PRINCIPE
S'il est faux, qu'on le démontre !
S'il est vrai, qu'on le reconnaisse !
Mais, s'il est vrai, de quel droit Tempêcherait-on de porter toutes ses justes conséquences, quelles qu'elles puissent être?
L'hypothèse est une manière idéale de se transporter dans la réalité et de suppléer l'expérience. Par l'hypothèse, je vais donc passer successivement en revue les coniséquences sociales qu'entraînerait l'adoption du principe que je déclare souverainement vrai, souverainement juste, souverainement bon, souverainement moral, souverainement pacifique, souverainement civilisateur.
La première de ces conséquences, j'ai hAte d'en convenir, est de rayer la célébration du mariage du nombre des actes dans lesquels l'État s'est arrogé le droit d'intervenir^ contrairement à cette opinion de Montesquieu :
« C'est à la loi de la religion de décider si le lien sera indissoluble ou non ; car, si les lois de la religion avaient établi le lien indissoluble et que les lois civiles eussent réglé qu'il peut se rompre, ce serait deux cbi^H contradictoires. »
La célébration du mariage n'aurait jamais dû cesser d'être un acte purement et exclusivement religieux.
Le mariage est un acte de la foi, non de la loi. C'est à la foi qu'il appartient de le régir ; ce n'est pas à la loi de le régler.
Dès que la loi intervient, elle intervient sans droit, sans nécessité, sans utilité.
Pour un abus qu'elle a la prétention d'écarter, elle en fait naître d'innombrables qui sont pires, et dont, ensuite, la société souffre gravement sans se rendre compte de la cause qui les a produits.
C'est ce qu'il me sera facile de démontrer lorsque je répondrai aux objections que je pressens et à celles que je provoque.
Mais, avant de herser le champ des objections, il convient de défricher le champ des hypothèses.
(1) Erpnt des lois, liv. xxvi, ch. xni.