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Questions politiques et sociales

Permettez-moi de présenter à votre adhésion le projet de fondation d'un journal pour le centre de la France. Les personnes les plus généreuses et les plus recommandables du Berry ayant formé ce projet, et l'ayant presque réalisé déjà, j'ai regardé comme un devoir de me joindre à leurs efforts pour fonder VÉclaireur de V Indre et du Cher, En conséquence, j'ai mis ma rédaction assidue au service de cette utile entreprise. Z'iîc/aim^r paraîtra prochainement, si, aux nombreuses sympathies que nous avons rencontrées dans

notre province, viennent se joindre quelques-unes de celles que j'ose croire acquises, autour de moi, à mes convictions. J'aime à penser que quelques personnes pour lesquelles je professe la plus haute estime accorderont leur confiance à mes bonnes intentions. Elles savent que, pas plus qu'elles, je ne voudrais in'associer à une coterie politique, et me faire Tinstrument de quelques ambitions de parti. Elles savent, enfin, qu'il existe encore, surtout dans les provinces, d'autres éléments d'opposition : l'amour de la justice et de la droiture, le sentiment de la charité étendu à toutes les classes, le désir ardent et sincère de moraliser, par une prédication sans morgue et sans rancune, le peuple, l'autorité, et peut-être soi-même aussi, car on ne peut que s'améliorer en se vouant à la recherche du bien et à la démonstration du vrai.

L'approbation et le concours de M. de Lamartine, de M. Louis Blanc^ de M. de Latouche et de plusieurs autres grands et nobles écrivains, viendra donner, j'espère, à notre petite feuille, un éclat que n'ont pas encore eu les journaux de localité, mais qu'ils sont tous destinés à acquérir ; car le besoin de relever l'esprit public en province, et de le mettre sur un pied, non de rivalité, mais d'égalité avec celui de la métropole, est vivement senti par tous les véritables amis de la France.

J'ai obtenu, même à Paris, quelques adhésions qui me sont bien précieuses : oserai-je, monsieur, vous demander la vôtre ? Agissant ici en particulier, je ne

l'églaireur de l'indre

m'adresse qu'aux personnes dont j^ambitionne d'obtenir ou de conserver l'estime et la sympathie. J'ai donc espéré que vous me permettriez de porter votre nom sur la liste de nos souscripteurs et de nos abonnés. Je viens de vous demander de m'y autoriser.

L'Èclaireur de l'Indre et du Citer paraîtra une fois par semaine. Le prix de l'abonnement est de quinze francs par an. Je n'ai pas besoin d'ajouter que, loin d'être un objet de spéculation, cette publication ne vivra que de notre dévouement et de nos sacrifices.

Paris, déceuibre 1843.

A M. DE LAMARTINE

Monsieur,

C'est au nom de tout ce que ma province compte d'hommes généreux et intelligents que je viens vous remercier de votre précieuse promesse d'adhésion au journal dont ils sont les fondateurs. En vous offrant * humblement le faible concours de ma plume pour le Bien publie de Mâcon, j'avais le dessein intéressé de vous demander celui de votre main puissante pour VÉclaireurde VIndre. Je n'aurais pas osé vous le proposer à titre d'échange ; la partie eût été fort inégale entre nous. Votre modestie veut la faire trop belle pour mon amour-propre, en me promettant ce con- cours à des titres plus flatteurs encore. Je ne l'accepte pas ainsi. Je reste votre obligé, et les abonnés de la feuille indépendante du Berry ne me démentiront pas.

Ils comprendront comme moi que c'est au moins autant à votre sympathie pour Fœuvre de leur journal qu'à votre bienveillance pour moi qu'ils doivent votre éclatante et généreuse assistance. Laissez-moi leur dire qu'elle leur est acquise au nom de l'idée qui les anime, et que je suis seulement ici Tintermédiaire honoré de vos mutuelles relations.

En m'efforçant d'aider mes compatriotes dans la créaction d'un journal indépendant, j'ai cru devoir suivre, à la distance qui me convient, le noble exemple que vous avez donné. C'est une pensée grande et bonne que celle de rendre à la presse des départements sa vigueur et sa liberté ; c'est, de plus, une idée juste, une vue saine que de croire sa résurrection possible et certaine, (( en dépit de la triste situation qu'ont faite aux journaux de province l'abus de la centralisation, la loi sur les annonces judiciaires, et l'incroyable jurisprudence adoptée contre les imprimeurs 1 ». Cette question de vie ou de mort pour la presse des départements vient d'être soulevée par la presse parisienne. Une remarquable réponse de M. Morel, rédacteur en chef du Courrier de la Côted'or, est venue défendre vaillamment le rôle des j ournaux de province contre les reproches bienveillants et profitables du journal la Presse. Mais la meilleure de toutes les réponses, c'est l'existence même AwBien public^ ce journal de localité, auquel une des plus nobles et des plus vastes intelligences de notre temps

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