tout ce (pie pouvait le parti romain était de faire envoyer au préleur six des quarante vaisseaux que l'on avait préparés pour Persée. L'année suivante, le parti macédonien reprenait l'avantage, et Rhodes se compromettait par une médiation plus orgueilleuse et plus embarrassante pour Rome qu'une opposition ouverte'. Les Réotiens s'étaient unis à Persée par un traité; en Élolie, un nombreux parti se déclarait pour lui ; partout la nouvelle de ses premiers succès excitait une joie immodérée*. Dans toutes lesvilles, Persée pouvait compter sur la démocratie, à (jui il permettait d'espérer de lui une abolition de dettes. Mais ce qui est plus remarquable, c'est qu'une partie même de l'aristocratie penchait pour lui". Même en Acbaie, les ambassadeurs romains, qui parcouraient les villes pour sonder les dispositions des esprits, n'entendaient dans les assemblées que des murmures. Le conseil de la ligue, frappant Euml'ne à défaut des Romains, ordonnait la destruction de tous les monuments élevés dans lesvilles en l'honneur du roi de Pergame. Au milieu de l'assemblée fédérale, un stratège jusqu'alors fort modéré, dans un discours très adroit et très flatteur pour Rome, mais très favorable pour la Macédoine, osait annoncer à mots couverts qu'on se préparait à changer de parti *. A tant d'alliés, à Prusias, à Eumène, à Séleucus, à Carthage, à la Grèce, il ne manquait que de l'audace.
L'occasion était belle pour Lycortas et Polybe de travailler à rendre à la Grèce cette indépendance tant regrettée. Philopémen était mort, frappé par les amis de Rome. Ceux qui restaient n'avaient plus d'illusions: Rome était connue; on s'était plaint