‹ Qui perd gagne comedie en un acte en proseChapitre 7 sur 21 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

CHAMPIGNEÜL.

Sans rancune, n’est-ce pas? Oh! mon Dieu ! ces femmes de théâtre, c’est sans conséquence ; revenez seulement dans huit jours, et je vous promets de m’employer pour vous auprès de la petite.

HENRY, s'arrêtant.

La petite ! qui appelez-vous la petite ?

CHAMPIGNEÜL.

Je parle de Flora. Vous comprenez que de l’air dont vous me voyez, et posé dans le monde comme je le suis, elle a été trop heureuse de... Mais, parbleu! vous me plaisez, et je veux que vous aussi

HENRY, redescendant vivement.

Sur mon âme ! Monsieur, vous avez une manière de parler de M Ue Flora qui ne me convient pas du tout. Or , si vous l’outragez, vous qui vous vantez d’être de ses amis , vous voudrez bien permettre à un homme absolument inconnu d'elle, de prendre contre vous sa défense.

CHAMPIGNEÜL.

Qu’est-ce à dire ?

HENRY

Que votre insolence me fait douter de la vérité de vos paroles.

CHAMPIGNEÜL.

Un démenti !

HENRY

Oui, je répugne à croire que si M n ° Flora avait daigné choisir un gentilhomme dans la foule qui est à ses pieds, ce fût à vous que

CHAMPIGNEÜL.

Monsieur !

HENRY

D’ailleurs que m’importe ! je l’aime ! sortez , sortez à l’instant même.

CHAMPIGNEUL

Hein? mais il est fou !

HENRY

Sortez, vous dis-je, à moins qu'il ne vous plaise nous couper la gorge immédiatement.

CHAMPIGNEUL, à part.

Diable ! cette querelle est assez désagréable. Cet inconnu, bien pris dans sa petite taille et qui, d’ailleurs, entre aux mousquetaires, doit avoir un poignet d’acier.

HENRY

Allons, sortons, Monsieur,... j’ai six pouces de fer à votre service.

Je vous suis infiniment reconnaissant de cette offre de service, permettez-moi cependant de ne pas en user. — En vérité, Monsieur, je ne saurais considérer ce duel que comme une plaisanterie.

HENRY

Je ne plaisante jamais, Monsieur.

CHAMPIGNEUL

A votre âge !... Vous ne trouverez pas de témoins pour une affaire pareille.

HENRY

Nous nous en passerons : avant de nous battre, nous signerons chacun un papier qui constatera un duel loyal. Quand vous serez mort, je porterai

CHAMPIGNEUL , riant h moitié.

Quand je serai mort, comme vous y allez.

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