‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 129 sur 238 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ha réionne monélaire allemande et le bimëlalUsme.

11 est nécessaire de jeter un coup d'œil sur la situation de chaque pays au point de vue niooétaire, pour comprendre les campagnes bimélallistes qui ont eu lieu dans chacun, ainsi que leurs chances de succès. L'Allemagne surtout devra nous retenir un instant. Sa réforme de 1S73 fut, au dire des bimélaltistes, la principale cause de la baisse de l'argent, et il est indispensable d'étudier toute la réforme allemande pour saisir dans son ensemble la question de la démonétisation des thalers et voir l'évolution très nette de ce pays sur le monométallisme or.

Parle traité de Vienne du 24 janvier 1857, tous les Étals de l'ancienne Confédéralion germanique admettaient un système monélaire uniforme avec frappe libre des monnaies d'or et des monnaies d'argent à plein cours libératoire. Mais on n'établissait pas un rapport lixe entre les deux monnaies. Bien mieux, les pièces d'or n'étaient pas monnaies légales. Elles étaient admises, dans les caisses publiques, non pas à un taux lixe, mais au prix déterminé par l'offre et la demande. Le taux, auquel chaque État recevra des pièces d'or, doit en effet être Hxé tous les six mois et pour six mois seulement: il ne peut pas être inférieur à celui que donne ta moyenne des cours du change pendant les six derniers mois. Les particuliers ne sont pas tenus de recevoir la monnaie d'or.

On établissait donc, peul-on dire, dans la Confédération germanique, un étalon d'argent. Mais bientôt la tendance de l'opinion se modifia. L'Autriche se retira de la convention de 1857, et à plusieurs reprises, on se prononça pour l'étalon d'or.

En 1870, le Conseil fédi^iral de l'Allemagne du Nord décida une réforme du papier-monnaie, comme le préliminaire néces-

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JOi RENÉ MPAROE.

saire d'une réforme monétaire. Le cKancelier aarait même voulu réunir une conférence internationale à ce sujet, lorsque éclata la guerre fraaco-allemande : mais le paiement de l'indemnité de guerre permit de h&ler l'exéculion de la réforme.

Une loi du 5 déct>mbre 1871 établit le double étalon avec rapport 1 à 15 1/2 : toutefois la frappe libre des monnaies d'ai^eat était interdite pour l'avenir. Sans décider la démonétisation de celles qui étaient en circulation, on prévovaitsans fixer un délai, le retrait des Ihalcrs dès que le chancelier de l'Empire le trouverait à propos. Par ta loi du 9 juillet 1873, on passait définitivement à l'étalon d'or ; les thalers devaient être peu à peu retirés de la circulation. Les lois du 5 décemlire 1871 et du 9 juillet 1873 ordonnaient en même temps une refonte générale des monnaies. L'unilé monétaire, uniforme pour tout l'Empire, était le mark qui devait contenir 5.532 grains anglais d'or. Les pièces de 5, 10 et 20 marks auraient force libératoire absolue. Les anciens thalers, restant en circulation, devaient continuer à avoir provisoirement force libératoire absolue. Les autres pièces d'argent n'auraient cours légal que jusqu'à concurrence de 20 marks. Les pièces d'or pouvaient être frappées pour le compte des particuliers; mais seul le Gouvernement pouvait frapper des monnaies divisionnaires, jusqu'à un maximum de 10 marks par tète d'habitant. Toules les anciennes pièces d'argent, à l'exception des thalers, devaient être remonnayées en marks. Le surplus, s'il y en avait, devait être vendu. Le chanchelier devait retirer peu à peu les thalers en circulation. Ënlin le papier-monnaie des Etats confédérés devait être retiré et remplacé par le papier-monnaie impérial.

Par suite de la démonétisation de ses thalers, l'Allemagne avait beaucoup d'argent à vendre. Elle l'écoutait dans les États bimélallistes qui l'entouraient, surtout en France et en Belgique, où, pendant les huit premiers mois de l'annt^e 1873, l'Hôtel des monnaies avait frappé pour 73 millions 1/2 de francs de pièces de 5 francs.

Pour arrêter celle invasion de métal blanc — alors surtout qo'il commençait à se déprécier et les grands stocks jetés sur le marché par l'Allemagne auraient suffi pour cela — on sait que l'Union latine prohiba la frappe libre. L'Allemagne ne put alors écouler son argent qu'avec de grandes pertes. Malgré tout, les

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