VIII. Signes pigmentaires palpébratjx
Signe de Jellineck-Teillais. . . . Pigmentation palpébrale et périorbitaire.
En regardant ce tableau, on est frappé de l'importance des symptômes de dyssynergie : le signe du frontal, le signe de de Graefe, le signe de Mœbius, les secousses nystagmiques, le signe de Rosenbach, comme
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d'ailleurs le tremblement, ne sont que des troubles syncinétiques. En les groupant comme nous l'avons fait, il est une réflexion qui s'impose : c'esl leur similitude avec ceux de l'encéphalite léthargique ; ils sont parcellaires, ils sont variables, et lorsqu'on veut mettre en cause tel ou tel groupe musculaire on est embarrassé. Ce rapprochement veut dire simplement (pie le poison basedowien a une action élective sur le mésocéphale, qu'il a, comme le virus de l'encéphalite léthargique, tendance à s'y fixer. L'amblyopie et la névrite optique ont été réalisées expérimentalement. Quant aux paralysies localisées, qui sont d'ailleurs très rares, elles doivent être rattachées à une syphilis nerveuse concomitante d'un syndrome basedowien syphilitique.
Le troisième symptôme, le goitre, sera étudié au point de vue du diagnostic thérapeutique et je n'insiste point, sur lui non plus que sur le trem blement à rythme moyen étudié dans la thèse de Pierre Marie et sur lequel aucune notion nouvelle n'a été apportée.
Après la tachycardie, après l'exophtalmie, après le tremblement, après le goitre, le cinquième symptôme, le plus important, est le trouble profond du métabolisme qui existe chez les basedowiens.
Le métabolisme . — Un des sj'mptômes qui fait partie du signalement des basedowiens est leur maigreur C'est qu'en effet l'amaigrissement est un des signes initiaux de la maladie ; il en précède souvent de longtemps les manifestations évidentes. 11 fait considérer les basedowiens comme des tuberculeux, des dyspeptiques, des entéritiques, des neurasthéniques, jusqu'au moment où l'augmentation de volume du cou ou la prorusion du globe oculaire fixent l'attention.
Parfois l'amaigrissement survient par crises ; en quelques semaines les malades perdent 5 à 6 kilos, puis la crise cesse, l'état général s'améliore jusqu'à ce (pie survienne un nouvel accident. Le plus souvent, l'amaigrissement est progressif, il évolue parallèlement avec les autres symptômes de la maladie et s accompagne de troubles digestifs et de diarrhée profuse considérée autrefois comme d origine nerveuse. Toutes les recherches modernes concordent à démontrer que ces troubles nutritifs sont la conséquence d'une intensité anormale des processus oxydatifs. Les premières recherches faites en Allemagne à l'aide de l'appareil de N'oit Pettenkœffer ont montré que le processus basedowien, aussi bien d'ailleurs que le thvroïdisme alimentaire, accélère les échanges nutritifs dans une proportion qui peut atteindre jusqu'à 80/100.
Aux Etats-Unis, où le goitre exophtalmique est plus grave et plus
LE GOITRE EXOPHTALMIQUE
fréquent qu'en France, l'étude du métabolisme basai à l'aide de l'appareil de Benedickt suivant la méthode de Dubois est employée comme moyen d'investigation du degré de l'intoxication basedowienne. Qu'il me soit permis de rappeler, avant d'aller plus loin, la définition du métabolisme basai, mesuré par la méthode calorimétique indirecte.