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Questions monétaires contemporaines

L'ouvrage que nous présentons aujourd'hui au public émane d'une direction d'études que nous avons créée à la Faculté de droit de l'Université de Paris. Elle a réuni de jeunes docteurs, candidats à noire agrégation de sciences économiques. Tous s'étaient déjà distingués par des thèses et des travaux divers dont nous donnons l'éDumération à la suite de cette préface. En les groupant autour de nous, notre but a été de les pousser vers la production scientifique à un moment de leur carrière où trop souvent nos futurs agrégés se laissent absorber par des soucis de concours.

Mais comment procéder? Fallail-il, suivant la méthode des séminaires allemands, entreprendre des travaux individuels et sans lien de sujet les uns aux autres? Nous ne l'avons pas cru. Au risque de difficultés plus grandes, il nous a paru à tous qu'une œuvre d'ensemble était désirable. C'était d'abord le gage d'une solidarité faite pour obliger à l'effort. C'était ensuite l'espoir d'un résultat beaucoup plus important par le fait même de son unité. C'était enfin la chance de plus d'autorité dans notre rôle de direction ainsi limité. Il nous faut du reste déclarer que ce rôle a été très restreint. Nous ne sommes pas les collaborateurs de ce livre : nous n'en sommes que les inspirateurs. Après avoir fixé le sujet, réparti les tâches, examiné les pjans qui nous étaient soumis, c'est en toute liberté quant à la méthode et aux doctrines que les mémoires ont été composés.

Tous ne nous ont pas donné une égale satisfaction ; pour cer-

Vm PRÉFACE.

tains dont nous avons quelque fierté, nous n'avons eu que de légères retouches à conseiller; d'autres ont dû être remis sur le chantier, réclamant une documentation plus forte, et une construclion plus solide. De là, des retards inévitables queuous n'aurions pas voulu prolonger encore en poursuivant, — par une série de remaniements successifs, — le but chimérique de relever les moins bons au niveau des meilleurs. Nous savons, d'ailleurs, par l'expérience journalière de nos thèses qu'il est un degré d'amélioration diffîcile à dépasser.

Nous n'avons pas voulu non plus ne publier que les meilleures parties d'une œuvre, qui devait garder de la pensée même qui l'avait inspirée, le caractère d'une œuvre d'ensemble.

Personne ne s'étonnera si, à la suite de ces réserves impersonnelles, nous nous refusons au rôle de critiques; un simple devoir de bienveillant patronage nous interdit de le prendre. Le lecteur rendra au travail de chacun ce qu'il mérite d'estime.

Nous éprouvons cependant le vif regret de ne pas présenter au public, sur les questions monétaires contemporaines, l'œuvre intégrale que nous avions espérée. Des collaborations attendues nous ont fait défaut; nous avons dû renoncer à un chapitre consacré à la monnaie dans les vieilles colonies françaises, et un autre, beaucoup plus important sur l'Union latine, nous a manqué trop tard pour le confier à un nouveau collaborateur.

Nous faisons appel à la bienveillance du public savant pour une tentative dont il est aisé de comprendre en même temps la ■ difficulté et l'intérêt. Cet appel nous est facile puisqu'il ne s'agit pas de nous ; aussi pouvons-nous insister quelque peu. C'est l'un des sujets tes plus ardus de l'économie politique qu'onl abordé nos jeunes docteurs. Aucun ne s'était signalé jusqu'ici par des travaux sur les queslion» monétaires Nous estimons cependant que leur œuvre collective est une œuvre suffisante pour se jus-

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