‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 48 sur 238 · II. — ANGLETERRE · texte numérisé non relu

II. — ANGLETERRE

M. Nogaro a répété pour l'Angleterre' l'expérience qu'il avait faite pour la France : de 18S0 à 1900, il ne lui parait pas possible d'établir une relalioa entre les mouvements des prix et les niouveraenU de la balance métallique; à partir de 1890, par exemple, à un excédent d'importations qui devrait produire la hausse correspond la baisse; à ua accroissement du stock métallique de 1.200 millions en cinq ans répond une baisse continue de prix.

m. — ËTATS-UNiS.

En Amérique, MM. Mac Lean Hardy, Laughlin etMitchellont «u l'ambition de réunir et de comparer un ensemble plus complet de statistiques ; ils ont cherché à représenter ou même à évaluer le développement des transactions pour l'introduire dans leur essai de vérilication.

M. Mac Lean Hardy', pour la période qui s'éteod de 1860 à 1891, a réuni, année par année, des renseignements statistiques sur les quatre points suivants :

1* La circulation monétaire or, argent, papier-monnaie et bil-

■ Nogaro, op. eit., p. 183-18*.

»The Qiuntit;of Mooe; aod Pricas (1860-1891), Journal of politioal Eeonamy

tl6 Adouard dollëans.

leU, chiffre absolu et valeur proportionDelle, d'après les états publiés par le secrétaire du Trésor.

2* Le niveau moyeo des prix d'après l'enquête de 1893 et les index AIdrich-FaIkoer.

3° Les opérations du Clearing-houso de New-York (chiffres absolus et valeur proportionoeHe).

4° La prime de l'or pendant le cours Torcé (1862-1878).

Quelles conclusions son auteur en a-t-il tirées? En laissant de côté la période du cours forcé (I862-I878), on peulconslaler une baisse de prix de 16 0/0 de 1882 à 1892 (index 1882 : 1U8 et 4891 : 92). Cette baisse de prix s'cxpHque-t-elle par une contraction de la circulation monétaire? Nullement, puisque de 1882 k 1892 cette circulation s'est élevée de 269 0/0 à .%7 0/0 et que, comme nous l'avons dit plus haut, c'est pendant cette période que s'est formée l'énorme encaisse du Trésor des Étals-Unis. Veut-on faire appel au développement des transactions pour expliquer cette coatradictîon apparente? M. Mac Lean Hardy a fait intervenir le chiffre des compensations au Clearing-bouse de New- York pour montrer que, loin de s'être accrue pendant celle période, l'aclivité économique était restée slalionnaire : dans son tableau le mouvement du Cleariog-house de New-York aété choisi comme l'indice indirect du volume de transactions, choix assez judicieux, car le mouvement des compensations représente bien, sinon la masse netle, du moins la masse brute.

M. Hardj conclut en ces termes : « La circulation el les prix aux Étals-Unis marchent toujours en sens contraire el, quelles qu'aient pu être les causes réelles de la dépréciatiqa des marchandises, le plus ou moins d'abondance de monnaie n'y est pour rien ».

M- Laughiin' a voulu rendre cette tentative de vérification plus frappante encore en la traduisant par un diagramme que nous donnons ci-contre el quipermetfle comparer trois courbes:

1° Variations des prix de 1860 à 1898.

2* Variations du volume de la circulation monétaire par rapport à l'année 1860, année de base égale k (00.

3° Variation de la circulation monétaire par tête d'habitanl par rapport à l'année 4860*.

' Laughlin, The principUi of nion«y (p. 328), Sow-York, 1903.

* Afin de répondre à l'otyection faite par le général Walker (0. /. of E., juil-

De cette companùsoa, il résulte, selon M. Laughlin, qu'il a'esisie aucun rapport eotre les varïatioos de prix et les variafionn du volume de la circulation monétaire.

M. Mitctiell' a voulu tenir compte d'une objection qui a pu être faite à la tcatative de M. Hardy. On peut dire que ie mouvement des Glearing-houses est un indice défectueuxdu dévetoppementdes transactions puisqu'il indique le développement^ non de la masse netle des Iranasclioog, mais de la masse brute, sans qu'on puisse savoir la proportion dans laquelle ce développement a accru ou non le besoin de monnaiemétallique. Onpourraitméme aller jusqu'à dire que, loin de prouver un accroissement de ce besoin de numéraire, le mouvement des Clearing est un indice desa décroissance. Pour parera celte critique, M. Mitchell a cherché à calculer par ailleurs l'accroissement du besoin de numéraire qui vientdu développementde l'activité économique. De 1860 à 1891, selon cet économiste, l'accroissement

lit 1895) qui prAteDdait qu'an ne tenait pu compte da la demande de moaoaÎA rAsaluat del'acCFoÙHineDt delà popnUtÎQD.

' Oaanlitjr Iheorj of Uie Vaine of Honey, Jotim. of.pol. Be., Marah. 1896.

8D0UARD DOMAANS.

total de volume des bieDB échangeables a été du double en agriculture et d'un peu moias do quiotople eu industrie. 1/ abolition des intermédiaires et d'autres progrès semblables ont diminué le nombre de fois que les mêmes biens changent de mains et réduit dans cette mesure le volume des transactions. Le crédit 8*est développé de 1 100 0/0 et la circulation monétaire s'est accrue de 350 0/0. Par conséquent, si en 1860 on représente le besoin de numéraire par 400 unités, on peut dire qu'en 1891 il était au moins égal à 500. Si, en 1860, la circulation métallique formait 63 0/0 de la totalité des moyens d'échange (y compris la circulalion fiduciaire), en 1891 elle n'en formait plus que 33 0/0. Le travail de la monnaie en 1860 était de 63 0/0 des 100 unités ou de 63 unités. Donc, le travail de la monnaie, représenté en unités, s'est accru de 266 0/0. Mais d'autre pari, la monnaie métal tique actuellement en circulation s'est accrue de 350 0/0. Par suile on ne peut pas dire que la baisse des prii de 1860 à 1891 puisse être assignée à une augmentation du travail monétaire en disproportion avec l'augmentation de la monnaie elle-même. M. Laughiin' a dressé le tableau suivant destinée moutrer les variations delà monnaie eldes prix pendant la période de crise de 1873.

ANKËBS.

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