SCÈNE II
CHAMPIGNEUL, seul.
Me voici donc maître de la place. Je crois que ce jour sera important parmi mes jours. Oui, je l’ai décidé, c’est aujourd'hui que je pousse la belle Flora dans ses derniers retranchements... Parbleu! voilà assez longtemps que je lui fais la cour, je voudrais qu’elle se permît de résister encore à un homme fait de ma sorte. Je suis sûr de remporter aujourd’hui la victoire; c’est un point résolu, tellement résolu qu’un de mes amis m’ayant demandé, ce matin, où en étaient mes amours avec Flora, je lui ai avoué
en confidence que la pauvre enfant n'avait plus rien à me refuser. En ce moment, la ville et la cour doivent en être informées. (Se regardant dans in giacc.) Je dois lui plaire ce soir, car je me plais beaucoup. Ah! ma coupe, mon dernier cadeau ; voici une galanterie qui ne sera pas perdue, (il s’asseoit et bAille. Regardant la pendille, puis sa montre.) Mais cette pendule retarde de dix minutes... Flora aussi retarde... Elle devrait être ici, il est vrai qu'elle ne sait pas que je l’attends. Je m'ennuie... (il ouvre un tiroir.) Des lettres, les miennes sans doute, qu’elle aura précieusement conservées. (Usant ) Doit M lle Flora six livres douze sous pour le blanchissage de... Fou que j’étais, mes billets doux, à moi, sont sous clef,
« Soigneusement liés d’un joli ruban rose,
« Us gardent leur parfum dans quelque boite close... »
Où donc ai-je vu cela? Est-ce que ce serait de moi? io n sonne.) C’est-cllc, c’est elle. Mirette est avec son dragon. Volons ouvrir sur les ailes de l’amour, (il sort, on l’entend ouvrir une porte et répondre A nne question.) Elle n’y CSt pas: je ne
sais si elle tardera.