‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 185 sur 238 · MO. TH · texte numérisé non relu

MO. TH

— Finalement, en 1892,1e change sur Londres devint favorable : c'était la démonstration de l'excellent étal économique du pays, la preuve que la réforme était mûre'.

Dès le 26 février 1892, les deux ministres autrichien et hongrois, décidèrent de réunir deux commissions, se proposant la solution du même problème ; la commission autrichienne était composée de 36 membres, sous ta présidence de M. Steinbach, ministre des Finances, la commission hongroise de 21 membres, sous la présidence de M. Weberle *.

Celle commission avait à répondre aui cinq questions que voici :

1° Quel est tétalon à adopter?

2° Peut-on admettre deux monnaies : autrement dit, serait-on mono ou bimétalUste?

3° Sousquelles conditions devraient circuler les billetsde l'Étal?

4* Sur gîielles bases effectuerait-on rechange du florin-papter contre de l'or?

5* Quelle serait f unité à choisir?

Pour mieux répondre à ces questions, la commission institua

■ Le changea tqc sur Londres oscille en 1892, entre 119,40 et 119.75 (Parité 120.087).

* On remil k cette commission, entre ontrâs documents, trois brochures, auxquelles nous STons fait de fréquents emprunts, et doni Toici les titres :

1» Denfuckrift iifter den gang der Wahrvngsfrage, «il dent Jahre 1S67.

20 Denhtehrift iiber das Paptergeidioaen der œ>UrreMi$:/t-wngai-imh'!n Monarchie.

3> StstUtiieke Tabellen tùi- Wdhnmgtfrage do- œtterreiehitch-angarUchin iionarckie.

DigilizedbyGoOgle

PAUI. CAHKN.

une grande enquête, et du 8 au 17 mare 1892, inlerrogea toutes les personnes compétentes en la matière, depuis des professeurs, commeM.MengerJusqu'à des journalistes, comme M. Bénéditt, et des banquiers comme M. de Lucam.

Nous n'avons pas l'intention de suivre la commission, à travere toutes ses discussions, surtout en ce qui concerne les deux premières questions. On fut presque unanime, pour déclarer que l'étalon d'or s'imposait, et que l'aident ne pouvait jouer qu'un râle auxiliaire.

Surla troisième question, les avis furenttrès partagés; les uns, ne considérant que l'exemple de la France ou de l'Angleterre, demandaient qu'une certaine partie de la circulation fiduciaire, ne fût pas couverte par des espèces, etcela, aRnde rendre le taux de t'escompte le moins élevé possible. D'autres, au contraire, inquiets du passé financier de la Monarchie, exprimaient l'avis, qu'il fallait h tout jamais sortir du régime du papier-monnaie.

Sur le quatrième point, on fut d'accord, pour décider, que la réforme monétaire, ne devait apporter aucun trouble sur le marché et, particulièrement, ne causer aucun dommage aux porteurs étrangers*.

La cinquième question o'olTre, pour nous, aucun intérêt.

Tel est l'aspect théorique de la question : le Gouvernement, en somme, ne pouvait trouver dans celte enquête, que des indications assez vagues, et d'autre part, l'opinion publique le forçait à agir.

Ce fut alors qu'il résolut de trancher définitivement, les deux questions capitales :

1" Sur quelles bases se ferait la conversion de la monnaie de papier en or?

2" Où trouverait-on les ressources nécessaires?

l" Sur quelles bases, d'abord, se ferait cette conversion '? — L'enquête, ici, apportait deux données : a) il ne fallait pas adopter d'autre monnaie que celle d'or (en principe);

' Compare! li Russie, p. 534 et suit.

s Cotte question est aniTersoUoment connue 30u« le nom de raluta, lerme qoo nom proférons ne pas employer, car ce mot a, depuis. Été pria dans différents sens, et signitle aujourd'hui, d'une façon générale, question de It conversion de la monnaie de papier.

L'ABOUTION du cours force en RUSSIE ET EN AUTRICHE. 381

à) il ne fallait causer aucua dommage aux porteurs de billets.

Eq ce qui concerne le premier point, il ne faut pas perdre de vue, que le florin-papier était remboursable en argent, et que, d'autre part, une loi de 1879, avait supprimé la frappe libre de l'argent. Donc, puisqu'on ne pouvait pas rembourser le florinpapier en argent, il fallait le rembourser en or, mais en tenant compte, évidemment, de la perle de l'aident ' par rapport à l'or. Celte perte, on la calcula sur tes cours de l'or et de l'argent, à la Bourse de Vienne, entre 1879 et 1892, el l'on trouva le chiffre moyen de 18,22. Ce premier résullat fut donc acquis : la nouvelle monnaie serafit conçue, de telle sorte que, si l'on conservait la même unité de poids, que celle de l'ancien florin en argent, la nouvelle pièce vaudrait 18 (1. 22 argent, ou ce qui revient au même 18 fl. 22 papier.

Pour le second point, afin de ne pas inquiéter le marché international, dès que la réforme fut bien décidée, on publia partout que le change se ferait, sur les bases actuelles de la valeur de l'or, prise sur le plus grand marché, celui de Londres, soit au cours de 120, c'est-à-dire de 2 fr. 10 par florin.

Et si celle décision fut vivement attaquée, c'est surtout parce que les spéculateurs étrangers (et particulièrement allemands), avaient espéré que l'échange se ferait sur un taux plus élevé. Le raisonnement qu'ils se tenaient était simple : la Monarchie allait avoir besoin d|argent, donc, elle avait tout intérêt h ce que les étrangers aient confiance en elle, et par suite, elle devait les favoriser, par un taux d'échange élevé. Maïs les ministres des finances de l'Empire, crurent mieux faire, en adoptant purement et simplement le cours réel actuel de l'or. Ainsi, ils pensaient que l'opération serait plus vite classée, car la spéculation ne pourrait pas s'emparer de la différence de valeur entre les billets d'État et le cours réel de l'or. Par exemple, si au lieu de 2 fr. 10 par florin (au cours réel de l'or) ils avaient donné 2 fr. 20, il se serait produit, — ou que les porteurs étrangers de billets se seraient hâtés de demander le remboursement, pour profiter de la prime, — ou que les. spéculateurs, auraient continué i jouer sur la différence, entre ta valeur du papier et celle de l'or. Sans compter que, les banquiers, à l'in-

t Comparez la Rassia, p. 5S0.

s** PaTÏ- CtHES.

lérieor du pavs. annient po dnioer âne grasde qiuBlit« de papier, fécbio'/er sor les marcbés «lérienn, profitant de U sarie de la prioie qui leur aorait été unsî béDéToleoMat acconiêe.

Poor iftalin ces raisons, le GoaTememeol cml bien faire, ea adoptant le coars réel de l'or.

Ajaol aiQ*i délerminé les bases de l'échange, il fallait créer uDC monnaie, qui pot remplir les cooditioos imposées. Ce lot TteoTre des loi5 du li mai 18!I2.

Puisque la base était le rapport de f a 18^ entre l'or et l'argent, el que dans 1 kilogrammedargenton faisaitMflorias, on décida de faire, dans l kilogramme d'or, 90 x 18,23, soit l.fiiO fièees de 1 florin de la nouvelle monnaie. — Pour aider les transactions, au lieu de faire des pièces de ^ Qoria, oo en fil d' I â fiorÎQ, aulrpment dit, avec I kilogramme d'or on fit 3.280 oou- Telles pièces : ite fut la « couronne - qni Tant i 2 ancien florio.

Telle est la première partie de l'opératioa que Ie5 ministres ili-s Finances hongrois et aalricbïen demandèrent à leurs Parlements de ratifier.

Natorellemeot, on prévil, en même temps, toute une série de mesures transitoires, — le retrait des billets et des anciennes pièces ne pouvant se faire que graduellement, tl fallut aussi créer tout<! une monnaie ditisionnaire. d'accord avec la nouvelle unilê monétaire adoptée. D'ailleurs, on remettaità l'arenir, la question d(! savoir ce qu'il adviendrait des monnaies d'argent anciennes, — les quantités qu'on en laisserait en circulation. — et les mesures à prendre pour retirer les billets d'État.

2° Où trouverait-on Us ressources nécessaires?

Le second problème à résoudre, était celui qui consistait, à se procurer les fonds nécessaires.

Les deui Gouvernements hongrois et autrichien, commencèrent par recourir à une conversion, en 4 0/0, de la rente 5 0/0, conversion qui réussît admirablement, et dont les bénéSces devaient permettre, de faire face au service des intérêts des nouveaux emprunts, qu'il devenait nécessaire de contracter sur les marchés étrangers'.

' Pour toute cette parlîe, Donsaranf «u, fréqaeniineat, rocouri A réIuded'Aleita-

l'abolition du cours forcé BN RUSSIE ET EN AUTRICHE. 583

Seul, en effet, l'emprunt pouvait coostiluer un moyen efficace, pour réunir les ressources dont on avait besoin : c'était à coup sâr le procédé le plus simple.

Mais, auparavaut, il était indispensable de fixer les chaînes, incombant & chacun des deux pays, et de Taire le partage de la dette Ûottaote, afin de savoir d'une façon précise, combien chacun des deux gouvernements, devrait rembourser de billets, et par suite, emprunter : une commission mixte nommée dans ce but, attribua k l'Autriche 70 0/0, du papier en circulation, soit Si8. 400.000 florins-papier, ou 183.4S6.000Ûorins-or. Le Gouvernement autrichien, fut donc autorisé ', à émettre un emprunt de 163.4S6.000 Ûorins-or', dont le montant devait être transformé en monnaie, et être échangé contre une quantité égale de papier-monnaie. M. de Plener, ministre des Finances, ne jugea pas utile toutefois, d'émettre un emprunt correspondant exactement, À la valeur du papier en circulation, et il se contenta de demander aux capitalistes, une somme de 150.000.000 de florins, ce qui fit rentrer un stock d'or de 143.774.000 florins. — De même, la Hongrie, autorisée par cette loi du 2 août 1892, à émettre un emprunt de 90.000.000 florins-or, n'y recourut que que pour une valeur nominale de 42.000.000.

D'ailleurs, cette année 1893 fut marquée, pour l'Autriche, par toute une série de déboires; alors que la reprise des paiements en espèces permettait d'espérer une consolidation des cours du papier, et par suite, une amélioration du crédit du pays, de nature à faciliter les opérations du retrait, il se produisit, au contraire, une crise assez intense sur la Bourse de Vienne.

Cette crise était due à plusieurs raisons.

D'abord la balance du commerce fut défavorable, et pour la première fois, depuis longtemps, le chiffre des importations dépassa celui des exportations (de près de 10.000.000 de florins)^

dre Spltzmùller, publiie daai le Ztiuehrift fiir Volktioirthtckaft Soeïalpolitik und Vertaaltung.

■ Loi du 2 aoUt 1S9!.

> Ca fut te groupe Rothschild qai se chargea de cet emprunt, dont une partie feulement fal émise.

» Exportation de 1893 824.300.000 florins.

IroporUtion 834.100.000 —

DiFFËBBNCE. .. 9.800,000 florins.

D'aulre part, la crise monétaire des Étals-Unis et celle des Iodes» deTaient, forcément, avoir leur répercussion sur un pays dont le régime monétaire était en pleine transformation. Mais la principale cause de celte crise, ce fut que tes marchés étrangers, ne ToulantpasavoiràsoufTrirdes conversions effectuées, avaienlre- |eté,surle marché de Vienne, les litres de rente austro-hongroise qui ne leur rapportaient plus assez, et ces ventes, parfois précipitées, produisirent un état de malaise, qui, jusqu'à 1898, pesa surtout le marché delà Monarchie'. Naturellement, le cours des changes se ressenti) de cette situation ; bientôt, il devint défavorable, et le papier sur Londres alteignit jusqu'à 427,6S (parité 120,087) : c'est dire que, dans ces conditions, les achats d'or à l'étranger, les importations de monnaie, étaient devenues difficiles et coûteuses'.

Cependant, les Gouvernements autrichien et hongrois, résolurent de continuer, quand même, l'œuvre commencée. Au risque d'entratncr encore une hausse des cours du change, ils retirèrent de l'étranger tous leurs fonds disponibles, afin de se procurer l'argeot nécessaire pour poursuivre la réforme, — sans chercher à en user (comme nous l'avons vu faire au Gouvernement russe), pour améliorer les cours du change. Malgré la situation fâcheuse du marché, les deux ministres des Finances, conclurent, le 24 juillet 1894, un accord visant l'achèvement de la réforme monétaire. Et le but qu'ils se proposaient

1 Voici, de IS9tà 189S, la prime de l'or surles billels.

rMoysnm do coon dn N*paléim d'or, >^1)

Il change h vue sur Londres (marchi de Vienne). Oonra le plus bu Oonn Is plu but

(parut 110.087)

L'ABOIiTtlON DU COURS FORCÉ BN RUSSIE El EN AUTRICHE. 38S

d'alleindre, (malgré des critiques assez vives), était, préciséineDl, de meltre fin à cet étal de malaise, eo affirmant que leurs Gouveroemenls respeclirs étaient capables de réaliser les plaos arrêtés, en consolidant le crédit de la Monarchie, — qui n'empruntait, que pour solder les dettes de son passé. D'ailleurs, on était bien résolu, à n'aller qu'avec une extrême lenteur, afin d'éviter le retour de tout afToleinent.

Par cet accord du 24 juillet 1S9i, les deux Gouvernements décidaient, d'arrêter les émissions de billets de 1 florin, et d'amortir pour 200.000.000 de florins de papier-monnaie, comprenant, d'abord, les billets de 1 florin, puis ceux de 3«t de 50 florins'. En échange de ces billets, afin de ne pas gêner la circulation monétaire, on décida de mettre en circulation, pour 40.000.000 de florins, en pièces de 1 couronne; pour le surplus, les billets d'Ëtat devaient être échangés, contre des florins en argent, ou des billets de banque. A cet effet, on remit à la Banque 160.000.000 de florins (200.000.000 moins 40.000.000) en pièces d'or de 20 couronnes', et celle-ci mit à la disposition des porteurs de billets d'État, soit des billets de banque, soit de l'argent. Cette opération devait commencer immédiatement, et prendre fin en 1899.

Son succès, dans l'ensemble fut complet. Au 24 juillet 1894, il y avait en circulation S7.883.361 billets de 1 florin : on disposait donc d'une somme de 200.000.000 moins 57.883.361, 3oitl42.116.639 florins, pourTéchange des billets de 5 et 50 florins. Dès la fin de 1895, 36.000.000 de florins, en billets de 1 florin, avaient été remboursés. Quant aux billets de 5 et de 50 florins, le retrait s'en effectua assez vite, et k la fln de 1896, on avait épuisé le crédit, et remboursé pour 123.124.950 florins, en billets de 50 florins, et 18.991.690 florins, en billets de 5 florins. Et au total, en 1899 (fin de l'opération), il ne restait plus en circulation de billets de 1 florin (sauf pour une somme de 671.978 florins, qui n'avait pas été présentée à l'échange, et fut considérée comme annulée), — eton avaitretiré entout, pour

< Pour bien comprendre cette opérstion, il est aécesaBire de se rappeler d'ibord, qae les MilnEscheine aTiientétA retirés eatre 1868 et 1870, —ensuite, que, par la cdq- TentioQ de 1858, l'Etat n'avait pas le droit d'émission (réserré à la Banque) pourlei billets de 10, 100, 1.000 florins — et enfin que, depuis 1866, les billets de 1, 5 et 50 florins STaient cours forcé.

ï Dont 112.000 pour l'Autriche (70 0/0), «tle reale pour la Hongrie.

586 PAUL CAHEM.

200.000.000 de florins de billetsd'État: et comme la circulalioD, en billets d'État, était, en 1894, de 312.000.000 de florios, il s'ensuit, qu'il ne resUit plus que 313.000.000 moins 200.000.000 ='112 millions. — Pour couvrir ces retraits, on avait émis pour 40.000.000 de florios eu pièces de 1 couroane, 38.841.313 florins en florins d'ai^enl, et 120.486.710 florins en billets de banque, (billets dont la couverture avait été versée en or à la Banque).

Devant le succès de celle première opération, le Gouvernement j-ésolnt, eo 1899, de retirer les 112.000.000 de florins restants'. A. cet effet, les Gouvernements remirent à la Banque ces 112.000.000 de florins, en pièces d'or de 20 couronnes', et en échange, la Banque devait se charger du retrait, et mettre i la place, eo circulalion, 32.000.000 de florins en pièces d'argent de 3 couronnes, et 80.000.000 de florins en billets de banque de 10 couronnes.

La mise en circulation de cette nouvelle monnaie, fut commencée par la Banque d'Autriche-Hoogrie, aussitôt que le ministre des Finances* eut réglé les conditions d'émission des nouvelles pièces de 5 couronnes, et que les deux Gouvernements eurent fait, à la Banque, les dépôts d'or prescrits'. El dès que, par l'ordonnance du 10 août 1901, l'émission des billets de 10 couronnes fut autorisée, on procéda au retrait des derniers 112.000.000 de florins eo billets d'Éta|, et à partir de ce moment, la Banque seule, à l'exclusioa de toutes les caisses publiques, eut la mission de procéder aux opérations de retrait. Pourtant, le cours forcé des billets d'État fut maintenu, jusqu'an 28 février 1903, et les (laisses d'État furent tenues de les recevoir eo paiement, jusqu'au 31 août 1903. Quant à l'opération proprement dite, elle doit être terminée seulement au 31 août 1907.

A ce régime, les billets d'Élat devaient disparaître rapidement, et au l"janvierld03, il en resUitàpeine pour 3.000.000 de florins; aussi, les Gouvernements décidèrent-ils de demander le droit de fixer, par décret, la date des reprises des paiements en

■ Loi da 21 septembre 1S99 poac l'Autriche, et loi 31 dtcembre 1899 pour I* Hongrie.

» Dont 78.400.000 florins pirrAolriche.«133.600.l)0iJ p«rU Hongrie.

■ Ordoonances des 9 et 15 ours 1900.

* Les ressonrcei nécessaires prOTenaient, p*rli« de l'emprunl, et partie d«« r^ ï«rvea d'or libre de U ciisee ceatnie.

l'abolition I)L' cours FORtJË EN RUSSIE ET EN AUTRICHE. 587

«spèces, la réforme esl donc, à l'beure actoelle, com pi élément terminée, au moins en ce qui concerne les billets d'Élat.

U reste, eneRel, ta question des Salinescheine, tout à Tait indépendante de celte des billets d'Élat proprement dits' ; ce sont simplement des bons du Trésor offrant des garanties spéciales, témoignant ainsi que l'État n'a pas une très grande confiance dans.son pitipre crédit, puisqu'il éprouve le besoin de donner des gages à ses créanciers'.

Tel est, dans son ensemble, l'historique des efforts qu'a ^û faire l'Autriche pour parvenir à sortir du cours forcé ; comme en Russie, il a donc fallu un siècle, pour revenir à une circulation monétaire saine, et encore la réforme n'a-t-elle pu s'accomplir qu'avec une eitréme lenteur, une extrême sagesse. Compromise par l'état de malaise de 1893, elle fuljugée défavorablement dans tout le pays, et peut-être n'aurait-elle pu aboutir, si, à partir de 1898, le réveil économique ne s'était produit', après la crise qui avait, pendant plusieurs années, paralysé tout effort.

C'est que, sous quelque aspect qu'on considère la question monétaire, il faut bien reconnaitre, qu'il n'est possible à une nation

> Ed 1899, ou décida, au moment du ralrait des 112.000,000 florins restants, de bita lèparer le sort des bous hypothécaires, de ceiaides bilJets d'État. Il existait, à ce moineiil, en cii^;ulation, pour 13.316. IXK) fliAios de bïUeU d'Étal, remplaçant de* obligaliona hypothécaires partielles. Les billets d'État, Turent amortis, dans les premiers mois de 1900, à l'aide d'obligalions hypothécaires partielles.

' Co rdgime eropScbe même, complètement, l'émission de bona du Trésor, et crée ainsi une dette flot tan le, dont l'amortissement n'esl pas certain, et dont les échéances peuvent #tre indéfiniment reculées.

' Voici, de 189i à 19û£. le chiffre des exportations etdes importations de la Monarchie :

ADDéei. Importations. BxportaUoDi.

(en

millier* de omironnea).

. . l.lto.ooo

l.»li.OI»

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