MOIS
Fig. 12. — Evolution de la chronaxie des nouveau nés.
A. Chionaxies des points moteurs des muscles.
B. Chronaiies des nerfs Médian et Radial.
nelle des nerfs et des muscles. Le nouveau-né remue beaucoup plus les doigts et la main que l'avant-bras et le bras, et c'est au moment où les chronaxies atteignent les valeurs de l'adulte que l'enfant fait ses premiers essais de se mettre debout et de marcher.
5° Quand on étudie 1 attitude que prend le membre supérieur abandonné à lui-même, au repos, on voit une demi flexion des doigts sur la
1. A, Westphal, Archiv. fin- Psychiatrie und Neroenkrankenheiten, XXVI Band. 1894.
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main, de la main sur l'avant-bras, de l'avant-bras sur l'épaule. Cette attitude est due à la prédominance du tonus des muscles fléchisseurs sur celui des muscles extenseurs. Or les muscles antérieurs ont une chronaxie plus petite que les muscles postérieurs, c'est-à-dire qu'ils sont plus excitables. 11 y a donc un rapport entre le tonus des muscles normaux et la valeur de la chronaxie. Je ne veux pas dire que la chronaxie donne toute l'explication du lonus, mais il me semble qu'elle en est un des facteurs : cette hypothèse reçoit d'ailleurs une confirmation de l'étude des muscles hypertoniques dans certains états pathologiques, comme nous allons le voir.
Telles sont les lois de physiologie générale du système nerveux que l'étude de la chronaxie normale de l'homme m'a permis de découvrir.
3° Physiologie pathologique.
L'étude des variations de la chronaxie en pathologie se montre aussi féconde que celle de la chronaxie normale. Cette étude est en cours; mais de ce que j'ai étudié actuellement, je puis tirer quelques lois générales, précieuses pour nous guider au milieu de l'infinie variété des processus pathologiques.
Avant tout, l'étude de la chronaxie doit nous faire rectifier la manière déconsidérer les résultats fournis par l'électrodiagnostic. Les auteurs classiques, depuis Erb, ont cherché à établir un rapport entre 1 état anatomique des nerfs et des muscles et les réactions électriques. Ce point de vue doit être radicalement abandonné. L'excitabilité, aussi bien que la forme de la contraction, sont des propriétés exclusivement physiologiques. Une faut donc tirer des réactions électriques cpie des conclusions physiologiques. Ce n'est que secondairement, en faisant entrer en ligne décompte les circonstances dans lesquelles on a observé les modifications des réactions électriques, l'étiologie, l'évolution, en un mot toutes les données fournies par la clinique, que l'on pourra remonter delà physiologie pathologique à l'anatomie pathologique.
En électro-neurologie, comme dans toutes les branches de la médecine d'ailleurs, mais à un plus haut degré peut-être, il devient nécessaire de substituer à la pensée anatomique la pensée physiologique.
Comment et sous quelles influences se modifie donc la chronaxie en pathologie nerveuse ?
Vous savez, que tous les troubles de la motilité se divisent eu deux grands groupes, suivant que la lésion causale siège sur le neurone moteur périphérique, y compris le muscle, ou en dehors de- ce neurone moteur périphérique, dans les voies motrices centrales, cérébrales, cérébelleuses ou extrapyramidales (corps opto-striés)
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En règle générale, mais ce n'estpas absolu, les écarts entre la chronaxie pathologique et la chronaxie normale sont beaucoup plus grands dans les lésions du neurone moteur périphériqne que dans les lésions centrales.
1° Lésions du neurone moteur périphérique et des muscles.
Au point de vue anatomo-pathologique, on distingue la dégénérescence wallérienne, dans laquelle les lésions musculaires sont secondaires à une lésion du neurone moteur périphérique (cellule motrice de la corne antérieure de la moelle, racine antérieure, plexus, trajet des nerfs périphériques) et les lésions musculaires primitives, sans lésion du système nerveux qu'on rencontre dans les myopathies et la maladie de Thomsen.
Déjà, en découvrant que les myopathies présentent toujours soit la réaction myotonique, comme les thomséniens, soit la contraction galvanotonique, comme la dégénérescence .wallérienne, j'avais montré que les modifications de la forme de la contraction sont les mêmes dans toutes ces affections et qu'elles traduisent un même complexus anatomo-physiologique '.
La chronaxie confirme d'une manière tellement éclatante cette synthèse de la pathologie musculaire, qu'il est impossible d'étudier les modifications de la chronaxie .dans l'une de ces affections sans le faire en même temps dans les autres.
En même temps, la pathologie nous apporte, comme l'étude de la chronaxie normale de l'adulte, comme celle de la chronaxie des nouveau-nés, une confirmation de la loi du rapport de la chronaxie avec la durée de la contraction d'une part, avec la fonction d'autre part.
Lorsque la fibre musculaire s'altère, elle s'altère toujours d'une manière très uniforme. La striation transversale s'atténue, puis disparaît ; les noyaux et le sarcoplasma se multiplient.
Parallè lement, la forme et la durée de la contraction se modifient. (Voir fig. 13.) Au degré le plus léger, on constate simplement un léger ralentissement de la décontraction (fig. 13, IIJ. A un degré plus accentué, on voit apparaître une contraction tonique du muscle pendant le passage du courant, mais la mise en contraction reste rapide ; c'est à cette contraction tonique que j'ai proposé de donner le nom de contraction galvanotonique ou de galvanotonus 2 (fig. 13, III), en reprenant
1. G. Bourguignon. Archives d'électricité médicale et de physiothérapie, 10 juillet 1910.
2. Id. La contraction galvanotonique dans la réaction de dégénérescence. Soc. d'Electrothérapie, juin 1913.
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G. Uni BGl IG VO S
uni' vieille expression de Remak, à la place du terme extrêmement mauvais de « tétanos galvanique » sous lequel on désignait ce phénomène, Il ne peut être en effet question de tétanos, puisque le tétanos est produit par une série d'excitations fusionnées, et quici il s agit dune excitation unique prolongée.
Ce degré, le galvanotonus, se trouve à la fois dans la dégénérescence, la myopathie et le Thomsen ', ainsi que je l'ai démontré en collaboration avec E. Huet.
Ensuite, on voit se ralentir la mise en contraction : c'est alors la contraction lente, accompagnée ou non de galvanotonus (fig. 13, IV et V). Quand la contraction lente se prolonge longtemps après le passage du courant, elle prend le nom de contraction myotonique (fig. 13, VI) : on la rencontre avec son maximum de développement dans la maladie de Thomsen ; maison la trouve aussi, d'une manière à peu prèseonstante, dans la myopathie, et même dans la dégénérescence.
Ces altérations des fibres musculaires peuvent être étendues à toutes lesfihres composant un muscle, ou à une partie seulement de ses fibres. Le premier cas ne se réalise que dans une seule condition '■ la
1. E. Huet et G. Bourguignon, Congrèt international de médecine de Londres, S) août 1913, et (i- Bourguignon, Archives à" Electricité médicale, 25 septembre 1916.