millioiis
1868de£..
1873 de JE..
. 1890 de t.
1900 de £..
1902de£..
I90ide«..
soit quatre milliards 1/2 de £... de plus qu'en 1873 ou une augmentation de 66 0/0 en trente ans.
Aux Étals-Unis le total des Clearing bouses (y compris celui de New- York) était :
1880 de 258.9i3 millions
de francs
ou, en vingt ans, une augmentation de 140 0/0.
En France, au contraire, les effets compensés à la Chambre de compensation de Paris ne s'élevaient, en 1872-73, qu'à 1 .057 miliionsde francs et, en 1903-1904, & 8.559,8, tandis que les opérations du Clearing bouse de Londres s'élevaient à 250 milliards '. Mais il faut se souvenir {* que les agents de change de Paris liquident eux-mêmes leurs affaires par voie de compensa-
< Bulletin dt Statitti^[ut, 1904, p. 7W.
LA MONNAIE ET LES PRIIl.
tion; 2* que la Banque de France rempli! pour toute la France l'ofâce d'un vaste clearing house gr&ce à ses mandats de virements. 11 y a donc lieu de tenir compte, pour la France, des vireraenls de la Banque de France qui se sont développés dans des proportions considérables :
De 6.998 millions en I8S0, les virements de la Banque de France se sont élevés, en 1875, à 59.638, à 86.661 en 1890 et à 124.963 . en 1903; s'élevanl de 1800 0/0 en cinquante ans et de plus de 100 0/0 dans les vlnfi^t-cinq dernières années. On voit que les compensations des chèques et efTets de commerce pour les clearing bouses américaines sont remplacées en France par lesvirements de la Banque de France.
Mais ici encore, en face de ce développement des procédés de règlement amétalliques, il ne faut pas oublier que, si en un certain sens l'accroissement de ces succédanés de la monnaie produit une économie de numéraire, il présuppose par ailleurs un certain accroissement de la monnaie métallique. Le développement du crédit, comme celui de la circulation Rduciaire, est une des causes qui a nécessité l'accroissement de l'encaisse métallique des grandes banques dont nous parlions tout à l'heure : les encaisses des Banques s'accroissent à mesure que la circulation fiduciaire s'étend et à mesure que l'usage du chèque comme du billet de banque se généralise. L'énorme développement des compensations et virements et l'extension de la circulation fiduciaire ne produisent pas une économie nelte de numéraire, puisqu'ils rendent nécessaire l'extension de la base métallique sur laquelle ils reposent.
Après avoir envisagé chacun des différents succédanés de la monnaie, on doit considérer l'ensemble des moyens d'échange et de règlement amétalliques et rechercher dans quelle mesure leur emploi diminue celui de la monnaie métallique. Le développement des succédanés de la monnaie a-l-il été égal, inférieur ou supérieur au développement des transactions? Quel chiffre doit-on défalquer de la masse brute des transactions pour obtenir la masse nette? La vériRcation expérimentale de la théorie quantitative rencontre ici un obstacle qui nous paraît, en l'état de nos connaissances statistiques, insurmontable: il n'existe pas de statistique donnant la proportion des achats et ventes faits avec et sans monnaie. Même, si nous connaissions la proportion
liO EDOUARD DOLLftANS.
de la masse nelle à la masse hrule des transaclîoas, serionsnous en droit de nous servir des évaluations qui ont élé faites du développemenl des transactions pendant le dernier quart du XIX* siècle? Les indices indirects, sur lesquels on peut s'appuyer pour établircelte évaluation ne sont ni assez concordants ni assez généraux pour autoriser les iaductions qu'on voudrait en tirer. Les évaluations, (]ue nous n'avions acceptées que provisoirement, paraissent étrangement arbitraires; elles nous semblent destinées à montrer combien il est hasardeux et chimérique de chercher à mesurer le volume des transactions ou même ses variations.
Les difricultés, qu'on rencontre dans l'évaluation des stocks monétaires, et les contradictions des statistiques de stocks peuvent sembler négligeables pour quelque importantes qu'elles soient en réalité. Mais, en présence de l'arbitraire des évaluations du volume des transactions, toute vériQcation espérimenlale lin peu précise de la théorie quantitative nous paraît impossible; c'est ce que pense l'un des plus Tenues partisans de cette théorie, M. A. Marshall, qui s'exprime à ce sujet en ces termes :
(< Je pense que nous n'avons pas et que nous ne pourrons pas avoir, en celte génération, de statistiques capables de nous permettre de suivre le rapport statistique entre le montant des métaux précieuxoujepréférerais dire entre la quantité de monnaie et le niveau moyen des prix; car, en supposant que la masse monétaire reste la même, la hauteur de la moyenne des prix peut varier par suite de diverses causes :
1* Variation dans le volume des marchnadises vendables. -
2* Variation dans le nombre moyen de Tois que chaque objet change de mains annuellement.
3* Variation dans le nombre de fois que chaque pièce de monnaie ou chaque élément de la masse monétaire change de mains annuellement.
1* Proportion qui existe entre les achats compris dans la circulation monétaire et ceux qui se passent en dehors d'elle ' ».
■ A. Mtnbajl, q. 9,629 ia tppandU to the Fiaai Report of Ihe Ro;>l Commisaion ■ppoiQled to iaquire iato the récent changes in the relatiTe Talae of Um precious mellls (LoDdon, IB88).