‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 63 sur 214 · È0 GUILLAUME V, COMTE DE POITIERS · texte numérisé non relu

È0 GUILLAUME V, COMTE DE POITIERS

ajuu. ib. p m. Tanl de dépenses n'empêchoient pas ' qu'il ne soutînt sa dignité avec une pompe et une magnificence roïales. Soit qu'il voiageâl ou qu'il tint sa Cour , il paroissoit un Roi , plutôt qu'un Duc. Mais tout cet éclat de grandeur étoit exemt de faste et d'orgueil. Quelque élevé en gloire que parût notre Comte, il n'en étoit ni moins affable, ni moins officieux envers tout le monde. Un Prince est toûjours puissant, lorsqu'il possède le cœur de ses sujets. Ce fut peut-être encore plus par celte voie que par tout autre, que Guillaume devint absolu dans toute l'Aquitaine. L'Empereur S. Henri, Robert Roi de France, Alphonse de Caslille, Sanche de Navarre, Canut de Danemarck et d'Angleterre, tous se faisoient un mérite d'être p "3- liés d'amitié avec un Prince aussi accompli. ' Les Papes et tout le peuple romain n'en faisoient pas moins de cas; et lorsqu'il alloil à Rome, ils l'y reccvoient avec les mêmes honeurs que s'il avoit été leur Souverain.

^i^i/m' ep* ' ^ ne Pas aux Seigneurs de Lombardie , qu'il ne le devînt effectivement. A la mort de l'Empereur S. Henri, ils jetterent les yeux sur notre Comte pour le remplacer. Après en avoir délibéré entre eux, ils envoïerent des Députés à Poitiers lui oiîrir la Courone d'Italie, qui auroit été suivie du sceptre de l'Empire. Un Prince plus ambitieux et moins prudent auroit accepté avec une sorte d'avidité des offres aussi flateuses. Mais Guillaume, oui ne faisoit rien qu'avec poids et mesure, voulut au préalable connoîlre par lui-même, si un projet de celte nature avoit autant de solidité et d'avantages, qu'il avoit de brillant. Il fit un voïage en Italie ; et après avoir eu plusieurs conférences avec les Seigneurs du pais, il comprit qu'il n'y avoit aucune sûreté à se fier à des gents de ce caractère. Il

Fuib. ep. i«6. méprisa donc leurs offres, et fit avorter leur dessein. ' Il le condamna même avec exécration, lorsqu'il seul qu'on exigeoit entre autres conditions, qu'il déposeroit les Evêques, e\ leur en substitucroil d'autres. De sorte que cette occasion ne servit qu'à faire éclater davantage la religion et la sage politique de notre pieux et prudent Comte. Les Italiens n'aïant pû obte- •p. i5. us. nir le pere pour leur Roi, ' lui demandèrent son fils. Guillaume n'en parut pas éloigné, et fit même quelques démarches à cet effet. La chose ne réussit pas néanmoins, apparemment pour les mêmes raisons qui en avoient empêché le succès à l'égard du pere.

La pieté qui animoit toutes les autres actions de notre Prin-

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